Lyon, 1944

JournalL'Express publié le 24/01/2011 à 08:00 par Marianne Payot

Un fils enquête sur le passé de son père, défunt. Un jeu de pistes captivant, qui le mène dans les dédales de l'Occupation.

L-homme-de-Lyon.jpgQuel étrange héritage ! Huit ans après la mort de son père, le narrateur reçoit de la part du défunt une liasse de photos et de lettres. Six clichés en tout, quelques notes manuscrites, que le Dr Guy Rolin a donc tenu à livrer à son fils, tardivement, avec cette simple remarque : "Regarde-les, lis-les, leur ordre n'a rien d'anodin."

Guy, 13 ans, auprès d'un monsieur aux cheveux blancs, en 1944 ; Jean Moulin en présence d'un Allemand ; Guy en premier communiant tenant une petite fille par la main ; des Juifs fusillés près de Lyon ; une cour d'école vide, accompagnée d'une drôle de légende : "C'est là que tout a commencé et que tout a fini"... Le puzzle est on ne peut plus complexe. Qu'a voulu signifier l'honnête Dr Rolin ? Quelle est la part d'ombre de ce stomato lyonnais monté à Paris en novembre 1959 ? Perplexe, le fils, journaliste de 38 ans, entame un véritable jeu de piste.

Photo après photo, les souvenirs affluent - la visite de la Croix-Rousse et des traboules (passages couverts) avec le père, les curieuses vacances familiales dans les pays de l'Est, les démêlés avec sa soeur, Estelle - tandis que le narrateur enquête, de Lyon à Berlin. Le coeur de l'énigme ? La capitale des Gaules, durant l'Occupation.

Et si l'auteur se cachait derrière son héros ?

Grâce à un voisin de l'époque, mais surtout à un Berlinois, ancien de la Wehrmacht passé par la Stasi, le narrateur commence à entrevoir l'étonnante vérité. Qu'on ne dévoilera pas ici pour ne rien entamer du charme de ce roman superbement orchestré, fascinante plongée dans le passé d'un homme en prise avec l'Histoire.

François-Guillaume Lorrain, son auteur, journaliste au Point, 40 ans, a longtemps séjourné en Allemagne. L'homme de plume se cacherait-il derrière son héros ? Une hypothèse renforcée par le ton chaleureux de cette vibrante investigation.