Le chef d'Al-Qaida au Pakistan tué par un drone

JournalLe Monde publié le 09/02/2012 à 08h41Drone

Le chef opérationnel d'Al-Qaida au Pakistan, le Pakistanais Badar Mansoor, a été tué, jeudi, par le missile d'un drone américain à Miranshah, la principale ville du district tribal du Waziristan du Nord, bastion des talibans pakistanais alliés à Al-Qaida, selon le renseignement pakistanais et un responsable du groupe d'insurgés de Mansoor.

Dans la nuit, au moins un drone américain a tué "quatre insurgés islamistes" avaient auparavant indiqué des responsables militaires. "Badar Mansoor est mort dans l'attaque aux missiles cette nuit à Miranshah", a assuré un officier du renseignement pakistanais. Son épouse aurait aussi péri avec lui. "Sa mort est un revers majeur pour les capacités d'Al-Qaida à frapper au Pakistan", a commenté l'un de ces responsables, ajoutant : "Après qu'Ilyas Kashmiri eut été tué ou devenu inactif, Badar Mansoor est devenu de facto le chef d'Al-Qaida au Pakistan". "Si sa mort est confirmée, c'est une excellente nouvelle pour la lutte antiterroriste dans la région car c'était une des principales cibles à la fois des Etats-Unis et du Pakistan", a renchéri un expert occidental du contre-terrorisme dans la région, sous couvert de l'anonymat. "Il était le chef des réseaux d'Al-Qaida au Pakistan et de nombreux services de renseignements occidentaux travaillaient sur lui", a affirmé cette source.

Selon les responsables du renseignement pakistanais, Badar Mansoor, âgé d'environ 40 ans et originaire de Dera Ghazi Khan, dans le centre du Pakistan, et était le principal responsable de plusieurs des attentats-suicides qui ensanglantent le pays depuis plus de quatre ans, perpétrés principalement par les talibans pakistanais alliés à Al-Qaida, et qui ont fait près de 5 000 morts depuis l'été 2007.

Les électeurs américains soutiennent à une écrasante majorité la politique étrangère et de sécurité nationale du président Barack Obama, en particulier son recours aux drones et sa stratégie en Afghanistan, selon un sondage publié mercredi. M. Obama, qui a donné son feu vert au raid de commandos ayant abouti à la mort d'Oussama Ben Laden le 1er mai 2011 au Pakistan, inspire bien plus de confiance aux électeurs sur ces sujets que le républicain a priori le mieux placé pour lui disputer la Maison Blanche dans neuf mois, Mitt Romney, précise cette enquête du Washington Post et d'ABC.

Pas moins de 83 % des personnes interrogées affirment soutenir l'usage par M. Obama d'avions sans pilote contre des suspects de terrorisme, méthode illégale aux yeux de certains groupes de défenseurs des droits de l'homme. M. Obama a reconnu pour la première fois le 30 janvier l'existence d'un tel programme contre Al-Qaida au Pakistan, qui a fait selon la New America Foundation, un groupe de réflexion de Washington, entre 1 717 et 2 680 morts ces huit dernières années.

De même, 78 % des Américains sollicités affirment approuver la stratégie de retrait militaire d'Afghanistan adoptée par M. Obama et critiquée par les républicains, en particulier M. Romney. Inquiétant pour ce dernier, alors que les républicains ont cherché lors de précédentes présidentielles à prendre l'ascendant sur les démocrates en les accusant de mollesse en matière sécuritaire, 56 % des personnes interrogées disent faire confiance à M. Obama pour lutter contre le terrorisme, et seulement 36 % lui préfèrent M. Romney. De même, 56 % des répondants soutiennent la politique étrangère de M. Obama, tandis que 37 % font davantage confiance à l'ancien gouverneur du Massachusetts.

La cote de confiance générale de M. Obama, selon ce sondage, a grimpé à 50 %, un niveau plus vu depuis un an et qui a sans doute bénéficié de la baisse récente du chômage. Si la présidentielle avait lieu aujourd'hui, le président sortant recueillerait 51 % des voix contre 45 % à M. Romney.