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JournalLe Nouvel Observateur publié le 05-06-2009 à 17h29

Le président américain et la chancelière allemande se sont rendus ensemble dans le camp de concentration. Barack Obama a condamné le discours "ignorant et odieux" des négationnistes, tandis qu'Angela Merkel s'est "inclinée devant toutes les victimes du nazisme".

Obama et Merkel

Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel se sont rendus, vendredi 5 juin, dans le camp de concentration de Buchenwald, dans l'est de l'Allemagne, pour rendre hommage aux victimes de l'Holocauste. Barack Obama, premier président américain à visiter le camp, a condamné le discours "ignorant et odieux" des négationnistes, tandis qu'Angela Merkel a déclaré "s'incliner devant toutes les victimes" du nazisme.

 

Le président américain était arrivé en hélicoptère de Dresde, à environ 200 km plus à l'est, ville rasée par l'aviation anglo-américaine à la fin de la guerre, où il avait eu dans la matinée des entretiens avec la chancelière allemande. "Nous avons pensé qu'il était important que je visite Buchenwald dans le cadre de ce voyage", qui doit le conduire samedi sur les plages de Normandie (France) pour le 65e anniversaire du débarquement allié, a expliqué Barack Obama, à la presse.

Obama : "Des liens étroits et durables" avec Israël

Dans son discours prononcé à Buchenwald, le président américain a rappelé que son pays entretenait "des liens étroits et durables" avec Israël en évoquant la mémoire des 56.000 personnes, dont de nombreux Juifs, morts à Buchenwald. "Même de nos jours, il y a ceux qui affirment que l'Holocauste n'a jamais eu lieu, un rejet des faits et de la vérité qui est sans fondement, ignorant et odieux", a-t-il déclaré.

"Ce lieu est le démenti sans appel de ces idées, et nous rappelle que nous devons affronter ceux qui falsifient notre histoire", a-t-il dit, dans une allusion claire au président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui nie l'Holocauste. Les prisonniers de ce camp, où sont morts quelque 56.000 personnes, "ne pouvaient pas deviner comment la nation d'Israël émergerait de la Shoah ni les liens étroits et durables entre cette nation et la mienne", a déclaré le président américain après s'être recueilli devant le memorial aux victimes.

Il a également souligné qu'il faut être "pour toujours vigilant face à l'avancée du Mal à notre propre époque". Barack Obama a également rendu hommage à l'Allemagne, "une vibrante démocratie et un allié important de l'Amérique", pour sa volonté de confronter ouvertement son passé. Les propos du président interviennent après sa visite en Arabie Saoudite et en Egypte où il a souligné la nécessité pour Israël de reconnaître un Etat palestinien malgré l'opposition du gouvernement hébreu à cette idée.

Il a rappelé que son grand-oncle, Charlie Payne, avait participé, en tant que soldat, à la libération d'un des camps satellites de Buchenwald en avril 1945.

Merkel :  "Notre raison d'Etat"

Très émue, Angela Merkel a elle aussi prononcé un bref discours. "Je m'incline devant toutes les victimes" du régime nazi, a dit la chancelière. "Incompréhension, effroi : il n'y a pas de mots pour décrire ce qui est arrivé de terrible à tant de gens dans ce camp et dans les autres camps de concentration et d'extermination", a-t-elle ajouté. "Pourquoi une telle chose a-t-elle pu arriver ?", s'est-elle interrogé. "Nous, les Allemands, avons la volonté absolue de tout faire pour qu'une telle chose ne se reproduise plus jamais", a-t-elle poursuivi.

Evoquant "la responsabilité particulière" de l'Allemagne, Angela Merkel, qui est née après la Seconde guerre mondiale, a souligné : "Nous, les Allemands, considérons que maintenir vivace le souvenir de la Shoah en tant que rupture de civilisation fait partie de notre raison d'Etat".

"Il n'y a qu'ainsi que nous puissions façonner notre avenir", selon elle.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel a multiplié les discours sur la responsabilité historique particulière qui incombe à l'Allemagne en raison de son passé nazi. En mars 2008, lors d'une visite en Israël, elle avait entamé un discours en hébreu devant le parlement israélien, une intervention sans précédent pour un chef de gouvernement allemand et un geste hautement symbolique plus de 60 ans après le génocide nazi. Angela Merkel, fille de pasteur qui a grandi en ex-Allemagne de l'est, s'était également rendue en Israël deux mois seulement après son arrivée à la chancellerie.

Rose blanche sur la stèle

Outre Barack Obama et Angela Merkel, deux anciens détenus du camp, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel et le président du Comité international des prisonniers de Buchenwald-Dora, le Français Bertrand Herz, étaient de la visite. Chacun d'entre eux a déposé une rose blanche sur une stèle "à la mémoire de toutes les victimes" du camp. Cette tablette de métal grise, conservée à 37°, soit la température du corps humain, énumère les nationalités de victimes mortes dans le camp.


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