Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

JournalL'Express publié le 08/11/2009 à 10:20 par Blandine Milcent

Hand Dieter Behrendt, responsable des postes frontières de Potsdam.

Hans Dieter Behrendt au centreLe lieutenant colonel Hans Dieter Behrendt, membre du parti communiste est-allemand ne s'est "pas spécialement réjoui" de la chute du Mur de Berlin. Il raconte pourquoi à LEXPRESS.fr.

Membre du SED (parti communiste est-allemand) dès 1952, Hans Dieter Behrendt suit une formation de policier avant de devenir agent de liaison entre la police et la Stasi. On le trouve en 1989 au sommet de sa carrière: il est responsable du contrôle des passeports de tous les postes frontières de Potsdam ? il y en a 13, dont le fameux "pont aux espions", le pont Glienicke. 

Le 10 novembre, le lieutenant colonel Hans Dieter Behrendt rentre en avion de quelques jours de vacances à Leningrad. De son hublot, à l'atterrissage à Berlin, il voit les files de lumières constitués par les phares des voitures est-allemandes massées aux points de passage, et comprend qu'il s'est passé quelque chose ? personne ne l'avait averti de la chute du Mur.

"Je n'étais pas étonné car le Politburo cherchait depuis longtemps une solution pour ouvrir les frontières. Avec mon équipe, nous réfléchissions déjà aux mesures concrètes à prendre afin d'éviter les débordements, comme d'élargir les voies aux postes frontières par exemple. 

"Je ne me suis pas spécialement réjoui de ces nouveaux événements: depuis des mois, voire des années, nous nous sentions livrés à nous-mêmes, nous vivions une grave crise confiance à l'égard des institutions de l'état - armée, police, douane, Stasi - car personne n'était capable de prendre la moindre décision pour réagir concrètement à la fuite des citoyens de la RDA. 

"Les privilégiés du régime ne pensaient qu'à une chose: poursuivre leurs parties de chasse et conserver leurs privilèges. De Honnecker à Schabovski, je ne les portais donc pas dans mon coeur, quant à Gorbatchev, je considère qu'il a trahi la RDA! Douter? Non, je n'ai jamais douté mais j'étais dérangé par ce vide au sommet du régime. Un putsch militaire aurait pu se produire ? dans ce cas, je n'y aurais pas contribué. 

"Je n'ai pas connu d'histoires dramatiques dans mon entourage et je vais peut-être vous choquer mais je pense que notre pays avait le droit de défendre ses frontières. Celui qui cherchait à fuir savait ce qui pouvait se passer. Je me suis engagé toute ma vie pour un idéal auquel je crois encore aujourd'hui. Le capitalisme dans lequel nous vivons désormais n'est certainement pas ce que les citoyens de la RDA recherchaient quand ils ont fait tomber le Mur de Berlin. 

"Il m'arrive parfois de participer à des colloques sur le passé pour tenter de défendre mon point de vue, et je le fais même volontiers s'il est possible de présenter les choses de façon objective. Mais trop souvent, je me sens livré à la haine des intervenants".  


Partager cette page

Repost 0