Berliner Handelsgesellschaft ou B.H.G.

Furstenberg CarlLa Berliner Handelsgesellschaft est une banque fondée en 1856 sous la forme d'une société en commandite par actions. Son siège est à Berlin, Behrenstrasse 32-33. Son capital initial de 45 millions de marks avait été porté par étapes à 110 millions.

Fixé, en 1924, après la débâcle du mark à 22 millions de marks-or, il fut augmenté en 1926, à 28 millions de Reichsmark. Créée initialement pour les besoins de l'économie de la ville de Berlin, elle ne tarda pas à voir ses affaires et son champ d'action s'étendre à l'Allemagne entière et à traiter sur toutes les places financières mondiales des opérations bancaires d'envergures.

Malgré l'extension de ses affaires, elle ne créa à aucun moment, ni en Allemagne, ni à l'étranger, de comptoirs ou de succursales. Elle sut monter, parmi les banques privées ou locales de son propre pays et parmi les grandes banques de l'étranger, un vaste réseau de correspondants qui, eux-mêmes, avaient recours à ses services sur la place de Berlin. Aussi le qualificatif de « Bank der Banken » - la banque des banques - qui lui avait été attribué en Allemagne, répondait-il parfaitement au rôle que la Berliner Handelsgesellschaft avait été appelée à jouer dans la capitale du Reich. Il est à noter que, seule parmi les grandes banques allemandes, la B.H.G. n'eut pas besoin de l'aide de l'Etat quant éclata, en 1930-31, la crise bancaire allemande.

Alors que tous les autres établissements de crédit importants furent forcés de recourir au Reich pour se mettre à flot et par voie de conséquence virent l'Etat allemand prendre des participations dans leur capital et partant dans leur gestion, la B.H.G. sut surmonter la crise par ses propres moyens, sans être obligée de procéder à une réduction de son capital. Ce résultat est à mettre à l'actif de la politique d'affaires prudents suivie par les dirigeants se trouvant à cette époque à la tête de l'entreprise. C'est en particulier à M. Carl Furstenberg, qui la dirigea de 1883 à 1933, que la B.H.G. était redevable de son standing, de son rang, de son classement parmi les « big five » germaniques.

L'activité normale de la B.H.G. pendant la guerre fut celle de toutes les banques allemandes. Elle contribua à financer la machine de guerre du Reich en plaçant en Bons du Trésors allemands ou en effets de financement semi-officiels la plus grande partie de ses disponibilités. Elle participa pour sa part (qui variait de 5 à 12%) aux crédits consortiaux imposés aux banques berlinoises par le Reich et garantis par lui, crédits ouverts à des organismes semi-officiels ou encore à des pays balkaniques comme la Roumanie et la Bulgarie.

Il est d'ailleurs intéressant de noter que si la B.H.G. participait officiellement à ces crédits consortiaux dont la plupart -si l'on considérait la garantie de bonne fin du Reich comme étant sans valeur- ne répondait à aucun principe de saine gestion bancaire, elle s'en débarrassait aussitôt en donnant des sous-participations allant souvent jusqu'à 100% à d'autres banques, de moindre importance ou encore à la Deutsche Giro-Zentrale-Deutsche Kommunalbank, organisme officiel centralisant la trésorerie des caisses d'épargne et des caisses corporatives du Reich. En dehors de son rôle joué à l'intérieur de l'Allemagne, le B.H.G. se livra à l'étranger à un certain nombre d'opérations dont celles traitées en France pour le compte du Reich constituaient des trafics qui ne font point honneur au prestige dont jouissait dans le monde financier ce grand établissement de crédit.