Tardieu André

Publié le par Mémoires de Guerre

André Tardieu, né le 22 septembre 1876 à Paris et mort le 15 septembre 1945 à Menton (Alpes-Maritimes), est un homme politique français. 

Tardieu André
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Tardieu André

Brillant élève au lycée Condorcet, il est reçu premier au concours d'entrée à l'École normale supérieure mais il décide de ne pas y entrer, puis il est reçu premier au concours du ministère des Affaires étrangères. Georges Clemenceau (président du conseil de 1917 à 1920) le prend comme collaborateur de paix. Il sera Commissaire général aux Affaires de guerre franco-américaines et participera au Traité de Saint-Germain-en-Laye avec l'Autriche en 1919. L'échec de Clemenceau, puis sa propre défaite aux élections de 1924, l'écartent momentanément de la vie politique. Il est ministre sous Poincaré (Président du conseil de 1926 à 1929). Il a ensuite exercé les fonctions de président du Conseil des ministres à trois reprises : du 3 novembre 1929 au 17 février 1930, du 2 mars 1930 au 4 décembre 1930, du 20 février 1932 au 10 mai 1932.

Avec son gouvernement il assura l'intérim du président Paul Doumer après son décès (du 7 au 10 mai 1932). Membre de l'Alliance démocratique, il est député de la Seine-et-Oise de 1914 à 1924 et du Territoire de Belfort de 1926 à 1936. Son fort caractère et son style trop « parisien » nuisent à sa carrière politique. En effet, le peuple n'a que peu de confiance en lui, son modernisme le dessert parfois (dès 1932, il utilise la radio avec ses « causeries » (peu de temps avant Roosevelt) et se fait suivre de radio-reporters qui enregistrent et diffusent ses discours) et les radicaux le combattent. C'est à propos de Tardieu, qui, par « vengeance politique » envers Georges Clemenceau — qui le taxait d'ingratitude et d'incohérence politique —, aurait fait refuser un emploi de garde-côtier à un Vendéen recommandé par lui, que le Tigre eut ce mot cruel et définitif : « Que voulez-vous, les gens petits sont toujours plus petits qu'on ne croit » (Lettres à une amie, 1923-1929, Gallimard, 1970).

Lors de sa première présidence du conseil, Tardieu, grand admirateur des États-Unis, tente d'enrayer la crise économique française ancienne mais qui commençait à devenir préoccupante. Il ne pensera cependant jamais, à l'instar de ses prédécesseurs, que la France et sa « Vertu budgétaire » seraient touchées par la crise mondiale. Pour mettre fin au « paradoxe français », il appliquera la volonté patronale développée lors des années 1920, années de croissance, qui était de bâtir une société de consommation en France. Avec Henry Chéron aux Finances, il met en place un « programme d'outillage industriel » basé sur la construction d'infrastructures (ports, chemins de fer, routes) et surtout d'électrification des campagnes. Pour vaincre l'endettement endémique des Français, il multiplie les dégrèvements budgétaires et indemnise très généreusement les victimes des calamités naturelles.

Toujours dans ce but, il améliore le traitement fait aux fonctionnaires et réévalue à la hausse les pensions. Dans la même optique, le parlement lui arrachera une loi, qu'il qualifia de démagogique, accordant une pension à tous les anciens combattants. Il ne faut cependant pas voir dans ces mesures une politique qu'on pourrait qualifier de keynésienne avant l'heure. Néanmoins, sa politique grèvera la budget français qui, à la fin de son mandat, sera négatif pour la première fois depuis des années. En 1934, il publie La réforme de l'État, dans laquelle il défend la réduction du nombre de partis politiques et un renforcement du pouvoir exécutif en rétablissant le référendum et en ravivant la pratique de la dissolution. Il crée son propre groupe parlementaire, le Centre républicain.

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