Sinatra Frank

Publié le par Mémoires de Guerre

Frank Sinatra né le 12 décembre 1915 et décédé le 18 mai 1998 (à l'âge de 82 ans). Hoboken - New Jersey 12 Décembre 1915.

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En cette froide journée de Décembre, une femme accouche dans des conditions difficiles au 415 de la Monroe Street. La tête et le coup déchirés par les forceps, le tympan perforé et l'oreille lacérée, l'enfant est laissé pour mort tandis que le médecin concentre ses soins sur la mère. Mais la grand-mère saisit le bébé par les pieds, court sur le palier et le place sous le jet glacé du robinet d'eau courante. Un cri immense s'élevé... l'enfant est sauf....Francis Albert Sinatra vient de pousser sa première note entre deux étages d'une maison lépreuse de la banlieue de New York. Telle est l'authentique histoire qui veut que par sa présence d'esprit la Signora Rose Garavente ait ce jour là donné au monde la possibilité de jouir du talent du plus grand « entertainer » que le siècle ait connu.

Quand il débute en amateur en 1935, le jeune fils d'immigrés italiens n'a qu'une ambition: égaler l'idole du moment, celui qui fait vibrer l'Amérique de sa voix d'or, le grand bing crosby lui-même. Mais il lui faudra encore attendre quatre longues années parsemées d'emplois précaires et de minables radio-crochets avant de tenter de rivaliser avec le célèbre crooner et pouvoir profiter de la chance que lui offre soudain Harry James, trompettiste virtuose. Celui-ci vient de quitter Benny Goodman - le Roi du Swing- pour fonder sa propre formation. Nous sommes alors au printemps 1939 et voici le jeune Frank - marié depuis quelques mois à peine - lancé sur les routes américaines, partageant la vie chaotique des musiciens de Big Band et apprenant les ficelles de son métier, soir après soir, pour un premier salaire de 75 dollars par semaine.

Six mois plus tard il franchissait une nouvelle étape et devenait le chanteur vedette de l'orchestre de Tommy Dorsey, l'une des meilleures formations blanches de l'époque. Peu à peu la légende se mettait en place ... un nouveau phénomène vocal était né, utilisant le microphone comme aucun de ses prédécesseurs n'avait su le faire auparavant, tirant les phrases musicales sur des longueurs inusitées, jouant de la sensibilité, de la sensualité et du phrasé. Un mois avant l'attaque japonaise contre Pearl Harbor, les magazines Downbeat et Metronome pouvaient enfin titrer: "Meilleur Chanteur de l'année 1954 : Frank Sinatra". Celui que la presse ne désignait plus alors que par « The Voice » ou « Frankie », avait désormais remplacé bing crosby dans le coeur de l'Amérique adolescente.

L'année suivante, tandis qu'il avait pris - non sans mal - la décision de voler de ses propres ailes, l'ampleur du phénomène Sinatra ne fit que s'accroître, se traduisant par des scènes d'hystérie collective sans précèdent. De cette époque datent les images de légende de « Bobby-Soxers » occupant sans désemparer les travées du Paramount Theatre de New York. En Octobre 1944, pour son troisième passage en ce lieu, plus d'un millier de personnes avaient envahi les guichets avant 6 heures du matin. A neuf heures, sur dix rangées de front, 10.000 adolescents faisaient la queue entre les 43éme et 44éme rues sur la 8éme Avenue tandis que près du double avait recouvert les alentours de Time Square paralysant la circulation. Entre temps, Hollywood avait ouvert ses portes à celui qui allait devenir le symbole de l'Amérique triomphante. Sponsorisées par les plus grandes marques de cigarettes, les émissions de radio se succédaient de semaines en semaines captivant des millions d'auditeurs autour du Hit Parade du moment; Woody Allen retracera plus tard cette époque dans son film « Radio Days ».

Mais bien des contes de fées ont parfois leurs revers et Frank Sinatra dût en subir plus d'un au cours de sa longue carrière. A la fin des années 1940, le public commença à se lasser de ces chansonnettes quelque peu sirupeuses alors que les premiers accents du Rock'n' Roll n'allaient pas tarder à déferler. Empêtré dans ses déboires sentimentaux avec Ava Gardner, en conflit permanent avec la presse et les ligues puritaines, « The Voice » était désormais une valeur en baisse au box office; son nom à lui seul ne suffisait plus à attirer assez de monde pour qu'on puisse l'afficher dans une salle aux dimensions de celles du Paramount. . .En 1949 il n'était plus pointé qu'avant dernier des 50 meilleurs artistes des USA.

Pour comble, le 26 Avril 1950, au Copacabana de New York, il dût de façon pitoyable quitter la scène, totalement aphone, les cordes vocales brisées par une hémorragie. Une à une, les chaînes de radio et de télévision résiliaient leurs contrats, la Metro Goldwyn Mayer mettait fin à son engagement, les studios de disques Columbia l'abandonnaient. Le calvaire allait ainsi durer quelques années encore. Devenu l'ombre de lui-même, laché par ses amis, l'ancien gamin bagarreur des rues d'Hoboken n'abandonnait pas pour autant le combat et luttait de toutes ses forces face au monde impitoyable du show-business... A la fin de 1952, Frank Sinatra se battit avec un acharnement incroyable afin d'obtenir un rôle de second plan - celui du soldat Maggio - dans le film « Tant qu'il y aura des hommes »que s'apprêtait à tourner Fred Zinneman avec Montgomery clift, Burt Lancaster et Deborah Kerr. Ce rôle, il en était persuadé, était pour lui. . . il le sentait . . inutile de composer, Maggio le raté, le gavroche italien, c'était lui !

Abandonnant en catastrophe Ava Gardner au Kenya sur le tournage de Mogambo, il parvint à convaincre les dirigeants de la Columbia de lui laisser tourner un test. Le résultat fût tel qu'il emporta la décision (au détriment d'Elie Wallach), acceptant de tourner pour une poignée de dollars. Un an plus tard, face au tout-Hollywood, Frank Sinatra remportait le deuxième Oscar de sa carrière après celui obtenu en 1948 pour un court métrage civique sur la tolérance et contre le racisme. Renouant dès lors avec le succès, il enregistra des albums prestigieux pour le jeune label Capitol (lequel comptait également dans son écurie quelques grands noms: Judy Garland, Peggy Lee, Nat King Cole, Dean Martin, Bobby Darin, Louis Prima/Keely Smith, Kay Starr. . . ) avant de créer sa propre maison de disques: Reprise. Il retrouva le chemin des studios pour les films devenus aujourd'hui de grands classiques: «L'Homme au bras d'or » d'Otto Preminger, « Comme un torrent » de Vincente Minnelli avec Shirley Mac Laine et son compère Dean Martin, « La Blonde ou la Rousse » aux côtés de Rita Hayworth et Kim Novak, « La Haute Societé » avec bing crosby, Louis Armstrong et Grace kelly....

Le reste appartient désormais à l'Histoire et Frank Sinatra continua de forger sa légende, chantant régulièrement sur les scènes du monde entier, remplissant le Maracana de Rio en 1984 ou multipliant ses prestations dans les casinos de Las Vegas, Atlantic City, Reno, jusqu'à ses deux derniers albums «Duets » enregistrés en 1993. Personnage contreversé, aimé ou haï, aussi fantasque et vindicatif qu'on le disait charitable et sensible aux détresses humaines, il n'a jamais voulu tricher ni décevoir son public. Ne retenons aujourd'hui que l'étendue et la pérennité de son oeuvre: 53 films, plus d'un millier d'enregistrements sonores, plusieurs centaines de millions de disques vendus.

Filmographie

  • 1941 : Las Vegas Nights de Ralph Murphy (en tant que chanteur de l'orchestre de Tommy Dorsey)
  • 1942 : Croisière mouvementée (Ship Ahoy) d'Edward Buzzell (en tant que chanteur de l'orchestre de Tommy Dorsey)
  • 1943 : Reveille with Beverly (en) de Charles Barton (dans son propre rôle)
  • 1943 : Amour et Swing (Higher and Higher) de Tim Whelan
  • 1944 : Step Lively de Tim Whelan
  • 1945 : Escale à Hollywood (Anchors Aweigh) de George Sidney
  • 1946 : La Pluie qui chante (Till The Clouds Roll By) de Richard Whorf
  • 1947 : Tout le monde chante (It Happened in Brooklyn) de Richard Whorf
  • 1948 : Le Miracle des cloches (The Miracle of the Bells) d'Irving Pichel
  • 1948 : Le Brigand amoureux (The Kissing Bandit) de László Benedek
  • 1949 : Match d'amour (Take Me Out to the Ball Game) de Busby Berkeley
  • 1949 : Un jour à New York (On the Town) de Stanley Donen
  • 1949 : Madame porte la culotte (Adam's Rib) de George Cukor (chanson originale seulement)
  • 1951 : Une veine de... (Double Dynamite) d'Irving Cummings
  • 1952 : Quand tu me souris (Meet Danny Wilson) de Joseph Pevney
  • 1953 : Tant qu'il y aura des hommes (From Here to Eternity) de Fred Zinnemann
  • 1954 : Je dois tuer (Suddenly) de Lewis Allen
  • 1954 : Un amour pas comme les autres (Young at Heart) de Gordon Douglas
  • 1955 : Pour que vivent les hommes (Not as a Stranger) de Stanley Kramer
  • 1955 : Finian's Rainbow (projet abandonné de film musical d'animation, mais chansons enregistrées avec Louis Armstrong et Ella Fitzgerald)
  • 1955 : Blanches colombes et vilains messieurs (Guys and Dolls) de Joseph L. Mankiewicz
  • 1955 : Le Tendre Piège (The Tender Trap) de Charles Walters
  • 1955 : L'Homme au bras d'or (The Man with the Golden Arm) d'Otto Preminger
  • 1956 : Carousel d'Henry King (a enregistré plusieurs chansons, tourné plusieurs scènes, a abandonné le film et a été remplacé par Gordon MacRae)
  • 1956 : Viva Las Vegas (Meet Me in Las Vegas) de Roy Rowland (apparition - à ne pas confondre avec le film d'Elvis Presley de 1964 du même titre original que le titre français de celui-ci)
  • 1956 : Haute Société (High Society), de Charles Walters
  • 1956 : Johnny Concho (en) de Don McGuire (également producteur)
  • 1956 : Le Tour du monde en quatre-vingts jours (Around the World in Eighty Days) de Michael Anderson (apparition)
  • 1957 : Orgueil et Passion (The Pride and the Passion) de Stanley Kramer
  • 1957 : Le Pantin brisé (The Joker Is Wild) de Charles Vidor
  • 1957 : La Blonde ou la Rousse (Pal Joey) de George Sidney
  • 1958 : Les Diables au soleil (Kings Go Forth) de Delmer Daves
  • 1958 : Comme un torrent (Some Came Running) de Vincente Minnelli
  • 1959 : Un trou dans la tête (A Hole in the Head) de Frank Capra
  • 1959 : La Proie des Vautours (Never So Few) de John Sturges
  • 1960 : Cancan (Can-Can) de Walter Lang
  • 1960 : L'Inconnu de Las Vegas (Ocean's Eleven) de Lewis Milestone
  • 1960 : Pepe de George Sidney : (Caméo)
  • 1961 : Le Diable à 4 heures (The Devil at Four O'Clock) de Mervyn LeRoy
  • 1962 : Les Trois Sergents (Sergeants 3) de John Sturges (également producteur)
  • 1962 : Astronautes malgré eux (The Road to Hong Kong) de Norman Panama (apparition)
  • 1962 : Tempête à Washington (Advise and Consent) d'Otto Preminger (chanson originale seulement)
  • 1962 : Un crime dans la tête (The Manchurian Candidate) de John Frankenheimer
  • 1963 : Le Dernier de la liste (The List of Adrian Messenger) de John Huston (méconnaissable dans un rôle grimé)
  • 1963 : T'es plus dans la course, papa ! (Come Blow Your Horn) de Bud Yorkin
  • 1963 : Quatre du Texas (4 for Texas) de Robert Aldrich
  • 1964 : Les Sept Voleurs de Chicago (Robin and the 7 Hoods) de Gordon Douglas (également producteur)
  • 1964 : Deux Têtes folles (Paris - When It Sizzles) de Richard Quine (chanson originale seulement)
  • 1965 : L'Ile des braves (None But The Brave) de Frank Sinatra (également producteur)
  • 1965 : L'Express du colonel Von Ryan (Von Ryan's Express) de Mark Robson
  • 1965 : Les Inséparables (Marriage on the Rocks) de Jack Donohue
  • 1966 : La Statue en or massif (The Oscar) de Russell Rouse (apparition dans son propre rôle)
  • 1966 : L'Ombre d'un géant (Cast a Giant Shadow) de Melville Shavelson
  • 1966 : Le Hold-Up du siècle (Assault on a Queen) de Jack Donohue
  • 1967 : Chantage au meurtre (The Naked Runner) de Sidney J. Furie
  • 1967 : Tony Rome est dangereux (Tony Rome) de Gordon Douglas
  • 1968 : Le Détective (The Detective) de Gordon Douglas
  • 1968 : La Femme en ciment (Lady in Cement) de Gordon Douglas
  • 1970 : Un beau salaud (Dirty Dingus Magee) de Burt Kennedy
  • 1974 : Il était une fois Hollywood (That's Entertainment!) de Jack Haley Jr (documentaire)
  • 1974 : René Simard au Japon de Laurent Larouche (documentaire)
  • 1976 : Hollywood, Hollywood (That's entertainement Part II) de Gene Kelly (documentaire)
  • 1977 : Contrat à Cherry Street (Contract on Cherry Street) de William A. Graham (téléfilm)
  • 1980 : De plein fouet (The First Deadly Sin) de Brian G. Hutton
  • 1984 : Cannon Ball 2 (Cannonball Run II) de Hal Needham
  • 1987 : Magnum (Magnum, P.I.) de Alan J. Levi (série télévisée - saison 7 - épisode 18 : Laura)
  • 1987 : Magnum (Magnum, P.I.) de Alan J. Levi (série télévisée - saison 7 - épisode 19 : L'homme du Bronx / Laura)
  • 1990 : Listen Up: The Lives of Quincy Jones d'Ellen Weissbrod (documentaire)
  • 1993 : La Classe américaine (Le Grand Détournement) de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette (détournement)
  • 1994 : Young at Heart d'Allan Arkush (apparition dans son propre rôle - téléfilm produit par Tina Sinatra)

Publié dans Chanteurs-Chanteuses

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