Poniatowski Michel

Publié le par Mémoires de Guerre

Michel Poniatowski, né le 16 mai 1922 à Paris et mort le 15 janvier 2002 au Rouret (Alpes-Maritimes), est un homme politique français. Résistant, député et maire de L'Isle-Adam, il est ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale de 1973 à 1974, ministre d'État, ministre de l'Intérieur de 1974 à 1977. Il est ensuite député européen et sénateur du Val-d'Oise. Proche de Valéry Giscard d'Estaing, il est l'un des dirigeants fondateurs de la FNRI, du Parti républicain et de l'UDF

Poniatowski Michel
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Poniatowski Michel
Poniatowski Michel

Parent du dernier roi de Pologne (1764-1795) Stanislas-Auguste Poniatowski et du prince Joseph Poniatowski, maréchal de Napoléon Ier, Michel Poniatowski est le fils du prince Charles Casimir Poniatowski et d'Anne de Caraman-Chimay. Par son père, il descend de Talleyrand (lui-même descendant de Colbert et d'Étienne Marcel), du duc de Morny — demi-frère et premier ministre de Napoléon III, ainsi que de l'impératrice Joséphine par sa fille Hortense de Beauharnais — tandis qu'il compte parmi ses ancêtres maternels Pierre-Paul Riquet, ingénieur français qui au XVIIe siècle traça le canal du Midi. Après avoir servi au 1er bataillon de choc pendant la Seconde Guerre mondiale et avoir été notamment parachuté en France occupée, Michel Poniatowski poursuit après la guerre des études supérieures et passe avec succès le concours de l'École nationale d'administration. Affecté aux Finances, Michel Poniatowski commence sa carrière au Maroc puis comme attaché financier à Washington, D.C. (1956). Il est le directeur de cabinet de Pierre Pflimlin, dernier président du Conseil de la Quatrième République avant le général de Gaulle. De 1959 à 1962, il est directeur de cabinet du secrétaire d'État Valéry Giscard d’Estaing, puis chargé de mission (1962-1965) et enfin directeur des Assurances (1963-1967) au ministère des Finances.

Partisan de l'Algérie française, il est élu député Républicain indépendant de la 1re circonscription du Val-d'Oise lors des élections législatives de 1967, remportées de justesse par la majorité. Dans le même temps, il devient secrétaire général de la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), dont il prendra la présidence en 1975. Michel Poniatowski est élu maire de l'Isle-Adam en 1971. Du 5 avril 1973 au 27 mai 1974, il est ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale dans les deux derniers gouvernements Pierre Messmer. Considéré comme le principal organisateur de la victoire de Valéry Giscard d’Estaing à l'élection présidentielle de 1974, Michel Poniatowski est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur le 28 mai, suscitant un précédent de protocole, le premier des ministres par ordre de préséance n'étant plus alors le ministre de la Justice comme antérieurement.

Face aux menaces terroristes qui pèsent alors, il prend pour devise de « terroriser les terroristes » (formule reprise plus tard et souvent attribuée à Charles Pasqua), avec des moyens parfois spectaculaires. Il fait supprimer les « fiches signalétiques » qui devaient alors être remplies chaque fois qu'on séjournait dans un hôtel, comme c'est encore le cas dans certains pays. En août 1975, il envoie l'armée, épaulée par des blindés, pour chasser les militants corses emmenés par Edmond Simeoni et Marcel Lorenzoni qui occupent illégalement une cave viticole à Aléria. Il ordonne l'assaut au cours duquel deux gendarmes sont tués. Pour cette raison, il est accusé, avec le Premier ministre Jacques Chirac, de porter une grande part de responsabilité dans l'engrenage de la violence qui suit en Corse.

Fervent partisan du recours à la peine capitale, Michel Poniatowski déclare au sujet de l'affaire Patrick Henry : « Si j'étais juré, je me prononcerais pour la peine de mort ». Après l'assassinat de Jean de Broglie, L'Express, en janvier 1977, puis Le Canard enchaîné, en 1980, publient des documents selon lesquels Michel Poniatowski aurait pu sauver le député giscardien, ayant été au courant des menaces de mort pesant sur lui. Sans preuves, Poniatowski avait publiquement présenté Patrick de Ribemont comme coupable dans cette affaire, acte qui a valu à la France de faire l'objet par la suite d'une condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme, Patrick de Ribemont ayant été mis hors de cause.

À la suite de l'échec de la majorité aux élections municipales de mars 1977, Michel Poniatowski quitte le ministère de l'Intérieur et ne fera plus partie d'aucun gouvernement. Il participa, en 1978, à la fondation de l'Union pour la démocratie française (UDF), dont il sera président d'honneur. Jusqu'en 1981, il est ambassadeur et représentant personnel du président de la République. Ouvertement rejeté par la majeure partie de la classe politique française, il disparaît du premier plan de la scène politique nationale. De 1979 à 1989, Michel Poniatowski est député au Parlement européen, où il préside la commission du Développement et de la Coopération (1979-1984) puis la commission de l’Énergie, de la Recherche, et de la Technologie (1984). Il approuve, en septembre 1983, la fusion de la liste RPR-UDF avec celle du Front national lors de l'élection municipale partielle de Dreux, déclarant : « Le danger fasciste en France ne vient pas de la droite, il vient de la gauche, dont c'est la vocation d'esprit et de méthode. Il faut donc voter contre les fascistes de gauche. »

Sénateur du Val-d'Oise de 1989 à 1995 suite au décès de Pierre Salvi, Michel Poniatowski continue ensuite à approuver la conclusion d'ententes électorales avec le Front national, en prenant l'exemple de l'alliance entre socialistes et communistes. Membre atypique de l'UDF, il est désavoué par son parti fin 1991, après avoir soutenu la conclusion d'accords avec le parti d'extrême droite pour les élections régionales de 1992 et les législatives de 1993. En 1995, il apporte son soutien à la candidature présidentielle d'Édouard Balladur contre Jacques Chirac. Trois ans plus tard, il participe à la fondation de la Droite libérale-chrétienne de Charles Millon. En 1999, il quitte sa mairie de l'Isle-Adam, par la suite occupée par son fils, Axel Poniatowski. Michel Poniatowski se marie le 28 février 1946, dans le XVIe arrondissement, avec Gilberte de Chavagnac, avec laquelle il a quatre enfants :

  • Ladislas Poniatowski, né le 10 novembre 1946, homme politique et sénateur de l'Eure, marié en 1971 à Constance Guichard, journaliste et fille d'Olivier Guichard, avec laquelle il a trois enfants ;
  • Isabelle, née le 9 février 1948, mariée en 1967 à Bertrand de Maigret, avec lequel elle a quatre enfants ;
  • Axel Poniatowski, né le 3 août 1951, homme politique et député-maire de l'Isle-Adam (Val-d'Oise), marié en 1977 à Anne Chatin, avec laquelle il a trois enfants ;
  • Bruno, né le 10 août 1952, marié en 1974 à Alix de Montal, avec laquelle il a trois enfants.

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