MacMillan Harold

Publié le par Mémoires de Guerre

Maurice Harold Macmillan, premier comte de Stockton, (10 février 1894-29 décembre 1986), a été le 65e Premier ministre du Royaume-Uni. Il était membre du Parti conservateur et a été surnommé Supermac. 

MacMillan Harold
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MacMillan Harold

Écossais, il a fait ses études à Eton College puis au Balliol College (Oxford). Engagé volontaire comme sous-lieutenant des Grenadier Guards le 19 novembre 1914, il combat sur le front occidental durant la Première guerre mondiale. Il est blessé à la main et à la tête à Loos en septembre 1915 puis une nouvelle fois au visage à Ypres en 1916. Il est blessé à la cuisse au début de la bataille de la Somme en juillet 1916. Par la suite il n’est plus affecté en première ligne. Il est nommé capitaine honoraire après la guerre. Député conservateur de Stockton-on-Tees de 1924 à 1945 (avec une interruption de 1929 à 1931), il s'oppose à la politique d'apaisement de Neville Chamberlain. Il entre, en 1940, au ministère du Ravitaillement, et devient, de 1942 à 1945, ministre résident auprès du quartier général en Afrique du Nord, à Alger. De concert avec le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden, il s'y montre rapidement favorable au Général de Gaulle (contre le rival Henri Giraud, notamment), qu'il admire, s'ingéniant à amortir les fréquentes disputes entre le Chef de la France libre et le Premier ministre britannique Winston Churchill, et s'efforçant de contrecarrer, notamment en développant des relations amicales avec le général américain Dwight Eisenhower, les initiatives du président américain Franklin Delano Roosevelt destinées à politiquement déstabiliser de Gaulle, qu'il déteste.

Dans les cabinets Churchill et Eden, il est successivement ministre du Logement (1951), ministre de la Défense (1954-1955), secrétaire aux Affaires étrangères (mai-décembre 1955) et Chancelier de l'Échiquier (appellation du ministre des Finances) à compter du 22 décembre 1955. Partisan de l'intervention en Égypte qui va déclencher la crise du canal de Suez, il s'abstient néanmoins d'emprunter auprès du Fonds Monétaire International, comme l'ont fait les français, pour couvrir les besoins de change durant le conflit. Or début novembre 1956, les États-Unis, qui désapprouvent l'intervention, opèrent des ventes massives de livre sterling contre dollar. Le 6 novembre, il annonce aux membres du gouvernement une baisse des réserves britanniques de 285 millions de dollars, emportant la décision d'arrêt du conflit, alors qu'elle n'était en réalité que de 85 millions de dollars. Cette attitude a conduit les historiens anglais à se demander si Macmillan n'avait pas tendu un piège à Antony Eden afin de pouvoir lui succéder au poste de Premier ministre.

Le 14 janvier 1957, il succède à Antony Eden comme Premier ministre. Comme son prédécesseur, il est obsédé par le renversement de Nasser, considéré comme l'ennemi juré de la Grande-Bretagne, surtout après la création, en février 1958, de la République Arabe Unie de Syrie et d’Égypte opposée aux régimes Hachémites pro-anglais de Jordanie et d’Irak. Le 14 juillet 1958, le général Kassem renverse le roi Fayçal d’Irak. Le 20 juillet, dans le cadre de la doctrine Macmillan, la Grande-Bretagne envoie des parachutistes en Jordanie pour prévenir une tentative de coup d’État contre le roi Hussein, tandis que les Marines américains débarquent au Liban, où Camille Chamoun, le leader chrétien maronite doit faire face à une violente opposition soutenue par l’Égypte. L’intervention de l'armée britannique à Oman en 1958-1959 s’inscrit également dans cette politique d’endiguement. De juillet à octobre 1961, des soldats britanniques stationnent au Koweït, menacé par le nouveau pouvoir irakien qui considère ce pays comme une province d’Irak.

C’est Macmillan qui transforme le port d’Aden, sous protectorat britannique, en une puissante base navale et aérienne et y installe en 1960 le quartier général du Commandement du Moyen-Orient (Middle East Command). En 1962, il charge son ministre de l’Air et gendre Julian Amery d’organiser une opération d’assistance militaire à la résistance royaliste yéménite en lutte contre les troupes d’occupation égyptiennes. Sous son mandat la décolonisation britannique se poursuit avec l’accession à l’indépendance du Ghana et de la Malaisie en 1957, du Nigeria en 1960 et du Kenya en 1963. Miné par le veto de Charles de Gaulle à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, et affaibli par des scandales, notamment l'« affaire Profumo », il démissionne du poste de Premier ministre le 19 octobre 1963. Il est décoré de l’ordre du Mérite (Royaume-Uni) (OM) le 2 avril 1976. Le 24 février 1984, il est fait Vicomte Macmillan de Ovenden et Comte de Stockton (Knight Bachelor's Badge, appellation Sir). Il meurt le 29 décembre 1986.

Macmillan est connu pour deux de ses interventions politiques. Tout d'abord, lors de la campagne électorale de 1959, il a déclaré : « La plupart de nos concitoyens n'ont jamais vécu aussi bien qu'aujourd'hui ». Repris par les journaux comme « Vous n'avez jamais vécu aussi bien » (You've never had it so good), ce slogan devint le leitmotiv de la campagne, gagnée par Macmillan. En effet, malgré la continuité, pour une minorité, d'une grande pauvreté, les années 1950 et 1960 permettaient un niveau de vie pour la masse des gens ordinaires dont leurs parents n'avaient pas osé rêver. Deuxièmement, le 3 février 1960, Macmillan va prononcer un discours devant les députés blancs de l'Afrique du Sud. Il va expliquer qu'un « vent de changement » (Wind of Change) souffle sur l'Afrique. Sans le dire explicitement, ce discours suggère que la décolonisation est inévitable, et qu'il vaut mieux accepter cet état de fait. En effet, la classe dirigeante du Royaume-Uni a réussi à sortir de la colonisation sans une guerre de taille telle que la guerre d'Algérie. De plus, durant le même discours, Macmillan critiquera sévèrement la politique d'apartheid menée par l'Afrique du Sud depuis 1948 et ce, contrairement à ses prédécesseurs qui la toléraient. Ces critiques auront pour conséquence de crisper durablement les relations entre les deux États.

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