Luchaire Jean

Publié le par Roger Cousin

Jean Luchaire, né à Sienne (Italie) le 21 juillet 1901 et mort fusillé le 22 février 1946, est un homme politique français. Le nom de Jean Luchaire reste associé à la politique collaborationniste en raison de son rôle sous la période de Vichy. 

Giacomo Antonini avec Jean Luchaire (au milieu) et l’homme à droite qui est, peut-être, Sonderführer Gerhard Heller

Giacomo Antonini avec Jean Luchaire (au milieu) et l’homme à droite qui est, peut-être, Sonderführer Gerhard Heller

Il est le fils Julien Luchaire, historien et écrivain et de Fernande Dauriac, écrivain, éditrice et économiste fille de l'écrivain Lionel Dauriac (1847-1923). Il eut comme parrain Horace Finaly, président de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il épouse en aoüt 1920 Françoise Besnard fille du peintre Robert Besnard et petite-fille d'Albert Besnard, directeur des Beaux-Arts et de Charlotte Dubray, sculpteur. Sa belle-sœur Édith épouse Henri Filipacchi. De ce mariage naîtront quatre enfants Corinne, Robert (1922) décorateur de cinéma, Florence (1925) actrice et ballerine et Monique. Jean Luchaire, qui avait du charme, collectionna les aventures féminines notamment avec des actrices comme Marie Bell, Monique Joyce, Mireille BalinYvette Lebon et Maud Sacquard de Belleroche. Il fut témoin de la montée du fascisme en Italie avant de se consacrer au journalisme en France.

Opposé au traité de Versailles qu'il jugeait injuste pour l'Allemagne, Luchaire se fait très tôt le promoteur d'un rapprochement entre la France et l'Allemagne. C'est dans cette perspective qu'il fonde, en 1927, le journal Notre Temps qui appuyait la politique de paix prônée par Aristide Briand. Ce périodique avait pour principaux collaborateurs : Bertrand de Jouvenel, André Weil-Curiel, Jacques ChabannesPierre Brossolette et Pierre Mendès FranceEn 1930, Luchaire fait la connaissance d'Otto Abetz (lequel se marie peu après avec la secrétaire de Jean Luchaire, Suzanne de Bruyker, française), le futur ambassadeur du IIIe Reich à Paris pendant l'Occupation. Il noue avec lui une amitié durable. Avec ce représentant nazi, Luchaire travaille à mettre sur pied une propagande culturelle (le « Cercle du Sohlberg ») et médiatique (revue les Cahiers franco-allemands, par exemple) destinée à gagner les jeunes intellectuels français aux idées collaborationnistes. La défaite de la France de 1940 rapproche encore davantage Luchaire et Abetz, alors que plusieurs Français envisagent une politique de collaboration.

À partir de novembre 1940, Luchaire fonde le journal collaborationniste Les Nouveaux temps et il occupe alors une place considérable dans la presse parisienne. Fidèle au gouvernement de Vichy, Luchaire, devient le président de l'Association de la presse parisienne en 1941 et préside la Corporation nationale de la presse française. À la Libération, il se réfugie avec le maréchal Pétain à Sigmaringen (en compagnie de Marcel Déat et de Fernand de Brinon). En tant que ministre de l'Information, il faisait partie de la commission gouvernementale. Lors de la défaite de l'Allemagne, Luchaire se réfugie en Italie, après avoir tenté, sans succès, d'obtenir le droit d'asile politique au Liechtenstein et en Suisse. Il est arrêté en mai 45 et ramené à Paris tout comme son épouse (arrêtée en Allemagne). Luchaire est traduit en justice pour collaboration avec l'ennemi devant la Haute Cour en janvier 1946.

Il est condamné à mort et exécuté le 22 février au fort de Châtillon. Son ami Otto Abetz - qui écopa de vingt ans de travaux forcés en 1949 - avait témoigné en sa faveur. Contrairement à son fils, Julien Luchaire avait choisi le camp de la Résistance et il laissera un témoignage émouvant de son déchirement dans un ouvrage intitulé Confessions d'un Français moyen. La fille de Jean Luchaire, Corinne Luchaire (1921-1950) était une actrice de cinéma bien connue à l'époque. Avant sa mort prématurée en 1950, elle avait publié un ouvrage biographique (Ma drôle de vie, 1949) qui constitue un document intéressant sur sa situation de fille d'un personnage haut placé du régime de Vichy.

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