Lebensborn

Publié le par Roger Cousin

Himmler HeinrichLe Lebensborn e. V. (Lebensborn Eingetragener Verein - "Association enregistrée Lebensborn") était une association de l'Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l'état et gérée par la SS, dont le but était d'augmenter le taux de naissance d'enfants "aryens" en permettant à des filles-mères d'accoucher anonymement et de remettre leur nouveau né à la SS qui en assurerait la charge puis l'adoption.

C'est dans le cadre d'une politique de promotion des naissances exacerbée que les "Lebensborn" ont vu le jour à l'initiative de Heinrich Himmler le 12 décembre 1935. Bien qu'au départ il s'agisse de foyers et de crèches, la SS transforma rapidement ces centres en lieu de rencontre afin de permettre à des femmes allemandes considérées comme des "aryennes" de concevoir des enfants avec des officiers SS. Le but ultime de ces lieux était la création et le développement d'une "race aryenne" parfaitement pure et dominante. Les femmes accouchaient dans le plus grand secret. Les enfants nés dans les Lebensborn étaient pris en charge par la SS en vue de constituer l'élite du futur « Empire de 1 000 ans ».

Le terme lebensborn est un néologisme formé à partir de leben = « vie » et born = « fontaine », en allemand ancien. Marc Hillel l'a traduit en français par « Fontaines de vie ». Dans l'esprit de purification raciale chère aux Nazis, Heinrich Himmler ouvre, le 15 août 1936, le premier établissement à Steinhöring, près d'Ebersberg en Haute-Bavière comportant 30 lits pour les mamans et 55 pour les enfants à naître. Ce nombre sera doublé en 1940. Le service du lebensborn était sous l'égide du général SS Sollmann.

Une dizaine d'établissements sont créés en Allemagne avant la guerre (8 000 enfants y naîtront), puis deux en Autriche, et un en Pologne après l'invasion en septembre 1939. La pureté de la race aryenne était faite en fonction de plusieurs critères et l'appartenance à une typologie aryenne. Ainsi plusieurs niveaux de pureté existaient. Le plus haut niveau de pureté était celui des pays nordiques. Chacun des niveaux de pureté était connu pour les qualités de ses membres. Attachement à la patrie, attachement au führer, attachement au pays.

La fascination des Nazis pour la race aryenne nordique les conduira à en ouvrir une dizaine en Norvège (on estime le nombre d'enfants nés à 12 000 - 9 000 selon certaines sources - rien que dans ce pays). Un seul sera ouvert aux Pays-Bas.

Pour les pays francophones, on retiendra :

  • en France, l'institution de Lamorlaye près de Chantilly ;
  • au Grand-Duché de Luxembourg, celle de Bofferding, près de Luxembourg ;
  • en Belgique, celle de Wégimont, aujourd'hui, domaine de loisirs provincial situé sur la commune de Soumagne (province de Liège).


L'objectif était de permettre à des femmes (mariées ou célibataires) de « race pure » de donner naissance à des enfants dont les pères appartenaient à l'élite raciale (notamment des membres de la SS). Outre la reproduction de la race aryenne, le lebensborn se charge aussi de la germanisation des enfants arrachés à leurs parents en Norvège, en Pologne et en Tchécoslovaquie. Ainsi, plus de 200 000 enfants seront emmenés en Allemagne et confiés à des familles allemandes sélectionnées. Le lebensborn a mis en pratique les principes hitlériens. Le pouvoir alors en place a décidé d'élargir son recrutement en allant, par la suite, prélever des enfants dans des pays conquis (Pologne) où certains enfants dits racialement valables (2 millions enfants enlevés à leurs parents polonais) ont été littéralement kidnappés pour être germanisés.

Un cinquième seulement de ces enfants seront retrouvés et rendus à leurs véritables parents. C'est ainsi que les Allemands avaient baptisé l'institution de Wégimont (commune de Ayeneux, province de Liège), qui ouvre ses portes en novembre 1942 et les ferme le 1er septembre 1944. Elle accueille, outre des femmes belges convaincues par les thèses nazies, quelques Hollandaises et Françaises du Nord. La contribution masculine était assurée par des soldats des régiments belges nazis, comme la Légion Wallonie, ou leurs homologues flamands, ainsi que des SS stationnés en Belgique.

Ce centre n'a jamais vraiment fonctionné comme les Allemands l'auraient voulu, car le personnel belge employé a toujours montré de la mauvaise volonté. Il reste peu de documents sur cette affaire et la population locale évoque rarement ces faits.

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