Kohl Helmut

Publié le par Mémoires de Guerre

Helmut Josef Michael Kohl, né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen et mort le 16 juin 2017 dans la même ville, est un homme politique allemand. Membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), il est chancelier fédéral ouest-allemand, puis de la République fédérale d'Allemagne réunifiée, de 1982 à 1998. 

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Veuf de Hannelore Kohl, il est à l'origine de la maison de l'Histoire de la République fédérale d'Allemagne, ouverte le 14 juin 1994. Helmut Josef Michael Kohl est le fils de Cäcilie (née Schnur, 1890–1979) et Hans Kohl (1887–1975), troisième enfant d'une famille conservatrice et catholique. Son frère aîné a péri durant la Seconde Guerre mondiale. Dans les dernières semaines de la guerre, Helmut Kohl fut lui aussi enrôlé mais il ne participa à aucun combat. Helmut Kohl est élève à l'école élémentaire Ruprecht et poursuit sa scolarité au Max Planck Gymnasium. En 1946, il rejoint l'Union chrétienne-démocrate (CDU), récemment créée. En 1947, il est l'un des co-fondateurs de sa section Junge Union (Union des jeunes), à Ludwigshafen. Il obtient son diplôme en 1950, et commence à étudier le droit à Francfort-sur-le-Main. En 1951, il choisit de poursuivre ses études à l'université d'Heidelberg où il est diplômé en histoire et en sciences politiques. En 1953, il rejoint le comité de direction de la CDU de Rhénanie-Palatinat. L'année suivante, il devient vice-secrétaire de la Junge Union de Rhénanie-Palatinat et en 1955, il retourne au comité de direction de la CDU de Rhénanie-Palatinat.

Après son diplôme en 1956, il rejoint l'institut Alfred Weber de l'université d'Heidelberg où il devient un membre actif de l'association estudiantine AIESEC. En 1958, il obtient son doctorat pour sa thèse Développements politiques dans le Palatinat et reconstruction des partis politiques après 1945. Il entame alors une carrière dans le privé, d'abord en tant qu'adjoint au directeur d'une fonderie à Ludwigshafen et, en 1959, en tant que manager de l'union des industries chimiques de Ludwigshafen. La même année, il devient également secrétaire de la section CDU de Ludwigshafen. L'année suivante, il épouse Hannelore Renner, qu'il connaît depuis 1948. Ils auront deux garçons. Les dirigeants des États membre du G7 de 1983 devant le capitole de Williamsburg. De gauche à droite : Pierre Trudeau, Gaston Thorn, Helmut Kohl, François Mitterrand, Ronald Reagan, Yasuhiro Nakasone, Margaret Thatcher et Amintore Fanfani.

Élu en 1959 à la diète de Rhénanie-Palatinat comme député de la CDU, il est chef du groupe parlementaires de CDU au Landtag de Rhénanie-Palatinat à partir de 1963 et ministre-président de ce Land à partir de 1969. En 1973, il prend la direction du parti. Ardent défenseur de l’unité européenne et de l'alliance franco-allemande, Kohl, surnommé le « géant noir » du Palatinat en raison de sa taille imposante et de son attachement au catholicisme, devient chancelier en 1982 à la tête d’une coalition avec les libéraux du FDP ; celle-ci est reconduite après les élections de 1987. Le 22 septembre 1984, Kohl commémore, àu mémorial de Verdun, avec François Mitterrand le souvenir des soldats français et allemands tombés durant la Première Guerre mondiale. L'image des deux chefs d'État main dans la main durant la cérémonie a fait le tour du monde et est devenue le symbole de la réconciliation franco-allemande.

Lors de l'effondrement du gouvernement communiste d'Allemagne de l'Est en 1989, Helmut Kohl s’engage en faveur d’une rapide réunification de l'Allemagne au sein d’une alliance occidentale. Réélu chancelier en 1991, il doit faire face aux difficultés liées à la réunification, mais parvient à être reconduit dans ses fonctions en 1994. Cependant, la récession qui frappe l’Allemagne et accélère la remise en cause du modèle d’économie de marché « sociale », et l’inefficacité des mesures prises par le gouvernement pour enrayer la montée du chômage provoquent une forte baisse de sa popularité, y compris dans les Länder de l’Est qui lui étaient pourtant favorables en raison de son rôle dans la réunification. Enregistrant un certain nombre de revers électoraux dans les scrutins régionaux, notamment en 1998, Kohl doit en outre faire face à la montée en puissance du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), réorganisé sous l'impulsion de Gerhard Schröder.

En septembre 1998, après seize ans de gouvernement chrétien-démocrate, le SPD remporte les élections législatives et Gerhard Schröder succède à Helmut Kohl à la chancellerie. Au mois d'octobre suivant, Wolfgang Schäuble remplace Helmut Kohl à la présidence de la CDU. Mais, à partir de la fin 1999, la formation politique est atteinte par un vaste scandale politico-financier qui met en cause la gestion des années Kohl. La révélation de l'existence de comptes occultes qui alimentaient les caisses noires de la CDU le conduit à démissionner de la présidence d'honneur du parti en janvier 2000. Il fait alors l'objet d’une enquête judiciaire pour « malversations », close en 2001 après le paiement d'une amende de 300 000 marks.

Dès lors absent de sla scène politique allemande, il est régulièrement cité lors des élections fédérales de 2005, qui voient Angela Merkel, son ancienne « protégée », accéder au poste de chancelier. En 2009, en plus d'une fracture de la hanche qui l'oblige à rester dans un fauteuil roulant, Helmut Kohl est victime d'un accident vasculaire cérébral qui lui paralyse le bas du visage. Le 31 octobre 2009, il retrouve Mikhaïl Gorbatchev et George H. W. Bush pour fêter le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin mais il n'est pas en mesure d'assister aux commémorations officielles. En avril 2016, il reçoit Viktor Orbán lors d'une visite très médiatisée. À cette occasion, il s'exprime au sujet de la crise migratoire en Europe et de la politique d'Angela Merkel concernant les migrants. Il critique l'ouverture des frontières aux réfugiés, se dit « en accord » avec la politique de Viktor Orbán et estime que l'Europe ne peut « devenir une nouvelle patrie » pour les migrants. Cette prise de position lui vaudra de nombreuses critiques. Helmut Kohl meurt le 16 juin 2017, à l'âge de 87 ans, dans sa maison de Ludwigshafen, dans le sud-ouest du pays.

La chancelière fédérale, Angela Merkel affirme alors qu’Helmut Kohl a « changé [sa] vie de manière décisive » grâce au rôle qu’il a joué dans la réunification de l’Allemagne, ajoutant qu'il a été « une chance pour nous, Allemands ». L’ancien président des États-Unis George H.W. Bush salue « l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre » et « un vrai ami de la liberté » tandis que l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev évoque « une personnalité exceptionnelle » ayant fait preuve « d'un profond intérêt pour la Russie ». Selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, Helmut Kohl était « l’essence même de l’Europe » ; Jacques Delors, ancien président de la Commission, rend hommage à « un citoyen de l'Europe ». Le président de la République française, Emmanuel Macron, estime qu'« Helmut Kohl fut l’un des grands hommes de l’Europe et du monde libre ». Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, se dit « très affecté » par le décès de Helmut Kohl, « un ami personnel ».

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