Ibarruri Dolores

Publié le par Mémoires de Guerre

Dolores Ibárruri Gómez, connue sous le nom de La Pasionaria, est une femme politique espagnole née le 9 décembre 1895 à Gallarta (municipalité d'Abanto y Ciérvana, dans la province basque de Biscaye) et décédée le 12 novembre 1989 à Madrid. 

Ibarruri Dolores
Ibarruri Dolores
Ibarruri Dolores
Ibarruri Dolores

Elle a été secrétaire générale du Parti communiste espagnol (PCE) entre 1942 et 1960, présidente de ce parti entre 1960 et 1989. Elle est née huitième de onze enfants, dans une famille de mineurs ; l'ambiance familiale est marquée par le catholicisme et son père est un militant carliste actif. Elle est scolarisée jusqu'à l'âge de 15 ans, envisageant de devenir institutrice, mais elle ne peut y parvenir, car ses parents n'ont pas les moyens de lui payer des études assez longues. Elle commence à travailler dans un atelier de couture, puis devient femme de ménage, jusqu'à son mariage en 1916. Elle épouse un mineur et militant socialiste (adhérent du PSOE), Julián Ruiz, de Somorrostro. Ils auront six enfants, dont quatre morts très jeunes : Ester (1916-1919), Rubén (1921-1942), les triplées : Amagoya (1923-1923), Azucena (1923-1925), Amaya2(née en 1923), et Eva (1928-1928). La situation financière de la famille n'est pas très bonne, d'autant que Julian Ruiz est emprisonné après avoir participé au mouvement de grève générale de 1917, et qu’il l’est encore à plusieurs reprises au cours des années 1920. Cela n'empêche pas Dolores de lire, notamment des ouvrages de Karl Marx et de militer dans le cadre de la Fédération des Jeunesses socialistes du PSOE. Elle écrit aussi dans la presse ouvrière ; c'est en 1918 qu'elle utilise pour la première fois le pseudonyme de La Pasionaria, pour un article dans le journal El Minero Vizcaino. Monument à Dolores Ibárruri à Glasgow avec une de ses citations les plus célèbres : « Mieux vaut mourir debout, que de vivre à genoux ».

En décembre 1919, elle suit les Jeunesses socialistes qui se séparent du PSOE pour se rapprocher de l'Internationale communiste. En avril 1920, elle participe à la fondation du Parti communiste espagnol, devenant la même année membre du comité provincial de Biscaye, puis à celle du Parti communiste d'Espagne en novembre 1921. Elle joue un rôle important dans le parti au niveau provincial : elle est déléguée au Ier congrès du PCE (Madrid) en mars 1922, et de nouveau en 1927 pour le IIIe ; ce congrès devant avoir lieu en France, elle ne peut cependant y assister. Populaire et respectée, elle est élue au Comité central du PCE en 1930. Après l'avènement de la Seconde République en 1931, elle se sépare de son mari et s’installe à Madrid, où elle devient responsable du journal du parti, Mundo Obrero. Elle entre au bureau politique du parti en 1932. Elle est envoyée à Moscou en 1933 comme déléguée auprès du Komintern. Elle est arrêtée et emprisonnée à plusieurs reprises en raison de ses activités. Elle travaille à l'amélioration de la condition féminine. En 1935, elle envoie ses deux enfants encore vivants, Rubén et Amaya, en Union soviétique, pour leur assurer une vie plus stable. En février 1936, elle est élue députée des Asturies. Peu après, elle réussit à obtenir des autorités locales d’Oviedo la libération des prisonniers politiques. Elle prononce devant les Cortes un discours contre la droite, en menaçant de mort José Calvo Sotelo, député monarchiste qui s'en était pris aux républicains, lui lançant : « Cet homme a parlé pour la dernière fois ».

Le 12 juillet 1936, José Castillo, un lieutenant de la garde d'assaut, membre du Parti socialiste espagnol et de l'UMRA, fut assassiné par un groupe de phalangistes à Madrid. Le lendemain, en représailles, des membres de la Garde d'Assaut et des militants des Jeunesses socialistes prennent d'assaut la résidence de Calvo Sotelo et l'emmènent avec eux pour le tuer à l'intérieur d'une fourgonnette de police. Son corps est ensuite abandonné dans un cimetière. Ces événements précipitent l'entrée dans la guerre d'Espagne. Quand la guerre civile éclate en juillet 1936, elle se dresse pour défendre la république avec le célèbre slogan « ¡No pasarán! » (« Ils ne passeront pas »), prononcé, dès le 19 juillet, au balcon du ministère de l'Intérieur au moment de l'offensive franquiste contre Madrid. Au début de septembre, elle est en France pour une entrevue avec Léon Blum, qui, le 1er septembre, a opté pour la politique de non-intervention ; le 8 septembre, elle prononce un discours au Vélodrome d’Hiver. Elle est élue vice-présidente des Cortes en 1937. Elle participe à plusieurs comités avec des figures telles que Palmiro Togliatti pour défendre la cause républicaine. Pour mettre fin à des critiques, son fils revient en Espagne et participe à la bataille de l'Ebre en 1938. Par ailleurs, elle agit pour soutenir le moral des soldats républicains ou pour lutter contre les tendances défaitistes : ainsi, en 1938, elle dirige des manifestations à Barcelone devant les locaux du gouvernement républicain. C’est aussi elle qui, le 15 novembre 1938, à Barcelone, salue le rôle des Brigades internationales sur le point de quitter l’Espagne après leur dissolution.

Ces discours et actions lui assurent une grande popularité dans l’opinion communiste internationale et dans une partie de la population de la zone républicaine, notamment les femmes. Cependant, au bout de trois ans d'affrontements sanglants, le gouvernement républicain doit reconnaître sa défaite et quitte le territoire espagnol ; les hostilités cessent le 1er avril 1939 avec l'entrée dans Madrid des forces franquistes. Ibárruri part en exil en Union soviétique, où elle continue ses activités politiques. Son fils Rubén entre dans l'Armée rouge et périt le 25 août 1942 au cours de la bataille de Stalingrad. La distinction de héros de l'Union soviétique lui sera décernée en 1956. En mai 1942, elle devient secrétaire générale du PCE et le reste jusqu'en 1960 ; elle en devient alors présidente jusqu'à sa mort. Dans les années 1960, elle reçoit la citoyenneté soviétique. Son œuvre politique est reconnue durant ces années : elle reçoit un doctorat honorifique de l'Université de Moscou, ainsi que le Prix Lénine pour la paix en 1964, et l'Ordre de Lénine en 1965. Son autobiographie, ¡No pasarán!, est publiée en 1966. Après la mort de Francisco Franco en 1975, elle revient en Espagne. Elle est élue députée aux Cortes en juin 1977, lors des premières élections après la restauration de la démocratie. Elle meurt de pneumonie à Madrid, à l'âge de 93 ans. Certains passages de ses discours, tels que : « Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux » (repris d'Emiliano Zapata) ou son « ¡No pasarán! » (prononcé par Robert Georges Nivelle pendant la Première Guerre mondiale), sont connus dans le monde entier. Son rôle de symbole populaire en a fait un personnage de poèmes et de chansons pour Pablo Neruda, Rafael Alberti, Ana Belén et quelques autres. Toutefois, dans le récent ouvrage de Sygmunt Stein, Ma guerre d'Espagne, un chapitre consacré à « La Pasionaria » la décrit surtout comme une idole fabriquée par l'appareil de propagande soviétique, sans dénier ses qualités humaines.

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