Hughes Howard

Publié le par Roger Cousin

Howard Robard Hughes (né le 24 décembre 1905 à Houston où il est mort le 5 avril 1976), est un aviateur, constructeur aéronautique, homme d'affaires, producteur et réalisateur cinématographique américain. 

Hughes Howard

Il fut l'un des hommes les plus riches et les plus puissants des États-Unis d'Amérique. Il devint célèbre à la fin des années 1920 comme producteur de films à gros budget et souvent controversés comme Les Anges de l'enfer, Scarface et Le Banni. Aviateur, il établit plusieurs records mondiaux de vitesse et construisit les avions Hughes H-1 Racer et H-4 "Hercules", un des plus grands avions du monde. Il acheta et développa la Trans World Airlines. Hughes reste aussi connu comme playboy et homme à femmes mais aussi pour son comportement excentrique et pour avoir vécu reclus les dernières années de sa vie, principalement à cause de troubles mentaux.

Il naquit « officiellement » un 24 décembre (son choix de faire de la veille de Noël son anniversaire participerait à la légende). Il est le fils unique de Allene Stone Gano, une mère très possessive[précision nécessaire](Sa mère étant terriblement maniaque, il en gardera des séquelles aux alentours de sa mort, comme sa répulsion envers les microbes) et d’Howard R. Hughes, entrepreneur américain qui a créé une prospère entreprise de fabrication d’outils de forage pétrolier. Enfant doué, à onze ans il construisit une bicyclette à moteur, un système d’interphones et un appareil de radio grâce auquel il communiquait avec les bateaux de passage. En 1922, alors qu’il n’a que 17 ans sa mère meurt des complications d’une grossesse extra-utérine puis il perd son père deux ans plus tard en 1924. Il devient mineur émancipé à 19 ans et a pleine jouissance de la fortune familiale. Il hérita de l’entreprise de machines-outils paternelle qui devint connue sous le nom de Toolco.

Il suit des cours de mathématiques et d’ingénierie au California Institute of Technology puis à l’université Rice à Houston qu’il abandonne peu de temps après la mort de son père. Le 1er juin 1925, il se marie avec Ella Botts Rice (1904-1992), avec laquelle il part s’installer dans le quartier de Hollywood à Los Angeles. Sa femme retourna à Houston dès 1929 et obtint ultérieurement le divorce. Hughes aurait déclaré : « Je veux être le plus grand aviateur du monde, le plus grand producteur de cinéma du monde, l’homme le plus riche du monde… ».  Très vite, il s'illustra dans la production de films avec quelques grands succès comme Les Anges de l'enfer (Hell's Angels) (1930), Scarface (1932), The Outlaw (1943). Il devient également célèbre pour ses nombreuses conquêtes féminines parmi lesquelles Cyd Charisse, Joan Crawford, Bette Davis, Billie Dove, Olivia de Havilland, Joan FontaineAva GardnerJean Harlow, Rita Hayworth, Katharine Hepburn, Janet Leigh, Terry Moore, Jean Peters (épouse de 1957 à 1971), Jane Russell, Elizabeth Taylor, Faith Domergue, Gene Tierney et Lana Turner.

Il fut très mal accepté par les grands patrons de studio qui venaient de prendre le contrôle du cinéma au cours des années précédentes. Au début des années 1930, avant l'ascension de Darryl F. Zanuck, tous les dirigeants des grands studios étaient juifs. Ils accusèrent Hughes d'antisémitisme et lui créèrent des difficultés. Autant ils pouvaient accepter les folies personnelles et économiques des Anges de l'enfer, autant il était inacceptable que Hughes débauche Howard Hawks de First National Pictures, qui venait d'être rachetée par la Warner. Les grands patrons firent bloc dans le procès entre Hawks et First National qui se solda finalement par un accord à l'amiable avec la promesse du retour de Hawks après le tournage de Scarface. Il acheta RKO en 1948.

Après la Seconde Guerre mondiale, il se lança dans l’espionnage et les affaires avec la CIA à laquelle il vendit pour sept milliards de dollars de missiles et de matériel électronique. Harry S. Truman dit de lui : « Howard est la cheville ouvrière humaine de la défense aérienne de l'Amérique ». C'est également à cette période que son mental et son physique commencèrent à s'altérer et il passa par de grandes périodes dépressives, voire de prostration. Une vague histoire de relations sentimentales — peut-être au sujet d'Ava Gardner — conduisit un jour le chanteur Frank Sinatra à émettre publiquement et à plusieurs reprises des menaces de mort contre Howard Hughes. Hughes ne porta pas plainte, mais qu'il s'agisse ou non d'une coïncidence, c'est vers cette époque qu'il commença à vivre de façon inhabituelle.

Se méfiant de plus en plus des microbes et de la Mafia1, il commença à se cloîtrer — du moins officiellement — dans son bunker de Beverly Hills. Ses entreprises connurent alors un déclin. Vers 1966, il se reprit et diversifia son empire en rachetant des stations de télévision et une série de casinos à Las Vegas, et surtout en se construisant un empire immobilier à partir de Las Vegas. Il commença par établir ses quartiers d'hôtel en hôtel et, après quelque temps, racheta le Desert Inn de Las Vegas lorsque les propriétaires voulurent l'expulser et s'y établit pour y vivre. Cependant, ses obsessions regagnèrent du terrain et, de 1968 à sa mort, il resta de nouveau cloîtré dans une chambre à Las Vegas, sous la garde vigilante d'infirmiers mormons, vivant comme un reclus. Il était entouré de mormons, qu'il estimait de toute confiance, et dirigea la totalité de ses affaires par télex et par téléphone, phénomène sans précédent dans l'histoire.

Sa misanthropie ne l'empêcha pas de continuer à entretenir des contacts avec la CIA. Au début des années 1970, il participa au projet Jennifer consistant à récupérer le sous-marin soviétique K-129, ayant sombré dans l'océan Pacifique en 1968. Sous couvert de prospection minière, il affréta un bateau, le Glomar Explorer officiellement destiné à prospecter les nodules polymétalliques. En réalité, le bâtiment devait hisser le sous-marin échoué à 5 000 mètres de profondeur. L'opération ne rencontra qu'un succès partiel. Le pouvoir politique du milliardaire était tel qu'on le disait l'homme le plus puissant du monde, dictant ses volontés à des hommes comme John F. KennedyLyndon Johnson ou Richard Nixon.

C'est d'ailleurs à cause d'Howard Hughes qu'aurait eu lieu le Watergate. Lors de la course à la présidence de 1968, Hughes voulut, comme à son habitude, se rapprocher des candidats. Il fit un don de 50 000 dollars au candidat républicain Richard Nixon ainsi qu'au démocrate Hubert HumphreyHumphrey déclara cette somme au fisc, ce que ne fit pas Nixon pour l'ajouter à une caisse noire. Cinq ans plus tard, Nixon déjà président et candidat pour un nouveau mandat eut peur que les démocrates révèlent ce dessous de table non déclaré et organisa le cambriolage du bâtiment démocrate (Water Gate) pour savoir si les démocrates avaient des dossiers à ce sujet ; l'affaire fut révélée et le poussa à démissionner.

En 1970, un écrivain nommé Clifford Irving affirma à la maison d'éditions McGraw-Hill qu'Howard Hughes entendait publier ses mémoires à condition que l'affaire se règle dans le plus grand secret, et qu'il avait désigné Irving comme son intermédiaire. L'affaire fut prise au sérieux par McGraw-Hill et l'exclusivité fut négociée à 750 000 dollars payables en 3 chèques de 250 000 dollars au nom de « H. R. Hughes ». L'éditeur ne se formalisa pas de cette exigence d'un homme déjà considéré comme très excentrique et fournit les trois chèques, qui furent encaissés sur un compte en Suisse ouvert au nom de Helga Rosenkrantz Hughes par la femme d'Irving.

Hughes sortit alors contre toute attente de son silence, et lors d'une téléconférence dénonça une machination et désavoua Irving. Les deux membres du couple ainsi que Dick Süskind — l'homme qui avait aidé Irving afin qu'il puisse écrire son manuscrit — furent jugés. La femme d'Irving ne fut pas condamnée. Süskind fut condamné à six mois de prison tandis qu'Irving fut condamné à une peine de deux ans de prison et à la restitution des sommes versées. Le film le Faussaire avec Richard Gere sorti en 2007 est basé sur cette histoire. Il joue également sur une image de rouerie de Hughes, qui aurait pu menacer ainsi indirectement Nixon par des indices fournis aux auteurs, puis le tirer de ce mauvais pas en désavouant ses propres propos ensuite moyennant contrepartie; cependant le film ne présente cette hypothèse que comme imaginée par Irving.

Hughes passa les huit dernières années de sa vie alité toute la journée en regardant des films, vivant nu, drogué à la morphine puis à la codéine (on lui avait prescrit cette dernière pour soigner des douleurs ostéoarticulaires liées à un grave accident dans un avion qu'il pilotait). Il ne se coupait jamais la barbe, ni les cheveux, ni les ongles. Lors de son décès, Hughes ne pesait plus que quarante kilos, souffrant d’insuffisance rénale et de malnutrition. On ne put l'identifier que par ses empreintes digitales, complétées de témoignages sur l'honneur de son personnel. Passionné d'aviation, Howard Hugues prend ses premiers cours de pilotage à 14 ans. Au début des années 1930, il fonda Hughes Aircraft Company en tant que filiale de Toolco. Son premier projet fut le H-1 racer qu'il pilota et avec lequel il battit plusieurs records de vitesse vers 1935. C'était un appareil dont les lignes épurées et le train d'atterrissage rétractable favorisaient la stabilité et la vitesse. Il battit aussi des records d'endurance. Le 10 juillet 1938, il acheva un tour du monde à bord de son Lockheed L-14 Super Electra Spirit of J&B dans le temps record, pour l'époque, de 91 heures et 14 minutes. Lors de ce tour du monde, il traversa par surprise l'Allemagne nazie malgré l'interdiction d'Adolf Hitler. Il essayait lui-même les prototypes de la Hughes Aircraft Company. De 1929 à sa mort, il allait totaliser quatorze blessures graves à la tête, traumatisant gravement son squelette et son système nerveux.

En 1939, il devint le principal actionnaire de TWA (alors Transcontinental & Western Air, Inc.) une des Big Four – les quatre principales compagnies aériennes américaines – pour 15 millions de dollars. Le projet et le financement du Boeing Stratoliner et du Lockheed L-1049 Constellation qu'il acheta pour TWA. Lorsque le Constellation fut prêt pour son vol de test en 1944, Hughes fit peindre l'avion sous les couleurs rouges de TWA et vola, non-stop, à travers les États-Unis en battant le record de 7 heures qu'il détenait depuis 1937. Bien que les vols réguliers ne fussent pas directs, le Constellation marqua une étape cruciale dans le service aérien qui permettait d'aller d'un océan à l'autre, réduisant la traversée des États-Unis d'environ huit heures. Il créa un groupe d'entreprises qui construisirent des avions militaires, des hélicoptères de combat, des missiles et des satellites, mais aussi des systèmes radar et des équipements militaires et de télécommunication. Sa société Hughes Aircraft Company développa l'hélicoptère de combat Apache et fut finalement rachetée par McDonnell Douglas en 1984.

Filmographie

  • Swell Hogan (1926)
  • Two Arabian Knights (1927)
  • The Mating Call (1928)
  • Les Anges de l'enfer (Hell's Angels) (1930)
  • The Front Page (1931), comédie policière de Lewis Milestone
  • Cock of the Air (1932)
  • Sky Devils (1932)
  • Scarface (1932), film policier de Howard Hawks
  • Le Banni (The Outlaw) (1943) de Howard Hughes
  • Oh quel mercredi ! (The Sin of Harold Diddlebock ou Mad Wednesday), comédie de Preston Sturges (1947)
  • Vendetta (1950)
  • The Whip Hand (1951)
  • Les Coulisses de Broadway (Two Tickets to Broadway) (1951)
  • The Las Vegas Story (1952)
  • The Big Sky (La Captive aux yeux clairs) (1952), film de Howard Hawks
  • Second Chance (Passion sous les tropiques) (1953), film policier de Rudolph Maté
  • Louisiana Territory (1953)
  • French Line (The french line) (1954)
  • Son of Sinbad (1955)
  • La Vénus des mers chaudes (Underwater) (1955)
  • The Conqueror (Le Conquérant) (1956)
  • Jet Pilot (Les espions s'amusent) (1957), comédie dramatique de Josef von Sternberg
  • Hatari (1962) réalisé par Howard Hawks

 

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