Hudal Alois

Publié le par Mémoires de Guerre

Alois Hudal, né à Graz, le 31 mai 1885 et mort à Rome, le 13 mai 1963 est un évêque catholique autrichien, surtout connu pour avoir jusqu'au bout défendu une synthèse entre catholicisme et national-socialisme, et pour avoir facilité la fuite de plusieurs criminels nazis vers l'Amérique du Sud. 

Hudal Alois
Hudal Alois

Fils d'un fabricant de chaussures, il étudie la théologie à Graz et est ordonné prêtre en 1908. Après un premier doctorat en théologie (1911), il va à Rome (1911-1913), où il en obtint un second pour une mémoire sur Die religioesen und sittlichen Ideen des Spruchbuches (Les idées religieuses et morales du livre des Proverbes). Il revint ensuite à Graz. Il est aumônier militaire assistant pendant la Première Guerre mondiale. Dans ses sermons aux soldats publiés en 1917, il exprime l'idée que "la loyauté au drapeau est la loyauté à Dieu", tout en mettant en garde contre le "national chauvinisme". Il retourna à Rome en 1923 quand il est nommé recteur du Collège Teutonique de Santa Maria dell'Anima, qui héberge des religieux allemands et autrichiens. C'est l'ambassadeur d'Autriche Ludwig von Pastor soucieux de ne pas laisser cette fonction à un allemand qui semble avoir été à l'origine de sa nomination.

En 1930, le cardinal Merry del Val, préfet de la Congrégation du Saint-Office le nomme consultant du Saint Office. En juin 1933, le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII, l'ordonne évêque titulaire d'Æla (évêché in partibus infidelium de Syrie). Il s'agit d'un titre honorifique, Alois Hudal conservant sa fonction de recteur à Rome. C'est à cette époque qu'il embrasse le nationalisme pan-germanique qu'il avait auparavant condamné. Ses invectives contre les juifs qu'il accuse de vouloir dominer les monde deviennent alors plus fréquentes. Il souhaite aussi l'émergence d'une armée chrétienne pour envahir la Russie et éliminer la menace bolchévique de Rome.

En 1937, il publie "Les Fondements du national-socialisme" (Die Grundlagen des Nationalsozialismus, Leipzig - Vienne, 1937), dans lequel il essaye de trouver un compromis entre le catholicisme et une vision « chrétienne » et « conservatrice » du nazisme. Ce livre est en opposition frontale avec la politique étrangère du pape Pie XI qui fait paraitre la même année l'encyclique Mit brennender Sorge condamnant le nazisme et il provoque sa mise à l'écart du Vatican. Alois Hudal s'isole alors dans son collège. Certains historiens l'accusent d'avoir été un agent du renseignement nazi pendant la seconde guerre mondiale, via le SS Walter Rauff.

Après la guerre, il devient l'un des principaux organisateurs de la filière d'exfiltration des criminels nazis vers l'Amérique du Sud à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. C'est grâce à cette filière que Adolf Eichmann, Gustav Wagner, Alois Brunner, Erich Priebke, Eduard Roschmann, Franz Stangl, Walter Rauff, Klaus Barbie, Joseph Mengele, parmi d'autres ont pu échapper aux poursuites. De même, certains nazis, comme l'autrichien Otto Wächter ont pu vivre à Rome après la guerre en toute impunité grâce à la protection de Hudal. Ces activités finissent par causer un scandale révélé en 1947 par un journal bavarois. Alois Hudal est finalement contraint de démissionner de sa fonction de recteur du collège Santa Maria dell'Anima en 1952. Il passe ses dernières années à Grottaferrata, n'ayant jamais regretté ses actes.

Publié dans Eclésiastiques

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