Hopkins Harry

Publié le par Roger Cousin

Hopkins HarryHarry Hopkins (né le 17 août 1890, mort le 29 janvier 1946) était un homme politique américain qui fut notamment l'un des plus proches conseillers de Franklin Delano Roosevelt. Il fut en autre l'un des précurseurs du New Deal et de programmes qui lui furent rattachés, comme la Works Progress Administration qu'il dirigea et transforma en premier employeur des États-Unis. Durant la Seconde Guerre mondiale, il devint conseiller diplomatique en chef et médiateur de Roosevelt, et joua un rôle clé dans l'élaboration du Lend-Lease, destiné aux alliés.

Hopkins naquit dans l'Iowa où il suivit ses études jusqu'au Grinnell College dont il fut diplômé en 1912. Après ses études universitaires, il travailla dans différents départements d'aide sociale à New York. Il rencontra Franklin Delano Roosevelt alors que ce dernier était Gouverneur de l'État de New York, à la fin des années 1920. Il fut ensuite confirmé dans ses fonctions après 1932, auprès du Président. Fort de son expérience des services sociaux de New York, il devint l'un des principaux théoriciens et responsables du New Deal. Il devint brièvement Secrétaire au Commerce entre décembre 1938 et septembre 1940 puis devint le principal conseiller de Roosevelt après son départ du Cabinet.

En mars 1933, Roosevelt nomma Hopkins administrateur fédéral de l'assistance publique à Washington. Convaincu que le travail salarié était plus valorisant d'un point de vue psychologique que la distributions d'aides (la Dole), Hopkins chercha à poursuivre et généraliser les programmes d'assistance aux travailleurs du gouvernement Hoover, et en particulier la FERA. Il supervisa ainsi la FERA, la Civil Works Administration (CWA) et la Works Progress Administration (WPA). Plus de 90% des personnes employées par Hopkins étaient au chômage, ou assistées. Son rival, Harold LeClair Ickes, créa un programme rival, la Public Works Administration, qui pourvoyait également des emplois, mais n'exigeait pas que les employées soient au chômage ou assistés. Hopkins créa ensuite des programmes en faveur de la jeunesse (National Youth Administration) ainsi que les artistes et les écrivains (Federal One Program).

Le FERA, qui fonctionna entre 1933 et 1935 était un avatar de programme d'assistance de Hoover, et imposait de fournir de l'argent aux localités pour gérer l'aide aux travailleurs. La CWA fonctionna selon le même principe, mais se concentra sur des projets de court-terme (tels que les travaux de maintenance). La WPA fonctionnait d'une manière totalement nouvelle, puisqu'elle était autonome : elle sélectionnait ainsi les projets avec la coopération des instances locales et fédérales, mais les administrait avec son propre personnel et ses propres moyens. Il travailla avec Eleanor Roosevelt pour diffuser et défendre les programmes d'aide du New Deal. Il se consacra par la suite aux villes les plus touchées par la Grande Dépression. Des critiques s'élevèrent contre la WPA, qui, avec deux millions d'employés, votait à 90% en faveur des démocrates : on l'accusa ainsi d'être la première machine politique du pays. D'autre disent que les chefs d'entreprises avaient initié son action plusieurs décennies avant lui. Sa campagne présidentielle pour 1940 ne put avoir lieu à cause Hatch Act qui rendait illégale toute utilisation du WPA à des fins politiques.

Dès le printemps 1941, Hopkins se rendit en Grande-Bretagne pour y rencontrer Churchill puis, en juillet , à Moscou pour y rencontrer Staline. Hopkins incita le Président à une politique d'intransigeance vis à vis du Reich pour obliger Hitler à rentrer en guerre lui-même contre les États-Unis, parce que l'opinion publique américaine y était résolument hostile : ainsi, il proposa à Roosevelt la loi prêt-bail, en mars 1941, qui permit aux États-Unis de fournir gratuitement de l'armement à la Grand-Bretagne, exsangue financièrement, puis d'escorter par la marine américaine les convois à travers l'Atlantique, alors que les États-Unis restaient théoriquement neutres. Ces escortes provoquèrent des incidents constants avec les U-Boote et conduisirent à la guerre. Après l'attaque contre l'Union Soviétique, il étendit immédiatement le Prêt-Bail à ce pays et en garda la gestion pendant toute la durée de la guerre. Après l'attaque de Pearl Harbor, il incita Roosevelt à donner la priorité absolue à la lutte contre le Reich en Europe au lieu du Pacifique.

En 1943, Hopkins participa aux conférences de Casablanca, du Caire et de Téhéran. Durant cette période, la parole d'Hopkins valant pour celle de Roosevelt, il put rencontrer Staline sans demander d'audience et Pie XII l'honora du protocole d'un chef d'État, du fait de son statut d'éminence grise : en février 1945, Pie XII le reçut pour le mettre en garde contre le danger communiste juste avant la Conférence de Yalta. Après la mort de Roosevelt, Truman le garda à ses côtés et il participa très activement à la conférence de Potsdam. Il était imprégné du même état d'esprit que Roosevelt en croyant en la pérénnité de l'alliance soviéto-américaine. Sa disparition fut concomitante à la rupture progressive de cette alliance.

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