Havilland Olivia de

Publié le par Roger Cousin

Olivia Mary de Havilland, née le 1er juillet 1916 à Tokyo, est une actrice américaine d'origine anglaise. Olivia est la fille de parents anglais, l'avocat Walter De Havilland et l'actrice Lillian Fontaine. Sa sœur n'est autre que Joan Fontaine (née en 1917). Son père est le demi-frère de Charles de Havilland, père de Sir Geoffrey de Havilland, pionnier de l'aviation, fondateur de la De Havilland Aircraft Company. La famille De Havilland déménagea de Tokyo lorsque Olivia avait deux ans, pour s'installer à Saratoga, en Californie. Elle alla à l'école de Los Gatos High School et le couvent de Notre Dame à Belmont.

Havilland Olivia deHavilland Olivia de

Sa carrière démarra dans Alibi Ike avec Joe E. Brown en 1935. Elle apparaît par le rôle de Hermia dans Le Songe d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Dream), sa première pièce de théâtre, à l'Hollywood Bowl. On fit ensuite de cette pièce un film avec la même distribution. De Havilland partagea l'affiche avec Errol Flynn dans de nombreux films populaires tels que Capitaine Blood (Capitain Blood), La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade) en 1936, et devint Dame Mariane dans Les Aventures de Robin des Bois (The Adventure of Robin Hood) en 1938. Elle prête ses traits à Melanie Wilkes dans Autant en Emporte le Vent (Gone with the Wind) en 1939, et en reçoit une nomination pour l'oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (que Hattie McDaniel jouant Mama dans le même film, remportera).

En 1941, elle est naturalisée citoyenne américaine. Elle et sa sœur sont chacune sélectionnées pour l'oscar de la meilleure actrice en 1942. Ce fut Joan qui l'emporta pour son rôle dans Soupçons (Suspicion) d'Alfred Hitchcock face à la candidature de sa sœur pour Par la porte d'or (Hold Back the Dawn). Le biographe Charles Higham décrivant les évènements de cette cérémonie, déclara que Fontaine s'avançant pour recevoir sa récompense, a singulièrement rejeté les tentatives de félicitations que voulait lui adresser Olivia, et que celle-ci fut blessée et embarrassée par un tel comportement. Il expliqua que les sœurs avaient une relation compliquée, et que bien que toutes deux aient refusé de commenter l'incident, déclara que cet épisode était le catalyseur de ce qui se veut être deux vies remplies de querelles. Les deux femmes sont restées en mauvais termes depuis ce jour.

Pendant la même époque, Olivia devint de plus en plus frustrée par les rôles qui lui étaient assignés. Elle estima être capable de jouer d'autres rôles que les sages demoiselles en détresse stéréotypées et commença à rejeter les scénarios proposés pour ce type de personnages. À cause de la loi permettant aux studios de suspendre les contrats des acteurs en cas de rejet d'un rôle, la période de suspension fut ajoutée à la durée du contrat. En théorie, ceci permettait à un studio de maintenir indéfiniment son contrôle sur un contractuel. Rares furent ceux qui essayèrent de modifier le système ; Bette Davis, avec qui elle était amie, intenta un infructueux procès à la Warner Bros. durant les années 1930. N'acceptant plus cette situation, Olivia De Havilland leur en intenta un dans les années 1940 et celui-ci porta ses fruits ; de ce fait, le pouvoir des studios fut réduit et étendit la liberté des acteurs. Cette décision fut l'un des actes légaux les plus importants et de plus grande envergure jusqu'alors à Hollywood. Le courage d'Olivia en intentant ce procès lui valut le respect et l'admiration de ses collègues.

La qualité et la variété de ses rôles commence à s'améliorer. Après trois années d'absence, elle fait son retour dans À chacun son destin (1946). Dans le rôle d'une mère qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, tente de retrouver son fils, elle obtient l'oscar de la meilleure actrice. Les critiques sont élogieuses envers ses nouveaux rôles. James Agee, dans sa critique de La Double Enigme, note qu'elle est « l'une des plus jolies femmes dans les films. Elle ne possède pas un talent remarquable mais son jeu est sérieux, calme, minutieux et bien soutenu... un vrai plaisir à contempler. » Les critiques sont unanimes quant à sa prestation dans La Fosse aux serpents (1948). Ce film est l'un des premiers à tenter de réaliser un portrait réaliste de la maladie mentale et Olivia de Havilland est louée pour sa volonté de jouer un personnage totalement dénué de glamour et d'être confrontée à tant de sujets controversés. Elle remporte un deuxième oscar pour L'Héritière en 1950. Son interprétation d'une jeune fille riche qui prend conscience que seul son argent intéresse ses soupirants est, selon les critiques, « remarquable » et « à glacer le sang. »

Elle tourne de moins en moins de films à partir des années 1950. Elle refuse le rôle de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir parce que « je venais de donner naissance à mon fils et je ne pouvais plus le faire » et non parce qu'elle aurait trouvé le script immoral comme cela a été rapporté. Le rôle est finalement attribué à sa partenaire d'Autant en emporte le vent, Vivien Leigh, pour lequel elle remporte un oscar. Elle est nommée pour un Golden Globe pour sa performance dans Ma cousine Rachel (1952) aux côtés de Richard Burton. Elle est ensuite dirigée par Terence Young dans La Princesse d'Eboli (1955) et Stanley Kramer dans Pour que vivent les hommes (également en 1955) où elle donne la réplique à Robert Mitchum et Frank Sinatra. En 1964, elle joue, dans le thriller Une femme dans une cage, une femme handicapée persécutée par un groupe de jeunes. La même année, elle donne la réplique à Bette Davis qui la choisit pour succéder à Joan Crawford dans Chut... chut, chère Charlotte. En 1965, elle devint la première femme à être présidente du jury au Festival de Cannes.

Vivant à Paris depuis 1953, elle vit à l'écart du monde du cinéma. Elle a déclaré travailler sur une autobiographie. Elle présenta la 75e cérémonie des oscars en 2003. Turner Classic Movies a diffusé un documentaire rétrospectif nommé Melanie Remembers et dans lequel Olivia de Havilland est interviewée pour le 65e anniversaire de la sortie de Autant en emporte le vent. À 88 ans, elle se remémore tous les détails de son casting (elle était en contrat avec la Warner qui refusait d'abord de la prêter à Selznick) et du tournage. Elle reçoit la Légion d'honneur le 9 septembre 2010. Lors de la cérémonie des César du 25 février 2011 au théâtre du Châtelet où elle est présente, la profession du cinéma lui rend hommage par une ovation debout.

Olivia de Havilland épouse en 1946 le romancier américain Marcus Goodrich. Elle donne naissance à un fils Benjamin (1949-1991) qui devint mathématicien. Elle divorce en 1954 et épouse en secondes noces, en 1955, en Sologne, le journaliste français Pierre Paul Galante dont elle divorce en 1979. De cette union naitra Gisèle, née en 1956, qui se consacre au journalisme.

videoFilmographie

  • 1935 : Alibi Ike de Ray Enright : Dolly Stevens
  • 1935 : Tête chaude (The Irish in Us) de Lloyd Bacon : Lucille Jackson
  • 1935 : Le Songe d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Dream) de William Dieterle et Max Reinhardt : Hermia
  • 1935 : Capitaine Blood (Captain Blood) de Michael Curtiz : Arabella Bishop
  • 1935 : A Dream Comes True de George Bilson (Court-métrage) : Elle-même
  • 1936 : Anthony Adverse de Mervyn LeRoy : Angela Giuseppe
  • 1936 : La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade) de Michael Curtiz : Elsa Campbell
  • 1936 : The Making of a Great Motion Picture (court-métrage) : Elle-même
  • 1937 : Une journée de printemps (Call It a Day) de Archie Mayo : Catherine « Cath » Hilton
  • 1937 : L'Aventure de minuit (It's Love I'm After) de Archie Mayo : Marcia West
  • 1937 : Le Grand Garrick (The Great Garrick) de James Whale  : Germaine de la Corbe
  • 1938 : La Bataille de l'or (Gold Is Where You Find It) de Michael Curtiz : Serena « Sprat » Ferris
  • 1938 : Les Aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood) de Michael Curtiz : Dame Marianne
  • 1938 : Quatre au paradis (Four's a Crowd) de Michael Curtiz : Lorri Dillingwell
  • 1938 : Une enfant terrible (Hard to Get) de Ray Enright : Margaret « Maggie » Richards
  • 1939 : A Day at Santa Anita (Court-métrage) de Crane Wilbur : Elle-même
  • 1939 : Les Ailes de la flotte (Wings of the Navy) de Lloyd Bacon : Irene Dale
  • 1939 : Les Conquérants (Dodge City) de Michael Curtiz : Abbie Irving
  • 1939 : La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre (The Private Lives of Elizabeth and Essex) de Michael Curtiz : Lady Penelope Gray
  • 1939 : Autant en emporte le vent (Gone with the Wind) de Victor Fleming : Melanie Hamilton
  • 1939 : Raffles, gentleman cambrioleur (Raffles) de Sam Wood : Gwen
  • 1940 : My Love Came Back de Curtis Bernhardt : Amelia Cornell
  • 1940 : La Piste de Santa Fe (Santa Fe Trail) de Michael Curtiz : Kit Carson Holliday
  • 1941 : The Strawberry Blonde de Raoul Walsh : Amy Lind Grimes
  • 1941 : Par la porte d'or (Hold Back the Dawn) de Mitchell Leisen : Emily Agnes « Emmy » Brown
  • 1941 : La Charge fantastique (They Died with Their Boots On) de Raoul Walsh : Elizabeth Bacon
  • 1942 : The Male Animal de Elliott Nugent : Ellen Turner
  • 1942 : L'amour n'est pas en jeu (In this our life) de John Huston : Roy Timberlake Kingsmill
  • 1943 : Show Business at War (Court-métrage) de Louis De Rochemont : Elle-même
  • 1943 : La Petite Exilée (Princess O'Rourke) de Norman Krasna : Princesse Maria
  • 1943 : Remerciez votre bonne étoile (Thank Your Lucky Stars) de David Butler : Elle-même
  • 1943 : L'Exubérante Smoky (Government Girl) de Dudley Nichols : Elizabeth « Smokey » Allard
  • 1946 : À chacun son destin (To Each His Own) de Mitchell Leisen : Miss Josephine Norris
  • 1946 : La Vie passionnée des sœurs Brontë Devotion de Curtis Bernhardt : Charlotte Brontë
  • 1946 : Champagne pour deux (The Well-Groomed Bride) de Sidney Lanfield : Margie Dawson
  • 1946 : La Double Enigme (The Dark Mirror) de Robert Siodmak : Terry/Ruth Collins
  • 1948 : La Fosse aux serpents (The Snake Pit) de Anatole Litvak : Virginia Stuart Cunningham
  • 1949 : L'Héritière (The Heiress) de William Wyler : Catherine Sloper
  • 1952 : Ma cousine Rachel (My Cousin Rachel) de Henry Koster : Rachel
  • 1955 : La Princesse d'Eboli (That Lady) de Terence Young : Ana de Mendoza
  • 1955 : Pour que vivent les hommes (Not as a Stranger) de Stanley Kramer : Kristina Hedvigson
  • 1956 : La Fille de l'ambassadeur (The Ambassador's Daughter) de Norman Krasna : Joan Fisk
  • 1958 : Le Fier Rebelle (The Proud Rebel) de Michael Curtiz : Linnett Moore
  • 1959 : La nuit est mon ennemie (Libel) de Anthony Asquith : Lady Margaret Loddon
  • 1962 : Lumière sur la piazza (Light in the Piazza) de Guy Green : Meg Johnson
  • 1964 : Une femme dans une cage (Lady in a Cage) de Walter Grauman : Cornelia Hilyard
  • 1964 : Chut... chut, chère Charlotte (Hush… Hush, Sweet Charlotte) de Robert Aldrich : Miriam Deering
  • 1970 : Les Derniers Aventuriers (The Adventurers) de Lewis Gilbert : Deborah Hadley
  • 1972 : Jeanne, papesse du diable (Pope Joan) de Michael Anderson : Mère supérieure
  • 1977 : Les Naufragés du 747 (Airport '77) de Jerry Jameson : Emily Livingston
  • 1978 : L'Inévitable Catastrophe (The Swarm) de Irwin Allen : Maureen Schuster
  • 1979 : Le Cinquième Mousquetaire (The Fifth Musketeer) de Ken Annakin : La Reine mère
  • 2009 : I Remember Better When I Paint (Documentaire) de Eric Ellena et Berna Huebner : Narratrice

Télévision3Télévision

  • 1965 : La Grande Vallée (The Big Valley) (Série TV) : Mme Hadley
  • 1966 : ABC Stage 67 (Série TV) : Ellie Thompson
  • 1968 : The Danny Thomas Hour (Série TV) : Deborah Rubin
  • 1972 : L'Enterrée Vive (The Screaming Woman) (Téléfilm) : Laura Wynant
  • 1979 : Racines: les Nouvelles génération (Roots: The Next Generations) (Série TV) : Mme Warner
  • 1981 : La croisière s'amuse (The Love Boat) (Série TV) : Tante Hilly
  • 1982 : Un meurtre est-il facile ? (Murder Is Easy) (Téléfilm) : Honoria Waynflete
  • 1982 : The Royal Romance of Charles and Diana (Téléfilm) : La Reine mère
  • 1986 : Nord et Sud 2 (North and South II) (Feuilleton TV) : Mme Neal
  • 1986 : Anastasia : Le Mystère d'Anna (Anastasia: The Mystery of Anna) (Téléfilm) : L'impératrice douairière Maria Fedorovna
  • 1988 : The Woman He Loved (Téléfilm) : Tante Bessie Merryman

Publié dans Acteurs et Actrices

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