Guderian Heinz

Publié le par Roger Cousin

Heinz Guderian (17 juin 1888 à Kulm, de nos jours Chelmno en Pologne - Schwangau en Bavière 14 mai 1954) fut un officier général allemand. Il est connu comme un des créateurs des Panzer de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, appliquant la doctrine de la guerre éclair (Blitzkrieg) pour les chars d’assaut lors des campagnes de France et d'URSS.

Guderian Heinz

Il était l’une des rares personnes qui osaient discuter les décisions et défendre son point de vue sur des sujets stratégiques avec Adolf Hitler. Guderian était issu d’une vieille famille militaire prussienne et son père Friedrich Guderian (1858–1914) était général. De 1901 à 1907 il suivit plusieurs écoles militaires avant d’entrer à l’armée comme enseigne dans le bataillon hanovrien commandé par son père. En 1911 il fut transféré dans le troisième bataillon de télégraphie. En 1913, il épousa Margarete Goerne avec laquelle il eut deux fils. Pendant la Première Guerre mondiale, il servit comme officier de signalisation puis à l’état-major. C’est là qu’il comprit la futilité de la guerre des tranchées et les avantages d’une bonne communication radio sur le champ de bataille.

Après la guerre, il resta avec la nouvelle force réorganisée de cent mille hommes mise en place par le traité de Versailles, la Reichswehr, où il se spécialisa dans la guerre motorisée. Parlant couramment l’anglais et le français, il étudia et fut influencé par J.F.C. Fuller et dans une moindre mesure par Liddell Hart, qu’il traduisit. Il fut aussi intéressé par la doctrine développée par le jeune officier français Charles de Gaulle. Il s'en inspire et théorise l'emploi des blindés dans la Wehrmacht ! Il définit aussi les principes et les caractéristiques des blindés. De ses recommandations naitront le Panzer III et le Panzer IV. Il est le père de ce qui sera appelé plus tard la guerre éclair. Il rédige l'ouvrage référence Achtung Panzer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit comme commandant du XIXe corps d’armée dans la campagne de Pologne et de France. Il participa à la mise au point du plan d'attaque de la France d'après une idée initiale de Manstein.

Il défendit l'idée qu'il faut utiliser le maximum de blindés pour percer les lignes ennemies. Il commanda la 19ème Panzerdivision en tête de l’effort principal lors de la Percée de Sedan et durant la campagne de France (« Fall Gelb »). Lors de l'invasion de l'U.R.S.S. (opération Barbarossa) il fut à la tête du Panzergruppe 2 - renommé, à partir du 5 octobre 1941, la seconde armée panzer (2. Panzer-Armee). A la fin de l'été il s'opposa à Hitler : il défendit l'idée d'une attaque directe sur Moscou avant l'arrivée du mauvais temps alors qu'Hitler décida de concentrer ses forces sur Kiev et l'Ukraine. En décembre, les blindés de Guderian s'approchèrent de la capitale soviétique et échouèrent à une vingtaine de kilomètres suite à la contre-attaque de l'Armée Rouge. Guderian fut alors limogé par Hitler et transféré dans la réserve de l’Oberkommando des Heeres. Guderian vécu une période de disgrâce jusqu'à ce qu'il soit nommé, à partir du 1er mars 1943, au poste sur mesure d'inspecteur général des troupes blindées. Sous son impulsion, la production de canons d'assaut l’emporta sur celle de chars.

Le canon d’assaut, à la fois mobile, très protégé et bien armé tout en étant plus facile à produire qu’un char à tourelle, avait pour but de briser les attaques de chars soviétiques. Incorporé dans les divisions motorisées (panzergrenadieren) et les unités d’infanterie, il permit pour une grande part d’éviter la rupture du front à l’est. Les armées occidentales en gardèrent des souvenirs cuisants. Contre l'avis d'Hitler, Guderian préconisa la production exclusive de Panzer IV à la place des Panzer V "Panther" qu'il jugeait trop long et coûteux à produire. Ses recommandations ne furent pas appliquées.

Le lendemain de l'Attentat du 20 juillet 1944, Guderian, qui était considéré comme l'un des plus nazis des généraux allemands, devint chef de l’état-major de l’armée de terre (OKH) en remplacement de Kurt Zeitzler. Guderian fut également responsable du tribunal militaire chargé de purger l'armée à la suite de l'attentat du 20 Juillet. Guderian supervisa les opérations du front est de l'automne 44. S'opposant de plus en plus à Hitler - par exemple sur les opérations en Hongrie -, il fut finalement limogé le 28 mars 1945.

Il fut fait prisonnier par les Américains le 10 mai 1945 et libéré le 17 juin 1948 malgré les protestations des gouvernements soviétique et polonais. Lors du procès de Nuremberg, il ne fut pas reconnu coupable de crimes de guerre, ses actions ayant été jugées cohérentes pour un soldat professionnel. Son fils Heinz Günther Guderian (23 août 1914 – 25 septembre 2004) fut un officier de la Wehrmacht puis après la guerre, officier, Major Général et Inspecteur des troupes blindées de la Bundeswehr et de l'OTAN.

Décorations

  • Croix de fer (1914), 2e Classe (17 septembre 1914), 1re Classe (8 novembre 1916)
  • Croix d'honneur pour les combattants 1914-1918 en 1934
  • Médaille de l'Anschluss (13 mars 1938)
  • Médaille des Sudètes avec barrette du château de Prague (1er octobre 1938)
  • Agrafe de la Croix de fer (1939), 2e Classe (5 septembre 1939), 1re Classe (13 septembre 1939)
  • Insigne de combat des blindés en Argent
  • Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne
  • Croix de chevalier le 27 octobre 1939 en tant que General der Panzertruppe et commandant du XIX. Armeekorps40
  • 24e feuilles de chêne le 17 juillet 1941 en tant que Generaloberst et commandant du Panzergruppe 241
  • Mentionné par 5 fois dans le bulletin radiophonique Wehrmachtbericht (6 août 1941, 7 août 1941, 21 septembre 1941, 18 octobre 1941 et 19 octobre 1941)

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