Gouvernement Paul Reynaud

Publié le par Roger Cousin

Reynaud Paul Le gouvernement Paul Reynaud (21 mars - 16 juin 1940) est l'avant-dernier gouvernement de la Troisième République. À partir de la fin du mois de mai 1940, un conflit s'y déroule entre les partisans de l'armistice avec l'Allemagne et ceux qui souhaitent poursuivre la guerre. C'est à l'issue de sa réunion à Bordeaux le 16 juin que les premiers l'emportent et que Paul Reynaud présente sa démission au président de la République Albert Lebrun.







Composition :

 

Vice-présidents du conseil 


Ministres :

  • Ministre de la Défense nationale et de la Guerre : Édouard Daladier (PRS) jusqu'au 18 mai, puis Paul Reynaud.
  • Ministre des Affaires étrangères : Paul Reynaud jusqu'au 18 mai, puis Édouard Daladier jusqu'au 5 juin, puis de nouveau Paul Reynaud.
  • Ministre de l'Intérieur : Henri Roy (PRS) jusqu'au 18 mai, puis Georges Mandel.
  • Ministre des Armements : Raoul Dautry
  • Ministre des Finances : Lucien Lamoureux (PRS) jusqu'au 5 juin, puis Yves Bouthillier
  • Ministre du Travail : Charles Pomaret (USR)
  • Ministre de la Justice : Albert Sérol (SFIO)
  • Ministre de la Marine militaire : César Campinchi (PRS)
  • Ministre de la Marine marchande : Alphonse Rio (USR)
  • Ministre de l'Air : Laurent Eynac (PRS)
  • Ministre de l'Éducation nationale : Albert Sarraut (PRS) jusqu'au 5 juin, puis Yvon Delbos (PRS)
  • Ministre des Anciens combattants et des pensions : Albert Rivière (SFIO)
  • Ministre de l'Agriculture : Paul Thellier (AD)
  • Ministre du Ravitaillement : Henri Queuille (PRS)
  • Ministre des Colonies : Georges Mandel jusqu'au 18 mai, puis Louis Rollin
  • Ministre des Travaux publics : Anatole de Monzie (USR) jusqu'au 5 juin, puis Ludovic-Oscar Frossard (USR)
  • Ministre de la Santé publique : Marcel Héraud (AD) jusqu'au 5 juin, puis Georges Pernot (FR) qui prend le titre de ministre de la Famille française.
  • Ministre des Postes, Télégraphe, Téléphone et Transmissions : Alfred Jules-Julien (PRS)
  • Ministre de l'Information : Ludovic-Oscar Frossard jusqu'au 5 juin, puis Jean Prouvost
  • Ministre du Commerce et de l'Industrie : Louis Rollin (AD) jusqu'au 18 mai, puis Léon Baréty (AD) jusqu'au 5 juin, puis Albert Chichery (PRS)
  • Ministre du Blocus : Georges Monnet (SFIO)
  • Ministres d'État (à partir du 10 mai) : Louis Marin (FR) et Jean Ybarnegaray (PSF)


Sous-secrétaire d'État :

  • Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil : Paul Baudouin (du 30 mars au 6 juin)
  • Sous-secrétaire d'État à la vice présidence du Conseil : Robert Schuman (PDP)
  • Sous-secrétaire d'État à la Défense nationale et de la Guerre : Hippolyte Ducos (PRS) (jusqu'au 10 mai) puis Charles de Gaulle, à partir du 6 juin
  • Sous-secrétaire d'État à l'Intérieur : Louis Jacquinot (AD) (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État à l'Économie nationale : René Hachette (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État aux Finances : Joseph Laniel (AD) (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics : André Février (SFIO) (à partir du 5 juin)
  • Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères : Auguste Champetier de Ribes (PDP) (jusqu'au 10 mai) puis Paul Baudouin (à partir du 6 juin)
  • Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics : Fabien Albertin (SFIO) (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État à l'Armement : François Blancho (SFIO) (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État aux Fabrications de l'air : Jules Meny
  • Sous-secrétaire d'État à l'Information : André Février (du 21 mars au 5 juin)
  • Sous-secrétaire d'État à la Marine marchande : Noël Pinelli (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie : Amaury de la Grange (jusqu'au 10 mai)
  • Sous-secrétaire d'État à la Marine militaire : Jean Le Cour-Grandmaison (21-22 mars 1940)


Siège du gouvernement

Devant la rapidité de l'invasion allemande, le gouvernement Reynaud déplace son siège hors de Paris. Le 10 juin, Paris est déclarée ville ouverte et est évacuée par les ministres. Le gouvernement se déplace alors dans la région de Tours, où il hésite entre prendre la direction de la Bretagne ou celle du sud-ouest. Finalement, c'est vers Bordeaux que se transportent de nouveau les ministres le 14 juin.

Dans l'après-midi du 16 juin, Paul Reynaud réunit le gouvernement pour lui soumettre le projet d'union des nations française et britannique, conçu par Jean Monnet et que le gouvernement de Churchill vient d'accepter à Londres (où se trouve alors le général de Gaulle). Mais il est refusé par une majorité des présents, et à la place est acceptée la proposition de Camille Chautemps consistant à demander à l'Allemagne ses conditions pour un armistice.

Les ministres se divisent alors en une dizaine de partisans de la poursuite de la guerre (Paul Reynaud, Georges Mandel, César Campinchi, Louis Marin...), environ sept fermes partisans de l'armistice (Philippe Pétain, Yves Bouthillier, Jean Prouvost, Jean Ybarnegaray...), et des indécis plutôt marqués par le climat d'effondrement. Cependant la question n'a pas donné lieu à un vote formel.


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