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Youri Ivanovitch Drozdov, né le 19 septembre 1925 à Minsk, Général-major du KGB à la retraite, ancien haut dignitaire du KGB de l'URSS. Père : Ivan Dmitriyévitch Drozdov, officier de l’armée russe impériale (décoré de la croix de Saint Georges), ensuite de l’armée rouge, ancien combattant de la Guerre civile et de la Grande guerre Patriotique. 

 

Drozdov Youri Ivanovitch
Drozdov Youri Ivanovitch
Drozdov Youri Ivanovitch
Drozdov Youri Ivanovitch

Mère : Anastassia Kouzminitchna Pankévitch, fille d’un gardien de verger en Biélorussie. Les parents de Youri Drozdov ont fini leurs jours dans la ville de Kazan au Tatarstan. De 1925 et jusqu’en 1937 le jeune Youri a vécu en Biélorussie à Minsk. En 1937 son officier de père a été muté en Ukraine de l’Est, à Kharkov. Toute sa famille l’a suivi. En Ukraine, le jeune Youri a appris la langue ukrainienne. Ayant une santé fragile, Youri a été envoyé par son père dans une colonie de vacances militarisée où pour la première fois, à l’âge de 14 ans, il a commencé de s’intéresser à l’artillerie. Il entre à l’âge de 15 ans, en 1940, dans une école secondaire spécialisée en artillerie. L'école est évacuée au début de la Grande guerre patriotique, le 22 juin 1941, au Kazakhstan. Après le bac spécialisé militaire, le sergent Youri Drozdov poursuit au Kazakhstan jusqu’en 1944 sa formation à l’école d’artillerie n°1 de Léningrad, transférée dans la ville d’Enguelsk. Diplômé de l’école militaire, le sous-lieutenant Drozdov se retrouve à l’âge de 19 ans commandant d’une unité d’artillerie sur le premier front biélorusse en 1944. C’est en Pologne, dans un hôpital de Varsovie, qu’il rencontre sa future épouse – une infirmière du nom de Lioudmila Alexandrovna Youdénitch qui lui donne par la suite deux fils. Décoré à maintes reprises, le jeune Youri Drozdov, comme sa future femme, termine la guerre à Berlin; il continue ensuite son service en Allemagne dans la zone d'occupation soviétique. Après son retour d’Allemagne, le jeune officier Youri Drozdov sert dans la circonscription militaire des pays baltes comme aide-de-camp du chef d’état-major d’un régiment d’artillerie.

En 1952, l’officier Drozdov entre à l’Institut militaire supérieur des langues étrangères à Moscou – un des viviers des services spéciaux soviétiques. L’élève officier est rattaché à la faculté n°4 - spécialisée en « opérations de sape psychologique des troupes et populations étrangères » - où il apprend l’allemand et l’anglais. L’espion de carrière Drozdov est resté en service au KGB pendant 35 ans de 1956 au 1991, ayant fini au grade militaire de Général et au poste du Directeur adjoint des renseignements extérieurs du KGB. Après la formation à l’Institut militaire supérieur des langues étrangères à Moscou en 1956, l’officier Youri Drozdov a quitté la liste des personnels du ministère de la défense pour rejoindre celle du Comité de la sécurité d’Etat – le KGB où il a suivi, au début, une courte formation spécialisée en espionnage politique. En 1957, l’élément opérationnel subalterne du KGB frais émoulu Drozdov avec sa famille est rapidement envoyé en mission en Allemagne communiste – la RDA. Sous le faux nom de Dragov il a travaillé pendant 6 ans dans le département des « illégaux » (la ligne « N ») de la représentation officielle du KGB à Berlin auprès du ministère de la sécurité d’EtatStasi ») de la RDA. A son retour de la RDA et diversement apprécié par la hiérarchie du KGB, Youri Drozdov n’a pas eu tout de suite un emploi convenable dans l’appareil central de l’espionnage soviétique et a suivi à Moscou une formation continue pour les officiers supérieurs du KGB – une sorte de parenthèse administrative. Cette mise au placard provisoire au lieu de le desservir, lui a rendu un grand service le propulsant parmi les cadres de commandement dans les renseignements extérieurs. La carrière professionnelle de Drozdov au sein du KGB s’est accélérée par la suite.

En 1964 Youri Drozdov, sans parler le chinois ni connaître la Chine populaire, est parti en sa deuxième mission longue à l’étranger - pour occuper le poste du rézidiente et diriger la nouvelle rézidientoura du KGB, dite « légale » - sous la couverture de l’Ambassade de l’URSS à Pékin. Cette nomination, censée être une promotion, en réalité était un cadeau empoisonné. A l’époque où les relations entre Mao et Brejnev se sont envenimées, le poste du chef d’antenne du KGB en Chine d’une sinécure est devenu une rude épreuve. Du statut des grands amis idéologiques, les communistes soviétiques étaient passés à celui des « révisionnistes » contre lesquels les maoïstes chinois ont ouvert une guerre acharnée et pas toujours « froide ». Il a fallu très vite et pratiquement d’une « tabula rasa » organiser un vrai réseau clandestin d’espionnage dans l’ancien pays « frère » devenu pire ennemi du jour au lendemain. Au lieu de se casser les reins dans cette mission impossible, Youri Drozdov a réussi le défi à merveille et s’est fait remarqué par Youri Andropov qui, à cette époque, était haut fonctionnaire au Comité central du PCUS avant de devenir le président du KGB en 1967. Ce n’est certainement pas sans une intervention personnelle d’Andropov, que Youri Drozdov a commencé la carrière du haut dignitaire du KGB. A son retour en 1968 de Pékin il a été nommé directeur adjoint de la Direction « S » (les « illégaux ») de la PGOU du KGB. Il a connu deux directeurs des « illégaux » : A. Lazarev (jusqu’en 1974) et Vadim Kirpitchenko.

Pendant cette période, Drozdov a effectué de nombreux courts voyages à l’étranger pour mettre en place et inspecter les réseaux clandestins d’espionnage, rencontrer les agents clandestins les plus précieux. Le 9 août 1975 Youri Drozdov est parti comme le nouveau rézidiente aux Etats-Unis pour remplacer le Général Boris Solomatine à la tête de la rézidientoura ou antenne « légale » du KGB fonctionnant sous la couverture de la représentation permanente de l’URSS auprès des Nations Unies. La « colonie » officielle soviétique à New-York comptait à cette époque plus de 1500 expatriés (sans prendre en compte les membres de leurs familles) qui travaillaient tous plus ou moins pour le compte de l’espionnage de l’URSS. L’antenne « légale » à New-York était considérée comme la rézidientoura n°2 du KGB dans le monde, le rang de son chef était celui d’un Général-major.

C’est à New-York que le Général du KGB Drozdov a fêté ses 50 ans le 19 septembre 1975. La politique de la « détente » dans la Guerre Froide et la signature des accords d’Helsinki se sont soldées par certaines « ouvertures » idéologiques entre l’Ouest capitaliste et l’Est communiste et par une intensification énorme d’espionnage des deux côtés de l’ancien Rideau de fer devenu beaucoup plus perméable. L’ironie du sort voulait que les espions soviétiques sous la couverture de l’ONU percevaient leurs traitements très généreux de cette organisation internationale prestigieuse pour mener les opérations clandestines de sape aux profit de l’idéologie communiste. A son retour des Etats-Unis, Youri Drozdov a pris possession du bureau n°655 dans le bâtiment du KGB place Dzerjinski (plus connue comme Loubianka) – celui du Grand patron de la Direction « S » (les « illégaux ») au rang du Directeur adjoint de la PGOU du KGB. Cette fonction Youri Drozdov a exercé pendant 12 ans jusqu’à sa retraite en 1991. On peut affirmer qu’il est l’homme qui connaît le plus de secrets soviétiques parmi tous les hauts dignitaires du KGB. Le Général à la retraite Drozdov s’est consacré aux activités de conseil et d’analyse au sein du cabinet privé « Namakon » et à la rédaction de ses mémoires. Bien évidemment, l’ancien grand patron du service des « illégaux » n’a pas divulgué dans ses livres destinés au grand public même une millième partie de ce qu’il connaît réellement.

Tag(s) : #Espions

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