Brauchitsch Walther von

Publié le par Roger Cousin

Walther Heinrich Alfred Hermann von Brauchitsch (4 octobre 1881 - 18 octobre 1948) est le commandant de la Heer (armée de terre allemande) au début de la Seconde Guerre mondiale.
Otto von Stülpnagel (à droite), en voiture à Paris en mai 1941 avec le Generalfeldmarschall von Brauchitsch, commandant en chef de l’armée de terre, venu lui rendre visite.

Otto von Stülpnagel (à droite), en voiture à Paris en mai 1941 avec le Generalfeldmarschall von Brauchitsch, commandant en chef de l’armée de terre, venu lui rendre visite.

En 1900, von Brauchitsch est officier dans la Garde prussienne. Au moment où la Première Guerre mondiale éclate, il est officier de l'état-major. Lorsqu'Adolf Hitler prend le pouvoir et accroît celui de l'Armée, von Brauchitsch est nommé chef du district militaire de la Prusse-Orientale. En 1937, il devient commandant du 4e groupe d'armées. Même s'il est opposé au nazisme, il devient en grande partie dépendant d'Hitler après lui avoir emprunté 80 000 Reichmarks afin de pouvoir divorcer et se remarier.

En 1938, il remplace le général Werner von Fritsch en tant que commandant en chef de l'Armée allemande, après la démission de ce dernier suite à de fausses accusations d'homosexualité. Von Brauchitsch est contrarié par la montée en puissance des SS, il craint que cette organisation tente de remplacer l'Armée allemande officielle. Il a des différends avec Erich Koch, le Gauleiter de la Prusse-Orientale, Hitler doit s'interposer entre les deux pour résoudre la dispute. Tout comme le général Ludwig Beck, il s'oppose à l'annexion de l'Autriche (l’Anschluss) et de la Tchécoslovaquie, mais il ne s'oppose pas aux plans militaires d'Hitler et ne fait rien lorsque Beck lui demande de convaincre l'État-Major entier de démissionner si Hitler poursuit son plan d'invasion de la Tchécoslovaquie.

En septembre 1938, un groupe d'officiers ourdit un complot contre Hitler et essaie à plusieurs reprises de convaincre von Brauchitsch, en tant que commandant en chef de l'armée de terre (Heer), de diriger le coup d'État prévu, mais celui-ci ne leur promet qu'une chose : « Je ne participerai pas, mais je n'empêcherai personne de passer à l'action ». Alors que le coup d'État tombe à l'eau, von Brauchitsch ignore les demandes d'aide de Beck et des autres conspirateurs afin d'utiliser l'Armée pour renverser Hitler avant que l'Allemagne ne soit plongée dans la guerre. Le 5 novembre 1939, incité par le chef de l'État-Major Franz Halder, les conspirateurs, et par la plupart des têtes pensantes militaires qui craignaient d'attaquer si tôt la France comme le souhaitait Hitler, alors considérée comme la plus grande puissance militaire, von Brauchitsch demande une audience avec Hitler pour le convaincre que l'Allemagne ne pourrait jamais gagner une guerre prolongée en Europe et le supplie d'abandonner ses plans de conquête.

Hitler, furieux, lance au commandant en chef une bordée d'insultes et d'injures. Halder est horrifié lorsqu'il aperçoit von Brauchitsch quitter la rencontre « mort de peur ». Hitler rencontre ensuite l'État-Major pour déclarer qu'il allait écraser l'Ouest en moins d'une année. Il fait également le vœu de « détruire l'esprit de Zossen », une menace qui affole Halder au point d'obliger les conspirateurs à annuler leur deuxième coup d'État planifié.

En 1940, von Brauchitsch est nommé Generalfeldmarschall et devient un élément clé dans la guerre-éclair d'Hitler contre l'Ouest en participant aux modifications des plans militaires pour renverser la France. Cependant, il ne parvient pas à s'emparer de Moscou pendant la guerre contre l'Union soviétique, ce qui lui vaut l'hostilité d'Hitler. Les problèmes de von Brauchitsch ne s'arrêtent pas là puisqu'il subit une grave crise cardiaque. Hitler le relève de ses fonctions et prend sa place, le 19 décembre 1941. Le plus récent biographe d'HitlerIan Kershaw, dépeint von Brauchitsch comme un être « peureux » et « sans caractère ». Après la guerre, von Brauchitsch est arrêté et accusé de crime de guerre, mais il meurt en 1948 avant d'être jugé.

Décorations

  • Croix de chevalier de l'Ordre royal de Hohenzollern avec glaives
  • Croix de fer (1914), 2e Classe, 1re Classe
  • Croix du Mérite militaire (Autriche) avec décorations de guerre 1915
  • Croix de chevalier 1re Classe de l'Ordre de Frédéric avec glaives
  • Chevalier de l'Ordre protestant de Saint-Jean
  • Médaille de service de la Wehrmacht 4e à 1re Classe, Feuilles de chêne sur la 1re Classe
  • Médaille de l'Anschluss
  • Symbole d'or du Parti nazi
  • Médaille des Sudètes avec barrette de château de Prague
  • Médaille de Memel
  • Grand Croix de l'Ordre de la Rose blanche le 10 mars 1939
  • Ordre du mérite militaire (Espagne) 4e Classe
  • Agrafe de la Croix de fer (1939), 2e Classe, 1re Classe
  • Croix de chevalier de la Croix de fer, Croix de Chevalier le 30 septembre 19393
  • Grand Croix de l'Ordre de Saint Alexandre avec glaives
  • Ordre de Michel le Brave 3e à 1re Classe
  • Grand Croix de l'Ordre du Mérite hongrois avec glaives
  • Grand Croix de l'Ordre de la Croix de la Liberté, le 25 juin 1942
  • Ordre du Soleil levant 1re Classe le 26 septembre 1942

 

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