Bonny Pierre

Publié le par Roger Cousin

Fils d’agriculteurs, Pierre Bonny entame une carrière de policier en 1918. Il acquiert une première célébrité en 1923, avec l’affaire Seznec. Il mène alors l’enquête sur le crime dont est accusé Guillaume Seznec, un négociant en bois de Morlaix soupçonné d’avoir tué Pierre Quemeneur, conseiller général du Finistère. 

Bonny Pierre

La « découverte » par Pierre Bonny d’une pièce à conviction, une machine à écrire, joue un  rôle clef. Elle va conduire Guillaume Seznec au bagne, alors qu’il s’agissait d’une machination policière, assurent ses défenseurs. Bonny lui-même évoquera beaucoup plus tard sa « certitude » que Seznec était innocent. Quelques années ensuite, Pierre Bonny se retrouve mêlé à un autre dossier trouble, l’affaire Stavisky. Il est chargé de mener l’enquête sur Alexandre Stavisky, un escroc de charme retrouvé mort en janvier 1934. Ses méthodes lui valent d’être suspendu, sur le point d’être révoqué, lorsqu’il retrouve soudain là encore une pièce à conviction, les talons de chèques de Stavisky.

Il est alors réintégré dans ses fonctions et même qualifié de « premier policier de France » par le ministre de la justice Henry Chéron. Modiano reprend d’ailleurs cette anecdote dans La ronde de nuit, page 37 : «  Vous auriez dû expliquer à ce jeune homme que j’étais un policier, rien de plus ! Le premier flic de France ! C’est un ministre qui l’a dit ! Il y a bien longtemps, Henri ! »

Suit l’affaire Prince, du nom d’un ancien chef de la section financière du Parquet qui avait enquêté sur Stavisky. Lui aussi est retrouvé mort, le corps déchiqueté par un train près de Dijon. Crime, suicide ? Pierre Bonny désigne vite des coupables, mais ceux-ci sont rapidement relaxés, tandis que l’inspecteur est mis en cause. En 1935, il est révoqué pour fautes graves, puis condamné pour corruption.

La guerre lui permet de revenir à flots. En 1941, il rejoint la « Gestapo française » installée 93 rue Lauriston (XVIème arrondissement), qui pratique à la fois les « interrogatoires poussés », le meurtre et la rapine. Avec Henri Chamberlin dit Lafont, il se retrouve ainsi à la tête d’un groupe de « gestapistes français », qui compte une vingtaine de condamnés de droit commun libérés à sa demande : truands, hommes de main, proxénètes, etc. Dénoncés par Joseph Joanovici, capturés le 31 août 1944 dans une ferme de Seine-et-Marne, Henri Lafont et Pierre Bonny sont condamnés à mort le 12 décembre 1944. Ils sont exécutés le 27 décembre en compagnie de six autres membres de la bande, dont Eddy Pagnon.

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