Blaskowitz Johannes

Publié le par Roger Cousin

Blaskowitz JohannesJohannes Blaskowitz (10 juillet 1883 - 5 février 1948) était un général du Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. Né à Paterswalde, Kreis Wehlau (Prusse-Orientale), il est le fils d’un pasteur luthérien. En 1894, il entre à l'école de cadets de Koszalin et, plus tard, à celle de Berlin-Lichterfelde. En 1899, il débute sa carrière militaire en tant que candidat-officier dans un régiment de Prusse-Orientale à Osterode. Au cours de la Première Guerre mondiale, il sert sur les fronts de l'Est et de l'Ouest et travaille pour l'état-major.

Après la guerre, il poursuit son service militaire dans la Reichswehr sous la République de Weimar. Il est indifférent à la prise de pouvoir des Nazis parce qu’il croit que les forces armées se doivent d’être « neutre politiquement ». Il commande la 8e armée allemande lors de l'invasion de la Pologne, c’est le début de la Seconde Guerre mondiale. Il est commandant en chef de l'Est en Pologne à partir du 20 octobre 1939.

Il est révolté par les atrocités commises par les SS et les Einsatzgruppen contre les Polonais et les Juifs. Il fait parvenir au commandant en chef, Walther von Brauchitsch, deux mémorandums détaillés sur ces crimes de guerre. Il n’hésite même pas à imposer la peine de mort aux membres de la SS et de la Gestapo qui sont impliqués dans des crimes de guerre (ces sentences seront abolies plus tard par Hitler). Il utilise un extraordinaire franc parler : « L'attitude des troupes envers les SS et la police oscille entre le dégoût et la haine. Chaque soldat a la nausée face à ces crimes commis contre les Polonais par des citoyens du Reich et des représentants du gouvernement. » — Aide-mémoire, janvier 1940.

L'attitude « candide » de Blaskowitz rend furieux Hitler qui le relève de son commandement en Pologne le 14 mai 1940, sur l'insistance du gouverneur général Hans Frank. Blaskowitz est muté au commandement de la 9ème armée dans l'Ouest lors de la campagne de France. Il devient gouverneur militaire du Nord de la France au début de juin 1940. Il conserve cette position jusqu’en octobre 1940 et est ensuite muté au commandement de la 1ère armée, poste qu’il occupe jusqu’en mai 1944. Il est ensuite nommé commandant en chef du groupe d'armées G.

Il est relevé du commandement du groupe d’armées G à la fin de septembre 1944 après avoir protesté officiellement contre les atrocités SS en Pologne. Il est rétabli à son poste le 24 décembre 1944. Le 28 janvier 1945, il est nommé commandant en chef du groupe d'armées H. Ce commandement est remanié au début de 1945 et Blaskowitz devient commandant en chef dans les Pays-Bas. Le 5 mai, Blaskowitz est convoqué à l'hôtel de Wereld, à Wageningen, par le général Charles Foulkes (commandant en chef du 1er corps canadien), afin de discuter de la capitulation des forces allemandes des Pays-Bas. Le prince Bernhard zur Lippe Biesterfeld, qui agit en tant que commandant en chef des troupes intérieures néerlandaises, assiste également à la rencontre.

Blaskowitz est d’accord avec toutes les demandes de Foulkes, cependant on ne parvient pas à trouver une machine à écrire dans l'hôtel (certaines sources disent maintenant qu’il n’y en avait nulle part dans la ville). Le document de la capitulation ne peut être rédigé. Les parties se rencontrent de nouveau le lendemain, le document sur la capitulation a finalement pu être rédigé. Blaskowitz le signe en présence du général Foulkes et du prince. Blaskowitz est accusé de crimes de guerre et jugé devant un tribunal militaire américain lors du procès dit « du haut commandement ». Il se suicide pendant le procès le 5 février 1948 en sautant d'une fenêtre de la prison de Nuremberg. La rumeur de son assassinat par des SS se répand au sein des autres prisonniers, mais aucune preuve ne vient l'appuyer.

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