Armistice du 24 juin 1940

Publié le par Roger Cousin

Mussolini and HitlerL'armistice du 24 juin 1940 a été signé par la France et l'Italie fasciste (peu après l'armistice du 22 juin 1940 signé par la France et l'Allemagne nazie). Il met fin à la guerre déclarée à la France le 10 juin 1940 par Mussolini. Au 10 juin 1940, date de la déclaration de guerre de l'Italie, la France est pratiquement vaincue. Malgré une situation générale désastreuse, l'assaut des troupes italiennes sur les Alpes a pu être contenu par l'Armée des Alpes commandée par le général Olry. L'armistice du 24 juin 1940 a été signé à la villa Incisa, à Olgiata près de Rome. La France était représentée par le général Charles Huntziger et le Royaume d'Italie (sous régime fasciste) par le maréchal Pietro Badoglio et le comte Galeazzo Ciano (ministre des affaires étrangères). Le Duce Benito Mussolini n’était pas présent.

La mise en application de l'armistice franco-allemand était conditionnée (selon l'article 23 de cette convention d'armistice) par la signature de l'armistice franco-italien. Les deux armistices entrèrent en application 6 heures après la signature de l'armistice de la ville Incisa, soit le 25 juin 1940 à 0 heure 35. L'armistice du 24 juin 1940 induit la délimitation de « lignes d'armistice » négociées sur le terrain par les militaires français et italiens dans la journée du 25 juin 1940. « Lignes d'armistice » qui créent quelques zones frontalières d'occupation séparées, dont Menton, mais globalement désignées par l'expression zone d'occupation italienne en France. En effet, Hitler a rencontré Mussolini le 18 juin à Munich pour le convaincre de s'en tenir à ses vues : le Duce voulait s'emparer de la flotte et de l'aviation françaises, occuper la France jusqu'au Rhône, annexer Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie, la Côte française des Somalis, les villes d'Alger, d'Oran et de Casablanca, ce qui n'entrait pas dans les plans de Hitler qui considérait ces prétentions démesurées et de nature à compromettre la signature de l'armistice.

Les Français émettent des protestations sur les conditions d'armistice concernant l'Italie, la France n'ayant pas été vaincue par l'Italie de Mussolini dans cette partie du conflit. Ces zones frontalières occupées ne cumulent que 800 km et 28 000 habitants. Et ne sont concernés que quatre départements français ainsi partiellement occupés : Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence depuis 1970), Hautes-Alpes, Savoie. En outre, de la frontière franco-suisse au nord à la Méditerranée au sud, une zone « démilitarisée » est établie en territoire français sur une largeur de 50 km à vol d’oiseau à partir soit des « lignes d'armistice » ayant créé ces zones frontalières d'occupation italienne, soit — le cas échéant — de la frontière franco-italienne là où les Italiens n'ont rien conquis par les armes.

Le département de la Corse (scindé en deux départements en 1976) ne fut ni occupé ni démilitarisé. Une zone démilitarisée fut aussi établie en Tunisie et en Algérie le long de la frontière avec la Libye. Les Italiens reçurent l'autorisation d'utiliser le port de Djibouti (Côte française des Somalis). Pour la France le 25 juin 1940 fut un jour de deuil. La relative « douceur » de l'armistice de la villa Incisa déçut ceux qui, en France, auraient préféré continuer la guerre.

Publié dans Evènements

Commenter cet article