Décès de Liliane Bettencourt : retour sur l'affaire familiale

Publié le par Cécile De Sèze et AFP

Décès de Liliane Bettencourt : retour sur l'affaire familiale

ÉCLAIRAGE - La première fortune de France est décédée à l'âge de 94 ans dans la nuit du 20 au 21 septembre 2017. Elle avait fait beaucoup parler d'elle dans cette affaire sur des écoutes illégales.

Liliane Bettencourt avec son petit-fils Jean-Victor Meyers, le 29 mars 2012 Crédit : Lichtfeld Erez/SIPA

Liliane Bettencourt avec son petit-fils Jean-Victor Meyers, le 29 mars 2012 Crédit : Lichtfeld Erez/SIPA

Un simple conflit de famille qui se transforme en affaire d'État. C'est l'histoire qui a secoué l'actualité à partir de 2010. En juin de cette année, Mediapart et Le Point publient les retranscriptions d'extraits de conversations enregistrées illégalement par Pascal Bonnefoy, le majordome de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal. La première fortune de France est décédée dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 septembre 2017, à l'âge de 94 ans, a annoncé sa famille. C'est aussi, surtout, par cette affaire politico-financière que le nom de la femme d'affaires est devenu populaire, retentissant chaque soir au 20 Heures. 

Dans ces enregistrements, Pascal Bonnefoy révélait la santé déclinante de Liliane Bettencourt, mais aussi des soupçons de fraude fiscale et d'immixtions politiques. Une plainte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" avait alors été déposée. Ces "écoutes" pirates avaient servi à condamner l'entourage de l'héritière de L'Oréal pour "abus de faiblesse", notamment son "confident", le photographe François-Marie Banier. 

"Même si, avec loyauté, Pascal Bonnefoy a admis que sa démarche en mai 2009 était au départ de se protéger lui-même, il avait déjà depuis plusieurs mois perçu l'influence grandissante que prenait François-Marie Banier dans la maison Bettencourt, dont à l'évidence, il ne pouvait cacher qu'elle lui paraissait malsaine", souligne ainsi l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux. 

Des politiques de droite éclaboussés

Pour la justice, Liliane Bettencourt a donc "finalement été protégée malgré elle par l'acte accompli" par son majordome, qui remplit ainsi toutes "les conditions relatives à l'état de nécessité et n'est pas pénalement responsable des actes qu'il a commis".

En première instance, le tuteur de la milliardaire, Olivier Pelat, avait lui-même fait l'éloge de Pascal Bonnefoy, évoquant "un homme bien qui a fait ce qu'il fallait faire" pour protéger sa patronne. Pascal Bonnefoy n'en a pas fini avec la justice : une procédure pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" après une plainte, cette fois, de François-Marie Banier, est toujours pendante à Bordeaux. 

Plusieurs politiques de droite avaient été éclaboussés par ces écoutes. En premier lieu, Nicolas Sarkozy, mais aussi Éric Woerth. Les documents ont en effet éveillé les soupçons de possibles conflits d'intérêts entre l'ancien ministre du Budget et trésorier de l'UMP, et la patronne de L'Oréal.

Des accusations portaient aussi sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy de l'élection présidentielle de 2007. L'ancien chef de l'État a finalement bénéficié d'un non-lieu, et l'ex-ministre a été relaxé. Quant aux 5 journalistes et Pascal Bonnefoy, poursuivis pour "atteinte à la vie privée", on apprend le 21 septembre qu'ils ont été définitivement blanchis par la justice bordelaise.

Publié dans Articles de Presse

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