Avec le décès de Jean Bastouil, l'affaire Messmer s'éteint

Publié le par Yannick Bonnefoy

Avec le décès de Jean Bastouil, l'affaire Messmer s'éteint
Jean Bastouil aux côtés de son avocat Me Etienne Nicolau, chez lui en mai 2014. / Photo Thierry Grillet

Jean Bastouil aux côtés de son avocat Me Etienne Nicolau, chez lui en mai 2014. / Photo Thierry Grillet

La prochaine session de la cour d'assises de l'Aude se déroulera du lundi 18 au mardi 26 septembre au palais de justice de Carcassonne, avec trois affaires inscrites au rôle, dont celle de Jean Bastouil, le plus vieil accusé de France, qui avait fait appel après avoir été condamné au mois de décembre 2014 par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales, à 10 ans de réclusion criminelle pour avoir assassiné le docteur Jean-Charles Messmer, son beau-fils, le 20 juillet 2010 à Rivesaltes.

Il s'est éteint le 11 janvier dernier

Alors remis en liberté en raison de son état de santé deux mois après le prononcé du verdict par la cour d'assises des P.-O., c'est âgé de 89 ans que Jean Bastouil s'est éteint le 11 janvier dernier. Et avec lui l'action publique qui courait à son encontre pour l'assassinat de son gendre. C'est ce qui sera officialisé le 18 septembre prochain devant la cour d'assises de l'Aude, à partir de 10 h 30.

Le 20 juillet 2010, c'est parce qu'il soupçonnait son gendre, le Dr Jean-Charles Messmer d'avoir tué sa fille, que Jean Bastouil l'avait mortellement blessé d'un coup de fusil sur sa terrasse du Mas Saint-Jean, à Rivesaltes. Écroué aussitôt après les faits, Jean Bastouil, au vu des conclusions d'expertises considérant qu'il se laissait mourir en détention, avait alors été relâché sous contrôle judiciaire onze mois plus tard, dans l'attente de son procès devant la cour d'assises des P.-O. Au terme de cinq jours d'audience en décembre 2014, Jean Bastouil avait hurlé sa détresse à l'énoncé du verdict, en tentant d'attraper l'arme des policiers de l'escorte pour mettre fin à ses jours avant d'être reconduit derrière les barreaux.

Convaincu que la victime a tué sa fille

Aujourd'hui, on sait que Jean Bastouil ne retournera jamais dans le box des accusés, emportant avec lui tous les doutes et toutes les interrogations restées sans réponse. «En apprenant son décès, je n'ai pu que repenser à la souffrance de Jean Bastouil qui, comme moi, était convaincu que le docteur Messmer avait tué sa fille», avait confié, en janvier dernier, son avocat Me Étienne Nicolau, qui gardait alors un contact permanent avec ce vieil homme qu'il considérait comme un proche.

Jusqu'à son dernier souffle, celui qui était le plus vieil accusé de France n'aura cessé de clamer le mobile de son crime. Pour lui, l'ex-mari de sa fille Anne-Marie avait prodigué une injection mortelle à cette dernière deux ans plus tôt, en 2008...

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