Lambert Jean-Michel

Publié le par Mémoires de Guerre

Jean-Michel Lambert, surnommé le juge Lambert ou le Petit Juge, né le 19 mai 1952 à Jarnac et mort le 11 juillet 2017 à Sargé-lès-le-Mans en France, est un juge et écrivain français, notamment connu pour avoir été le premier chargé de l'affaire Grégory.

Lambert Jean-Michel
Lambert Jean-Michel
Lambert Jean-Michel

En 1984, Jean-Michel Lambert est juge d'instruction lors de l'affaire Grégory. Il a 32 ans et est juge à Épinal. C'est son premier poste. Saisi pour enquêter sur cet homicide qui attire des dizaines de journalistes, il est propulsé sous les projecteurs. La presse critique les errements de son instruction, après deux inculpations et incarcérations infructueuses, celle de Bernard Laroche puis celle de Christine Villemin. « Le jeune magistrat est happé par la pression médiatique. » Sa mauvaise maîtrise de la procédure provoque l'annulation de nombreuses pièces du dossier. Sans nier cette mauvaise maîtrise, il invoque les 229 dossiers qu'il doit gérer en parallèle, seul juge de la préfecture des Vosges. Il est dessaisi de l'enquête en 1987 au profit de Maurice Simon, président de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon. Pour Régis de Castelnau, la « procédure a été proprement saccagée par un magistrat incompétent, désinvolte et finalement profondément déplaisant ».

Il prend un congé sabbatique à partir de 1987 et raconte son histoire dans son livre, Le Petit Juge aux éditions Albin Michel (puis poche), un témoignage sur son parcours au cours duquel il revient sur l'affaire Grégory. Cet essai a été durement critiqué par la presse. S'il n'y révèle rien qui n'ait été dit précédemment par d'autres, il y évoque par exemple son « asthénie sexuelle » pendant l'« affaire », ou ses considérations sur « le charme étrange, indescriptible » d'une future inculpée. Pour certains, cet écrit, qui s'est bien vendu, ne respecte pas l'obligation morale de réserve d'un juge. À la suite de cette publication, il est convié à une célèbre émission télévisée, Apostrophes, animée par Bernard Pivot, et rencontre Marguerite Duras, fascinée par cette affaire Grégory. Il devient ensuite juge d'instance à Bourg-en-Bresse de 1988 à 2003, puis vice-président du tribunal de grande instance du Mans jusqu'au 8 septembre 2014, date de son départ en retraite. Il publie, en 2014, De combien d'injustices suis-je coupable ?, livre dans lequel il se déclare persuadé de l’innocence de Bernard Laroche. Par ailleurs, il a publié des romans policiers.

Le 11 juillet 2017, le corps de Jean-Michel Lambert est découvert par la voisine de l'appartement du dessus qui avait ses clefs et avait été alertée par l’épouse du magistrat qui, depuis la veille, n’avait plus de nouvelles de lui. Appelés vers 19 heures, les secours découvrent à leur arrivée le corps inanimé avec un sac plastique sur la tête noué à l'aide d'une cravate, à son domicile de Sargé-lès-le-Mans dans la Sarthe. Selon plusieurs sources, sa mort pourrait être consécutive à un suicide ou à un assassinat. D'après les premières constatations, aucune trace d'effraction ou de lutte n'a été relevée dans son appartement. La police judiciaire d'Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de sa mort. Interviewé par France 2 dans 13 h 15, le samedi diffusé le 17 juin 2017, Lambert avait dénoncé une forme d'acharnement à son encontre : « On a cherché à faire de moi le bouc émissaire. J'assume effectivement certaines erreurs de procédure, mais j’aurais aimé que tous en fassent autant, et ce n’est pas le cas. » La mort du juge Lambert intervient le soir où BFM TV révèle les carnets personnels du juge Maurice Simon qui accablait le juge Lambert en écrivant : « On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes [...] ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur. »

Publications

  • Le Petit Juge, Paris, Albin Michel, 1987, 407 p. (ISBN 2-226-02982-6).
  • Regards innocents : contes cruels (ill. Joël Montigny), Lyon, La Tour, 1991, 157 p. (ISBN 2-87802-087-1).
  • Le Non-Lieu, Monaco, Le Rocher, coll. « Littérature », 1993, 223 p. (ISBN 2-268-01496-7).
  • Confession fatale, La Tour-d'Aigues, L'Aube, coll. « L'Aube noire », 1999, 27 p. (ISBN 2-87678-486-6).
  • Purgatoire, La Tour-d'Aigues, L'Aube, coll. « L'Aube noire », 2000, 270 p. (ISBN 2-87678-590-0).
  • La Photo. de mariage : chronique de la vie provinciale (ill. Joël Montigny), Coudray-Macouard, Cheminements, coll. « Collection singulière », 2001, 151 p. (ISBN 2-914474-29-6).
  • Scrupules, Paris, Hors commerce, coll. « Hors noir » (no 30), 2002, 167 p. (ISBN 2-910599-93-0).
  • Mère Teresa et les petits sauvageons : roman, Mâcon, A contrario, coll. « Polar », 2004, 249 p. (ISBN 2-7534-0003-2).
  • Retour à Mauthausen : récit, Paris, Jean-Claude Gawsewitch, 2005, 213 p. (ISBN 2-35013-023-1).
  • De combien d'injustices suis-je coupable ?, Paris, Le Cherche midi, coll. « Documents : témoignage », 2014, 209 p. (ISBN 978-2-7491-4025-4).

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