Décès de l’ancienne ministre de la Santé Simone Veil

Publié le par Astrid Gouzik

Décès de l’ancienne ministre de la Santé Simone Veil

Figure emblématique de la lutte pour les droits de femmes, Simone Veil s’est éteinte à l’âge de 89 ans à Paris, le vendredi 30 juin 2017.

Décès de l’ancienne ministre de la Santé Simone Veil

Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame." Ses mots, prononcés devant une Assemblée nationale essentiellement composée d’Hommes, resteront dans l’Histoire. Simone Veil se voit confier le portefeuille de la Santé par Valéry Giscard d’Estaing, en mai 1974. Rapidement, le président de la République lui confie la lourde tâche de préparer le projet de loi relatif à l’interruption de grossesse.

C'est Michel Poniatowski, mon prédécesseur, qui m'en a parlé, lors de la passation des pouvoirs. Il savait que je m'intéressais particulièrement à la question. 'Il est urgent de légiférer, m'a-t-il dit, sinon vous risquez un beau matin de surprendre un avortement sauvage pratiqué dans votre propre bureau !'", confiait SimoneVeil au Monde dans un entretien mené en 2005.

La loi est adoptée grâce à la presque totalité des votes des députés des partis de gauche et du centre, malgré l'opposition d'assez nombreux députés de la droite. Des propos parfois violents, à l’instar de ceux tenus par Jean-Marie Daillet qui reproche à Simone Veil, rescapée de la Shoah, de "jeter les embryons au four crématoire". Les mots les pires qu’elle ait entendus à ce moment-là selon Simone Veil qui justifie, toujours dans les colonnes du Monde : "je crois qu'il ne connaissait pas mon histoire". Finalement promulguée le 17 janvier 1975, la loi dépénalise l'avortement dans certaines conditions.

Après avoir été la première femme à présider le Parlement européen, elle est rappelée par Edouard Balladur au poste de ministre d'Etat en charge des Affaires sociales, de la santé et de la ville.

Alors qu’elle a été longtemps l’un des personnalités les plus populaires de l’Hexagone, notamment pour son combat pour le droit à l’avortement, elle soutient : "je continue de penser que la loi Neuwirth autorisant la pilule est beaucoup plus importante par sa portée historique et philosophique, même si on ne lui accorde pas le même poids symbolique. (...)".

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article