Wallace Richard

Publié le par Mémoires de Guerre

Richard Wallace, 1er baronnet, né à Londres le 26 juillet 1818 et mort à Neuilly-sur-Seine le 20 juillet 1890, est un collectionneur, philanthrope et membre du parlement britannique. Son nom reste attaché à l'une des plus prestigieuses collection d'art, la Wallace Collection, et aux fontaines urbaines présentes, notamment, à Paris.

Wallace Richard
Wallace Richard
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Selon les sources officielles, Richard Wallace est le fils naturel d'Agnes Jackson, dont le nom de baptême est Eliza Agnes Wallace (1789-1864), fille de Sir Thomas Wallace of Craigie, une famille ruinée originaire du South Ayrshire en Écosse. En 1818, Agnes met au monde un enfant dont le père biologique est Richard Seymour-Conway, 4e marquis de Hertford, alors âgé de 18 ans, qui, s'il ne reconnut jamais officiellement cette paternité, prit soin de cet enfant tout au long de sa vie. En effet, le petit Richard Jackson est d'abord élevé par Maria Seymour-Conway, Marchioness of Hertford (1771 - Paris, 1856), la mère de Richard Seymour-Conway, qui l'emmène à Paris, rue Taitbout, en 1826, où la famille possède de nombreux biens depuis 1802. Richard Jackson-Wallace fréquente un temps un groupe de bohèmes dont quelques-uns devinrent de grands écrivains et artistes : Flaubert, Théophile Gautier, Eugène Delacroix, Roger de Beauvoir, Fernand Boissard ou encore Baudelaire qui se réunissaient dans l'île Saint-Louis, à l'ex-hôtel Pimodan, au dernier étage loué par le grand collectionneur bibliophile Jérôme Pichon, réunions qui étaient placées sous l'égide de la célèbre Aglaé Savatier, dite Apollonie Sabatier.

En 1840, Richard rencontre Julie Amélie Charlotte Castelnau, fille d'un ancien officier de l'armée française, qui met au monde, en août, un garçon, Edmond-Richard né Castelnau (1840-1887), lequel ne fut reconnu par son père que le 15 février 1871 : ce jour-là, il épousa en effet Charlotte, puisque le marquis s'était jusqu'alors opposé à cette union, et Edmond prit le nom de son père. Richard Wallace aurait connu Charlotte, fille de Sophie Knoth, lingère, et de Bernard Castelnau, devenu homme de confiance vivant pauvrement rue des Mathurins, alors qu'elle était vendeuse dans une boutique de parfums passage du Saumon ; une photographie prise avant 1870 la montre sur la terrasse du château de Bagatelle. En 1842, Richard prend le nom de naissance de sa mère et devient officiellement « Richard Wallace ». Il commence à se faire connaître parmi les collectionneurs d'art parisiens. Le marquis de Hertford en fait peu à peu son secrétaire et bras droit pour ses affaires en France. Fin février 1857, Richard revend une partie de sa propre collection et se consacre entièrement à la gestion des biens du marquis venu s'installer définitivement dans la capitale française au 2 rue Laffitte ; le marquis possède également le château de Bagatelle. La collection du marquis se compose de nombreuses peintures du XVIIIe siècle, d'armures, de meubles et d'objets divers (monnaies, timbres, petites boîtes, vases, etc.). Dans le journal Le Cabinet de l'amateur du 5 juillet 1861, Wallace est mentionné, aux côtés du critique d'art Louis Viardot, comme l'acquéreur de lots de tableaux lors de la vente Van der Schrieck à Louvain, notamment un paysage signé Jacob van Ruisdael pour la somme de 19 000 francs.

Le 25 août 1870, le marquis de Hertford meurt à Paris, célibataire, laissant un testament dans lequel il désigne Richard Wallace comme son unique héritier. Le legs comprend les immeubles parisiens et leur contenu, plus un domaine en Irlande du Nord, situé à Lisburn. Après trois procès, Richard finit également par prendre possession de « Hertford House », hôtel particulier situé à Londres, et qui comprend une partie importante de la collection d'art du marquis. L'ensemble de sa fortune est alors estimée à 60 millions de francs. Richard Wallace est à Paris lors de la Guerre franco-prussienne : avant que la capitale soit encerclée, il offre 300 000 francs pour organiser l'ambulance militaire qui suit le XIIIe corps d'armée et qui comprend le 12e régiment de cuirassiers où son propre fils est lieutenant, aide-de-camp du général Vinoy. Il participe, sous forme de dons, à la Société de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer, puis verse 100 000 francs, via le Trésor public, en faveur des plus démunis. En 1871, il finance la construction de l'Hertford British Hospital sur le territoire de l'actuelle commune de Levallois-Perret qui fut inauguré le 24 août 1877. Après la conclusion de l'armistice, c'est à Richard Wallace que la commission du lord-maire de Londres adressa les envois de ravitaillement pour Paris. Lors des élections pour l'Assemblée nationale, des comités proposèrent de porter son nom sur la liste des candidats, mais il fit savoir qu'en sa qualité d'anglais il ne pouvait accepter aucune fonction élective en France. Adolphe Thiers le fait nommer commandeur de la Légion d'honneur.

Le 24 décembre 1871, Richard Wallace est fait baronnet par la reine Victoria en reconnaissance de ses actions caritatives lors du siège de Paris, notamment envers les nombreux citoyens britanniques qui vivaient dans la capitale française. Son titre officiel est désormais « Sir Richard Wallace, 1st baronnet ». Richard Wallace épouse Charlotte Castelnau et décide de s'établir à Hertford House. En avril-mai 1872, afin d'accroître sa notoriété auprès des notables britanniques et d'être introduit dans la gentry, il fait transporter des œuvres de Paris à Londres pour les prêter à l'exposition d'une annexe du musée de South Kensington, à côté des tableaux royaux et de ceux des grandes familles, où il fait aménager pour le prince et la princesse de Galles un salon de repos aux murs ornés de toiles de Fragonard. Pendant la durée de l'exposition du nouveau musée de Bethnal-Green, il entreprend de transformer sa résidence londonienne afin d'y accueillir une partie de ses collections parisiennes ; les travaux vont durer jusqu'en 1875. Dans la foulée, il se présente aux élections parlementaires de la Chambre des communes pour le comté d'Antrim (Irlande) et y est élu trois fois (1873-1874, 1874-1880, 1880-1885). En août 1872, sont installées à Paris les premières « fontaines Wallace » : le philanthrope participe largement au financement de celles-ci, en partenariat avec la Ville de Paris. Lisburn est également équipé d'un système de fontaine similaire.

Il poursuit l'achat d’œuvres, et contribue à développer la collection du marquis de Hertford : contrairement à ce dernier, il se concentre sur des objets datant du Moyen Âge (armures) et de la Renaissance ( peintures et manuscrits). Ainsi, il se porte acquéreur d'une partie des collections du comte Émilien de Nieuwerkerke, l'ancien directeur des Beaux-arts de Napoléon III, de la collection d'armes de Sir Samuel Rush Meyrick (1783-1848) et, en 1872, de celle de Pierre-Paul Both, vicomte de Tauzia (1823-1888). Pour l'exposition universelle de 1878, il est chargé au nom de l'Angleterre, d'être commissionnaire préposé aux beaux-arts. En récompense, il est nommé chevalier de l'Ordre du Bain. Durant les années 1870, il entre en conflit avec son fils Edmond qui désire se marier avec une certaine Amélie Gall. Edmond refuse d'obéir à son père qui s'opposait à cette union et finit par se marier avec Amélie qui lui donne quatre enfants ; Richard décide alors de réduire la pension accordée à son fils qui meurt le 24 mars 1887, foudroyé par une crise cardiaque. Après la mort de son fils, Sir Richard Wallace revient vivre à Paris, au château de Bagatelle, où il meurt le 20 juillet 1890 « dans le lit de son père » » et est inhumé en présence de Hugh de Grey, 6e marquis de Hertford, au cimetière du Père-Lachaise (division 28) dans la chapelle funéraire des Hertford, qui porte aussi le nom de Wallace, et dont la porte murée a été gravée d'une croix.

Devenue « Lady Charlotte Wallace »20, la veuve de Richard Wallace réside entre Paris et Londres où la bonne société se presse auprès d'elle étant donné l'importance de l'héritage qui lui revient. Les termes de la succession sont très complexes. Si Richard Wallace avait reconnu Edmond comme son fils, il n'avait pas fait de même pour ses petits-enfants, à savoir Marie Georges Richard (1872-1941) qui fut un général divisionnaire décoré, Henri Richard (1874 ? - ?), Edmond Georges Richard (1876 - mort pour la France en 1915) et Georgette Wallace (1878-1947) devenue à la scène la contralto Lucy Arbell. Richard Wallace ne semble avoir légué à ceux-ci qu'un immeuble de rapport sis 29, boulevard des Italiens, et Charlotte ne leur aurait servi ensuite qu'une « modeste » rente viagère. En 1894, sur les recommandations de son secrétaire-homme de confiance, John Scott Murray, qui l'aurait dissuadée de faire de lui son légataire universel « pour éviter des soupçons », après avoir fait quelques présents à des amis, Charlotte Wallace légua par testament à la nation britannique Hertford House et ses quelques 5 500 objets contenus dans 25 galeries, ayant stipulé « que rien ne devait être ajouté ni vendu » et que l'ensemble prenne le nom de son défunt mari. Lady Wallace meurt le 16 février 1897.

Ouverte au public en 1900, la Wallace Collection est depuis un musée national. Herman Herkomer, John Murray Scott (1909, Wallace Collection) : selon Vita Sackville-West, c'était « un colosse d'1,90 m et de 150 kg ». Étonnamment, jamais les petits-enfants de Richard Wallace ne portèrent plainte. En 1899, John A. E. Murray Scott (1847-1912), nommé baronnet par la reine Victoria, est élu curateur du conseil d'administration chargé de présenter et inventorier les œuvres à la Collection Wallace, devenue propriété de l'État : selon la rumeur, il en aurait cependant retiré quelques pièces. Ancien secrétaire particulier de Richard Wallace entre 1871 et 1890, Scott, en définitive, héritait d'un million de livres sterling pour entretenir les domaines de Sudbourn Hall et Lisburn (Irlande), ainsi que les biens situés en France, à savoir le domaine de Bagatelle et l'immeuble du 2 rue Laffitte, qui abritaient encore des meubles et des objets d'art laissés par Wallace en 1872. Richissime célibataire de 52 ans, Sir John Scott Murray rencontre, lors d'une visite de la collection, Victoria Sackville-West (1862-1936), fille naturelle de Lionel, 2e lord Sackville : Scott et Victoria nouent une relation intime. L'héritier vide ensuite le domaine de Bagatelle, le néglige, puis, en 1904, après avoir vendu les statues et ornements du parc, décide de lotir ses 80 hectares, mais ce projet fut bloqué par la ville de Paris qui le lui acheta pour 6 000 000 francs, ou 6 500 000, selon d'autres sources. Scott mourut d'une crise cardiaque à Hertford House le 17 janvier 1912. Son amie Victoria Sackville-West hérite alors de la rue Laffitte, qu'elle revend au marchand d'art Jacques Seligmann, pour 250 000 livres sterling, somme dont bénéficie sa fille, l'écrivain Vita Sackville-West.

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