Vel d'Hiv: la police révèle des archives sur les Brigades spéciales de Vichy

Publié le par i24 News

Vel d'Hiv: la police révèle des archives sur les Brigades spéciales de Vichy

La déclassification de ces documents lèvera le voile sur le degré de responsabilité de la police française

Des familles juives à Drancy lors de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 AFP/Archives

Des familles juives à Drancy lors de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 AFP/Archives

La Préfecture de police française a signé avec le Mémorial de la Shoah à Paris et le Musée mémorial de l'Holocauste à Washington, une convention permettant l'accès à l'intégralité des documents émis par la police de Vichy entre 1940 et 1944, a rapporté mardi le site Télérama.

La déclassification de ces documents concerne plus particulièrement les archives des Brigades spéciales, chargées de traquer les Juifs, les communistes, les homosexuels et les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces révélations lèveront ainsi le voile, 75 ans plus tard, sur certaines informations concernant le rôle de ces troupes lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver (Vel d'Hiv), la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Commémoration du 15e anniversaire de la rafle du Vélodrôme d'Hiver (Vel d'Hiv), le 16 juillet 1957 à Paris - (AFP/Archives)

Commémoration du 15e anniversaire de la rafle du Vélodrôme d'Hiver (Vel d'Hiv), le 16 juillet 1957 à Paris - (AFP/Archives)

Entre les 16 et 17 juillet 1942 plus de 13 000 Juifs, dont près d'un tiers étaient des enfants, ont été arrêtés à Paris et dans sa banlieue. Presque tous ont péri, moins de cent ont survécu à leur déportation.

Ces arrestations avaient été menées avec la collaboration de 7 000 policiers et gendarmes français, sur ordre du gouvernement de Vichy.

"Les chercheurs pourront désormais mettre le curseur là où il faut, et analyser les méthodes de fonctionnement de ce service", a indiqué le directeur du Mémorial de la Shoah, Jacques Fredj, cité par Télérama.

"L'idée n’est pas du tout de porter des accusations sur les uns et les autres, mais bien de comprendre. La préfecture de Police fait œuvre utile en permettant de regarder le passé en face", a-t-il souligné.

Au Memorial de la Shoah, à Paris, en 2011. Le Crif et le Crefom s'engagent à soutenir un projet de Mémorial sur l’esclavage en région parisienne, en coopération avec le Mémorial de la Shoah. AFP

Au Memorial de la Shoah, à Paris, en 2011. Le Crif et le Crefom s'engagent à soutenir un projet de Mémorial sur l’esclavage en région parisienne, en coopération avec le Mémorial de la Shoah. AFP

Selon le site, ces archives contiennent toutes les informations récoltées par les services de police de la collaboration sur les individus recherchés, poursuivis et arrêtés. "L'on y trouve notamment comptes rendus d'interrogatoires, rapports de filature et de perquisitions, diverses photos et des courriers internes du service", a précisé le directeur des affaires culturelles et du patrimoine à la Préfecture de police de Paris, Jean-Marc Gentil.

Se félicitant d’un accord "fortement symbolique", le musée américain a annoncé une contribution de 27.000 dollars (24.100 euros) pour l’indexation (enregistrement dans une base de données) de ces documents, et la création d’un moteur de recherche visant à faciliter leur consultation par le public, a rapporté Télérama.

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