Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi

Publié le par Fabrice Veysseyre-Redon

Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi

Simone Veil est décédée ce vendredi à l'âge de 89 ans. Féministe engagée, déportée à Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était devenue ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974. Elle avait porté la loi qui porte désormais son nom, sur la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse.

Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi
Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi
Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi
Simone Veil est décédée, des obsèques officielles mercredi

Depuis plusieurs mois, son état de santé inspirait beaucoup d’inquiétudes : la femme politique la plus appréciée des Français s’est éteinte ce vendredi à l’âge de 89 ans.

La famille de Simone Veil, qui avait demandé en début d’année que l’on respecte la fin de vie de l’ancienne ministre d’Etat, a souhaité elle-même annoncer la nouvelle qui a créé une onde de choc et de tristesse sur la France.

Obsèques aux Invalides, présidées par Macron

Une «cérémonie d’obsèques officielles» sera organisée mercredi après-midi dans la cour des Invalides pour rendre hommage à Simone Veil, en présence du chef de l’État Emmanuel Macron qui prononcera un discours.

 «Le jour de la cérémonie, les drapeaux européens seront mis en berne tandis que les drapeaux français seront parés d’un crêpe noir» sur les bâtiments officiels, a précisé l'Élysée

Centriste, humaniste, européenne, féministe, rescapée d'Auschwitz

Simone Veil, la centriste, l’humaniste, l’Européenne, la femme d’Etat, l’ancienne magistrate et surtout l’ancienne rescapée d’Auschwitz qui avait échappé à la mort a rendu l’âme à son domicile parisien, près des Invalides, entourée des siens. Elle était née le 13 juillet 1927 à Nice.

Entrée au gouvernement en 1974

Depuis son entrée remarquée dans le gouvernement en 1974 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, celle que Jacques Chirac avait affectueusement et improprement baptisée "poussinette" incarnait le visage du combat pour la condition féminine. C’est elle qui avait porté à la demande de Giscard, et malgré les réserves du Premier ministre Chirac, la loi favorable à l’interruption volontaire de grossesse devant affronter sa propre majorité dont certains membres réactionnaires la poussèrent aux larmes sur les bancs de l’Assemblée.

Vocation européenne

Après 1981, elle entame une longue traversée du désert, se consacre pleinement à sa vocation européenne, devenant la première femme à présider le Parlement européen, fauteuil qu’elle devra céder en raison de fortes dissensions à droite.

En 1993, Edouard Balladur en fera un poids-lourds du gouvernement en la nommant ministre des Affaires sociales. Sa carrière politique nationale prendra fin avant la victoire des chiraquiens en 1995 mais elle restera proche de Nicolas Sarkozy qu’elle recadrera de temps à autre tout en s’affichant aux côtés des leaders centristes à l’occasion de la création de l’UDI. 

Elle était alors déjà très affaiblie physiquement.

Elle continuait néanmoins à incarner le visage de la "mère courage". 

Bio express

13 juillet 1927 : Naissance à Nice (Alpes-Maritimes). Elle a deux sœurs et un frère.

30 mars 1944 : Lors d’un contrôle effectué dans la rue par deux SS, Simone, est arrêtée à Nice. Elle transite par les camps de Drancy et Auschwitz-Birkenau où elle reçoit le matricule 78651 qui lui est tatoué sur le bras. Le reste de sa famille a aussi été arrêté par la Gestapo. En juillet 1944, elle est transférée à Bobrek puis à Bergen-Belsen. Sa mère meurt du typhus le 15 mars 1945. Le camp est libéré. Avec ses soeurs Denise et Madeleine, elle est la seule survivante de la famille.

26 octobre 1946 : Elle obtient son baccalauréat en mars 1944, la veille de son arrestation. Elle s’inscrit, en 1945, à la faculté de droit et à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle rencontre Antoine Veil (1926-2013). Ils ont trois fils (Jean, Claude-Nicolas et Pierre-François) et plusieurs petits-enfants.

17 janvier 1975 : Nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac, puis sous les gouvernements Barre. La loi sur l’avortement entre en vigueur le 17 janvier 1975.

1979-1982 : Première femme à présider le Parlement européen.

1993-1995 : Ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Balladur.

1998-2007 : Sage au Conseil constitutionnel.

20 novembre 2008 : Elle est élue à l’Académie française.

Les réactions

Edouard Philippe, Premier ministre : "Simone Veil restera le visage d'une République debout, humaine, généreuse. La France perd une personnalité comme l'histoire en offre peu."

Marlène Schiappa‏, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes : "Je salue la mémoire de Simone Veil avec un profond respect et lui adresse la reconnaissance éternelle de la République." 

Antonio Tajani, président du Parlement européen, membre fondateur de Forza Italia : "Son message est vivant aussi bien en ce qui concerne le droit et le rôle des femmes en Europe, qu’en ce qui concerne l’antisémitisme."

François Hollande, ancien président de la République : "La France perd une de ses grandes consciences (...) Dignité de l’enfant juive jetée dans l’abîme de la Shoah qui devint, pour toutes les Françaises et tous les Français, une haute figure morale. Courage dans le combat pour les droits des femmes quand, ministre de la Santé, elle fit voter en 1974 la loi autorisant en France, l’interruption volontaire de grossesse, en dépit des attaques et des insultes venues de sa propre majorité. Et droiture de la magistrate indépendante."

Nicolas Sarkozy, ex-président de la République : "Simone Veil reste immortelle. J’ai connu Simone Veil, j’ai admiré Simone Veil, j’ai aimé Simone Veil dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut". 

Christiane Taubira, ancienne ministre : "Simone Veil, une si belle solidité ! Respect, affection et gratitude."

Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République : "C’était une femme exceptionnelle qui avait connu les plus grands bonheurs et les plus grands malheurs de la vie."

Eric Ciotti, député, président du Département des Alpes-Maritimes : "Hommage à Simone Veil, une femme d'exception qui a vécu l'horreur des camps de la mort. Cette niçoise était un exemple pour nous tous." 

Jean-Luc Mélenchon, député, président du groupe la France insoumise à l'Assemblée nationale : "Madame Veil appartient au meilleur de notre Histoire. Et son nom vivra dans notre gratitude pour toujours."

Benoît Hamon, ancien ministre : "Je m'incline à la nouvelle du décès de Simone Veil, survivante de la Shoah, ministre de la loi IVG, inlassable européenne".

Marine Le Pen, présidente du Front national : "J'ai aussi une pensée pour sa famille politique, avec qui Simone Veil a défendu ses convictions avec constance. Je salue enfin le combat pour la Mémoire qui fut celui de toute sa vie."

Alain Juppé, maire de Bordeaux, ancien Premier ministre : "Simone Veil nous quitte.Tristesse. Profond respect pour la femme politique,son courage,son audace dans le combat pour la condition féminine."

George Pau-Langevin, députée et ancienne ministre : "Le décès de Simone Veil est une perte inestimable tant pour notre pays que pour sa famille. Nous n'oublierons jamais sa beauté et son courage".

Édouard Balladur, ancien Premier ministre : "C'est avec une très grande émotion que j'ai appris la disparition de Simone Veil. J'avais pour elle infiniment de respect et d'amitié. Sa personne et son histoire faisaient honneur à notre pays. Puisse son exemple nous inspirer longtemps."

Fondation Chirac : "La grande dame de la République s’en est allée mais son message demeure et continuera longtemps à rayonner. Son histoire personnelle s’est confondue avec l’histoire de la France et celle de la construction européenne. Femme de principes et femme d’action, elle incarnait au plus haut les valeurs de justice et de solidarité qu’elle défendait. En elle, nul faux-semblant, nulle hypocrisie. C’était une femme sans complaisance."

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