Sallaumines - En Pologne, la rue en hommage aux résistants Burczykowski ne devrait pas changer de nom

Publié le par Anne-Lise Teneul

Sallaumines - En Pologne, la rue en hommage aux résistants Burczykowski ne devrait pas changer de nom

Les Amis d’Edward Gierek et le maire de Sallaumines bataillent depuis février pour défendre la mémoire des Burczykowski, une famille de Résistants massacrés par les nazis. L’Etat polonais voulait rayer leur nom de l’espace public au motif qu’ils étaient communistes. Aux dernières nouvelles, la menace s’éloigne.

La rue qui porte le nom de la famille Burcykowski à Walbrzycz, en Pologne, menaçait d’être débaptisée. Aux dernières nouvelles, la menace s’est éloignée. - Jacques Kmiecak (à droite) et Chantal Portaux, de l’association Les Amis d’Edward Gierek, sont allés à Walbrzych début juin. Ils ont échangé avec Bogdan Kroll (au centre), figure de l’amitié franco-polonaise, lui aussi très investi dans ce dossier
La rue qui porte le nom de la famille Burcykowski à Walbrzycz, en Pologne, menaçait d’être débaptisée. Aux dernières nouvelles, la menace s’est éloignée. - Jacques Kmiecak (à droite) et Chantal Portaux, de l’association Les Amis d’Edward Gierek, sont allés à Walbrzych début juin. Ils ont échangé avec Bogdan Kroll (au centre), figure de l’amitié franco-polonaise, lui aussi très investi dans ce dossier

La rue qui porte le nom de la famille Burcykowski à Walbrzycz, en Pologne, menaçait d’être débaptisée. Aux dernières nouvelles, la menace s’est éloignée. - Jacques Kmiecak (à droite) et Chantal Portaux, de l’association Les Amis d’Edward Gierek, sont allés à Walbrzych début juin. Ils ont échangé avec Bogdan Kroll (au centre), figure de l’amitié franco-polonaise, lui aussi très investi dans ce dossier

Ça valait le coup de faire du chahut. En début d’année, le maire de Sallaumines Christian Pedowski, alerté par l’association Les Amis d’Edward Gierek, est monté au créneau pour défendre la mémoire d’une famille de Sallauminois, les Burczykowski, dont quatre membres ont été massacrés par les nazis. Ces militants communistes et martyrs de la Résistance ont une rue qui porte leur nom à Walbrzych, en Basse Silésie. Et cette rue menaçait d’être débaptisée sous l’effet d’une loi votée par le gouvernement ultra conservateur actuellement au pouvoir en Pologne, visant à effacer de l’espace public toute mention au communisme.

« Il y a 99 % de chances pour que la rue Burczykosky soit maintenue »

Dans le sillon du maire de Sallaumines, l’affaire a ému plusieurs élus comme le député Jean-Jacques Candelier, la sénatrice Michelle Demessine, et jusqu’à Jean-Marc Ayrault, alors ministre des Affaires étrangères. La pétition et les nombreux courriers de protestation adressés aux instances polonaises ont trouvé un certain écho. «  Il y a 99 % de chances pour que la rue Burczykosky soit maintenue  », se félicite Jacques Kmieciak, de l’association Les Amis d’Edward Gierek. La ville de Walbrzych, à la lecture des éléments d’information réunis sur la famille Burczykowski, a en effet décidé d’enlever leur nom de la liste des rues et monuments à débaptiser. La vigilance reste cependant de mise : «  C’est l’Institut de la mémoire nationale qui aura le dernier mot. La décision définitive sera connue en juin  ».

Si les dernières nouvelles sont positives concernant le cas de la famille Burczykowski, tout n’est pas gagné. L’association continue de lutter ferme pour préserver la mémoire de Thomas Rabiega, mineur de Montigny-en-Ostrevent arrêté en 1939 et interné au camp du Vernet, en Ariège, comme « communiste étranger ». «  En nous rendant à Walbrzycz la semaine dernière, nous avons aussi découvert l’existence d’un troisième cas nordiste : Broneslaw Kania. Nous avons aussitôt commencé à enquêter sur lui. Il était mineur à Escaudain. Lui aussi était Résistant. Sous l’occupation nazie, il a été arrêté et jugé par la cour spéciale de Douai, et exécuté. C’est le même parcours que les membres de la famille Burczykowski. »

Thomas Rabiega et Broneslaw Kania ont tous deux une rue à leur nom à Walbrzych. Et eux aussi sont dans le collimateur de l’Etat polonais, qui veut les gommer de l’espace public. 

D’autre part, l’association Les Amis d’Edward Gierek recherche des informations sur Thomas Rabiega et Bronislaw Kania

D’autre part, l’association Les Amis d’Edward Gierek recherche des informations sur Thomas Rabiega et Bronislaw Kania

«  Nous resterons mobilisés pour les défendre, comme nous l’avons été pour les Burczykowski, promet Christian Pedowski. Ça fait pleinement partie de notre devoir de mémoire. » «  Nous allons poursuivre notre campagne  », assure de son côté Jacques Kmieciak. Objectif : mobiliser le plus de personnalités possibles, élus, historiens, intellectuels, militants, etc., pour interpeller les autorités polonaises en France, comme le consul de Pologne à Paris.

Contact : Les Amis d'Edward Gierek : assoamisgierek@aol.com - 06 11 50 14 92.

Qui étaient Thomas Rabiega et Broneslaw Kania?

L’association Les Amis d’Edward Gierek est en quête d’informations sur Thomas Rabiega et Broneslaw Kania, qui ont tous deux vécu et milité ici dans le bassin minier, pour mieux défendre leur cas auprès de l’Institut polonais de la mémoire. Les recherches effectuées dans les archives de la région ont permis de retracer une partie de leur parcours.

Thomas Rabiega, à la fin des années 1930, animait les sections polonaises de la CGT dans le Douaisis en vue d’améliorer les conditions de travail et d’existence de la main-d’oeuvre immigrée. Emprisonné pendant la Seconde Guerre mondiale comme « communiste étranger », il décide ensuite de retourner en Pologne pour participer à la reconstruction de son pays d’origine. Là-bas, il a continué de militer au sein du Syndicat des mineurs de Walbrzych. Au début des années 1950, la ville a décidé d’inaugurer une rue en son nom.

Broneslaw Kania, selon l’historienne Odette Hardy-Hémery, aurait travaillé dans les mines à Escaudain. Syndicaliste et communiste, il a participé à la lutte antifasciste en Espagne au sein des Brigades internationales. Il a ensuite lutté contre l’occupant nazi dans le Nord de la France. Il a été arrêté et exécuté à la prison de Cuincy en août 1943.

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