Les Andelys - Décès. Léon François, ancien résistant et déporté

Publié le par L'Impartial

Les Andelys - Décès. Léon François, ancien résistant et déporté

Celui que l'on surnommait Loulou est décédé samedi 3 juin 2017 à l'âge de 99 ans. Un dernier hommage lui sera rendu lundi 12 juin 2017 en la collégiale Notre-Dame.

Léon François aux côtés de lycéens andelysiens.

Léon François aux côtés de lycéens andelysiens.

La ville des Andelys a perdu l’une de ses figures historiques, un témoin de ce que fut l’horreur des camps de concentration.

Au lendemain de son 99e anniversaire, Léon François que beaucoup appelaient affectueusement Loulou nous a quittés samedi 3 juin.

C’est déjà un miracle qu’il ait vécu aussi longtemps lorsque l’on connaît son parcours.

Dénoncé et arrêté

Avec huit autres personnes, Léon François est à l’origine de la création du réseau Organisation Civile et Militaire aux Andelys orienté dans la résistance passive.

En novembre 1943, la Gestapo fait une descente sur la ville et arrête cinq membres du groupe. Réfugié à Lillebonne, celui qui se fait désormais appeler Jacques Fleury entre dans la résistance active et devient chef de secteur au sein de l’organisation Libération Nord.

Une nouvelle fois repéré par la Gestapo, il est arrêté le 28 juillet 1944 dans la ferme de son ami Raphaël Mallard. Transféré à Rouen, il est torturé. Le 8 août il est conduit à Compiègne avant d’être envoyé le 17 août vers le camp de Buchenwald.

Marche de la mort

Entassés dans des wagons à bestiaux pouvant contenir 100 à 110 détenus sur une surface de 25 m2, le voyage durera quatre jours. Le 21 août 1944, le convoi arrive à Buchenwald (forêt de hêtres en allemand).

Léon François y demeure quatre semaines avant d’être acheminé vers Neu-Stassfurt, 30 km plus au nord. Là, il travaille dans des mines de sel. Sur les 500 membres de son commando de travailleurs, 400 meurent d’épuisement ou de mauvais traitements.

Mais le pire est encore à venir. En avril 1945, Léon François participe à la marche de la mort. 366 km seront parcourus. Sur les 380 détenus au départ de Stassfurt, ils ne seront plus que 60 le 8 mai 1945.

Le 7 mai, Léon François est très affaibli. La décision est prise de s’évader. Avec son ami Raphaël Mallard, à qui il doit la vie, l’Andelysien est évacué par les troupes russes qui les envoient vers les forces américaines.

Puis c’est le retour en France. Il pèse 40 kg contre 82 avant sa déportation.

Aux jeunes générations

Il faudra du temps pour que les langues se délient. Mais depuis plusieurs années, Léon François allait à la rencontre des jeunes, collégiens et lycéens, pour raconter son effroyable histoire. Pour que jamais on oublie ces atrocités.

Sa compagne, sa fille, ses arrière-petites-filles peuvent être fiers de l’homme qu’il a été. La rédaction de l’Impartial leur adresse ses plus sincères condoléances.

Un dernier hommage lui sera rendu lundi 12 juin à 14h30 en la collégiale Notre-Dame. La cérémonie religieuse sera suivie de son inhumation au cimetière du Val Cléry.

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