L’attentat contre Reinhard Heydrich, connu et méconnu

Publié le par Alena Gebertová

L’attentat contre Reinhard Heydrich, connu et méconnu

Le 75e anniversaire de l’attentat contre le dirigeant nazi Reinhard Heydrich a été très remarqué par les médias nationaux. Il en est question dans cette nouvelle revue de presse qui se penche également sur le goût prononcé des Tchèques pour les investissements dans l'immobilier, ainsi que sur l’engagement citoyen des jeunes. Un autre sujet figure au menu de ce magazine : le passé et le présent de l’automobile électrique. Enfin, un regard tchèque sera porté sur le Festival du film de Cannes. 

L’attentat contre Reinhard Heydrich, connu et méconnu

75 après, il est difficile de dire quelque chose de nouveau au sujet de l’attentat contre Reinhard Heydrich, vice-protecteur de Bohême et Moravie, qui a été commis le 27 mai 1942 par des résistants tchécoslovaques parachutés depuis Londres. Toutefois, l'auteur d'une note publiée à ce sujet dans le quotidien Lidové noviny remarque :

« Les auteurs de l’attentat, Jan Kubiš et Jozef Gabčík, ont signé non seulement le plus grand succès jamais remporté par la résistance tchécoslovaque, mais leur acte se distingue également dans le cadre de l’ensemble de la résistance contre le nazisme. Il s’agit là d’une de nos plus importantes inscriptions dans l’histoire mondiale car Heydrich, surnommé ‘le bourreau de la nation tchèque’, a été en outre le principal promoteur de la dite ‘solution finale de la question juive’. Voilà pourquoi l’action de Kubiš et Gabčík dépasse largement le format tchèque et tchécoslovaque. »

Tout en se présentant comme une opération célèbre de la résistance nationale, vu de l’extérieur, l’attentat contre Heydrich ne constitue qu’un détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. C’est du moins ce que rapporte un texte mis en ligne sur le site aktuálně.cz sur la base des constats d’historiens étrangers selon lesquels l’opération de la résistance tchécoslovaque, appelée Anthropoid, demeure à l’échelle internationale peu connue, sauf dans des milieux spécialisés. Il est pourtant vrai, comme le signale son auteur, que cette opération demeure l’unique action de la résistance ayant débouché sur la mort d’un grand dirigeant nazi allemand.

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Les pour et les contre de l’investissement dans le logement 

"Les Tchèques veulent vivre comme les Allemands, mais ils réfléchissent comme les Grecs". Tel est le titre d’un article qui a été publié dans le quotidien économique Hospodářské noviny et qui se penche sur la volonté d’une grande partie des Tchèques d’investir leurs moyens dans le logement, même si ces investissements n’apportent que des rendements modestes et même si les prix de l’immobilier en Tchéquie n’ont de cesse de monter. Il indique également :

« Beaucoup de Tchèques croient qu’il est avantageux de s’endetter jusqu’à la fin de leur vie en s’achetant ne serait-ce qu’un petit studio situé dans une localité éloignée. Ils ne prêtent pas oreille aux avertissements qui disent que le marché connaît ses hauts et ses bas. La seule chose qui serait à même de refroidir la fièvre immobilière, ce serait une sévérité accrue des conditions pour l’octroi des prêts hypothécaires, telles qu’elles sont envisagées par la Banque nationale tchèque. »

Selon l’auteur de ce texte, la grande envie des gens de posséder un logement pouvait se comprendre au début des années 1990, une possibilité dont ils avaient été privée sous le régime communiste. Si aujourd’hui encore, cette envie persiste, elle est le fruit non seulement du faible niveau des prêts hypothécaires, mais aussi de la mentalité qui veut que les gens ne croient pas beaucoup la couronne tchèque, bien que celle-ci représente une monnaie stable. Ainsi, on voit près de 80% des Tchèques posséder un bien immobilier, car ils sont convaincus du fait qu'il s'agisse du meilleur investissement qui puisse exister, coûte que coûte.

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Vers plus d'engagement citoyen

Faut-il s’engager publiquement au moment où les choses ne vont pas comme il faut ? Une réponse de la jeune Šárka Fialová pour le site de l’hebdomadaire Reflex. Même si elle a été jusqu’ici politiquement peu active, pendant la récente crise gouvernementale, elle a pourtant réussi à faire venir sur la place Venceslas de Prague entre 20 000 et 30 000 manifestants, une chose rarement vue dans le milieu tchèque. Elle a expliqué pourquoi :

« Il fallait donner un signe clair du fait que le public ne voulait plus assister passivement au démontage de la démocratie, à la violation de la Constitution. Il s’agissait de montrer que nous en avions assez de voir nos plus hauts représentants dire des mensonges sans assumer les conséquences de leurs actes. A mon sens, une manifestation est un moyen on ne peut plus naturel permettant de communiquer un tel signe. »

Persuadée de ce que de telles protestations ont un sens même si elles n’ont pas d’effet immédiat, la jeune activiste insiste sur l’importance d’une pression civique permanente. D’après ce qu’elle dit, celle-ci permet d’ouvrir un débat public et de fournir aux gens des informations nécessaires, le tout dans le but d’empêcher aux prochaines élections la victoire de l’oligarchie et du populisme.

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La voiture électrique a de l’avenir en République tchèque

Le passé, le présent et l’avenir de la voiture électrique. Tel est l’objet d’un article qui a été publié dans la dernière édition du supplément Česká pozice du journal Lidové noviny et qui rappelle :

« On ignore souvent que l’histoire des voitures électriques dont la popularité est à l’heure actuelle en hausse, est vieille de près de 150 ans. C’est en effet au XIXe siècle que remontent ses débuts aux Etats-Unis et si, finalement, ce type d’automobile ne s’est pas imposé, cela n’a rien à voir avec des questions d’ordre technologiques mais, plutôt, avec la mentalité de la société américaine de l’époque. En 1920, l’histoire de la voiture électrique a été close, survivant tant bien que mal en marge de l’intérêt jusqu’aux années 1990. C’est à cette époque-là qu’un nouveau chapitre a alors commencé à s’écrire ».

Le leadership dans la production des voitures électriques est détenu par le groupe Tesla. En ce qui concerne son évolution ultérieure, l’auteur de l’article estime :

« A l’heure actuelle, la voiture électrique a une chance plus grande de jamais de s'imposer, car elle s’inscrit dans la vision des ‘villes intelligentes’ et de la philosophie du ‘partage des choses’. Ce sont en premier lieu les corporations qui contrôlent le commerce du pétrole et qui représentent la plus importante entrave à son élargissement. S’y ajoute aussi l’affaiblissement de la classe moyenne dans le monde occidental, car celle-ci est absolument nécessaire pour un développement en masse de cette innovation technologique. »

En ce qui concerne la République tchèque, il y a aujourd’hui près de 2 500 voitures électriques qui roulent sur les routes du pays. Comparé aux pays de l’Europe occidentale, elle a donc dans ce domaine un important retard à rattraper, le développement des voitures électriques étant freiné par leur offre restreinte ainsi que par le nombre insuffisant de stations de recharge.

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Un regard tchèque sur le Festival de Cannes

Une quantité d’événements commémoratifs et peu de films qui vont s’inscrire dans les mémoires. Tel est en bref le bilan du Festival du Film de Cannes, dressé par l’auteur d’une note qui a été publiée sur le site idnes.cz au lendemain de la clôture de la 70e édition du "plus important festival mondial du film » et qui écrit :

« Pratiquement tous les films qui y ont été présentés puisent leur sujet dans l’actualité qui est la nôtre. Des problèmes d’ordre relationnel, la crise migratoire, la vengeance et la violence, le sexe, autant de motifs qui apparaissent dans la plupart des films présentés en compétition, sauf peut-être dans des films réalisés par des cinéastes d’Asie. Les grandes attentes liées aux cinéastes qui se sont précédemment illustrés à Cannes sont demeurées inassouvies. On peut dire qu’aucun des films n’a tellement enthousiasmé comme l’ont fait l’année dernière, par exemple, les films Toni Erdmann ou Paterson. Paradoxalement, c’est le film The Meyerowitz Stories de Noah Baumach qui aurait probablement mérité la plus haute distinction, laquelle lui a pourtant échappé, car il a été produit par le groupe américain Netflix. »

L’auteur du texte publié sur le site idnes.cz observe en outre que plusieurs films de la section Un certain regard auraient mérité d’être présentés en compétition. Et de remarquer que le film iranien Lerd qui l’a remporté a été tourné en collaboration avec des coproducteurs tchèques.

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