1939-1945. Le service du travail obligatoire, une réalité en Anjou

Publié le par Ouest France

1939-1945. Le service du travail obligatoire, une réalité en Anjou

À la Libération, difficile de chiffrer le nombre d’Angevines et d’Angevins réquisitionnés pour le Service du travail obligatoire. Environ 5 000 avancent les enquêtes communales.

Requis du STO, dont Albert Besson à gauche, au jardin de Nemitz à Stettin (Pologne), en mai 1944. | Collection Albert Besson

Requis du STO, dont Albert Besson à gauche, au jardin de Nemitz à Stettin (Pologne), en mai 1944. | Collection Albert Besson

"Le 4 juillet 1943, je fais mon premier voyage à Berlin. Le 3 septembre, bombardement massif sur Berlin de nuit. Le 5 septembre, André et moi décidons d’aller à Leipzig. Seulement, arrivés à Magdebourg, la Gestapo nous arrête. Nous n’avons pas nos papiers en règle, nous attrapons deux jours de prison." Dans les carnets écrits durant sa période passée en Allemagne, l’Angevin René Danin décrit son quotidien de requis du STO.

Depuis, son neveu, Michel Danin, a entrepris avec un groupe de recherche d’une dizaine de personnes, de comprendre ce qu’a représenté cette période.

Le STO, ou Service du travail obligatoire. Certains le considèrent comme un tournant décisif dans l’histoire de la Résistance. D’autres y voient une tâche controversée, mâtinée de mauvaise conscience mal assumée. Chez les historiens, l’apparition de cette réquisition vers l’Allemagne de jeunes travailleurs français, à partir du début 1943, ne laisse pas indifférent.

Nés entre 1920 et 1922

Quand le chef du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, qui parie sur la victoire allemande, instaure la loi, celle-ci est presque aussitôt appliquée à Angers. Les jeunes garçons et filles, nés entre 1920 et 1922, sont sommés de passer une visite médicale. Celles et ceux qui sont déclarés aptes sont convoqués au 12, rue Chevreul, à la feldkommandantur. Puis arrive l’ordre d’affectation pour les usines en Allemagne, via la gare Saint-Laud, ou la construction du mur de l’Atlantique.

"Ils donnent leur sang, donnez votre travail"

Déjà à l’époque, les requis portent un sentiment de culpabilité diffuse de devoir aller travailler pour l’industrie allemande. Malgré les ordres, la peur des représailles et les affiches qui fleurissent en ville montrant la figure de l’occupant « Ils donnent leur sang, donnez votre travail », certains d’entre eux préfèrent ne pas se rendre aux convocations.

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