Présidentielle : visite à Oradour, point Godwin... le nazisme s'invite dans l'entre-deux-tours

Publié le par N.B. avec AFP

Présidentielle : visite à Oradour, point Godwin... le nazisme s'invite dans l'entre-deux-tours

Les références à la Seconde Guerre mondiale se sont multipliées ce vendredi dans la campagne.

Un photomontage de portraits d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen fait le 25 avril 2017 (AFP/Eric Feferberg, Miguel Medina)

Un photomontage de portraits d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen fait le 25 avril 2017 (AFP/Eric Feferberg, Miguel Medina)

Ils ne sont jamais très loin, lorsque le débat politique se tend, qui plus est quand le FN y joue les premiers rôles. Quelques jours après la qualification de Marine Le Pen pour le second tour, les nazis et les fantômes de la Seconde Guerre mondiale se sont de nouveau invités dans la campagne d'entre-deux-tours, ce vendredi, entre déplacement symbolique d'Emmanuel Macron à Oradour et référence au point Godwin.

L'adversaire de la candidate frontiste, Emmanuel Macron, a ainsi choisi de faire étape dans le village martyr d'Oradour-sur-Glane, petite localité du Limousin où une unité de la Waffen SS massacra 642 habitants le 10 juin 1944. Un déplacement très symbolique, après l'éviction de Jean-François Jalkh, éphémère président par intérim du FN, accusé de propos négationnistes.

Jean-François Jalkh est dans la tourmente depuis qu'un article de la revue «Le Temps des savoirs» paru en 2005 et intitulé «Une création illégitime ? Le Front national de la jeunesse», a été exhumé. «Le problème des chambres à gaz, mais moi je dis qu'on doit pouvoir discuter même de ce problème», y affirmait notamment Jalkh, selon des propos rapportés par Magali Boumaza, doctorante à l'époque. Dans ce même article, il mentionnait par ailleurs les travaux Robert Faurisson, régulièrement condamné pour nier la réalité de la Shoah.

Les fils de déportés contre Le Pen

Pas certain que le remplacement de Jalkh par Steve Briois mette un frein aux comparaisons historiques. Ce vendredi, les adversaires du Front national ont multiplié les références au nazisme et les mises en garde contre «l'idéologie d'extrême droite», faisant dire à certains internautes sur les réseaux sociaux que le «point Godwin» était atteint. Selon la loi de Godwin, plus une discussion s'éternise, plus s'approche la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler.

 L'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë en a ainsi appelé à la «responsabilité» de ceux qui ne voteraient pas Emmanuel Macron le 7 mai pour faire barrage au Front national, faisant un parallèle avec l'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne. «Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel», a rappelé Bertrand Delanoë sur RTL, souhaitant forcer la main à Jean-Luc Mélenchon.

Un sillon dans lequel le socialiste Gérard Filoche s'est lui aussi engouffré, face à Jean-Jacques Bourdin, sur RMC et BFMTV. «Essayer Le Pen, c'est comme essayer Hitler : vous avez un ticket aller mais sans ticket retour», a-t-il ainsi lâché. Dans une pleine page publiée dans le quotidien «Libération», l'association «Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France» et Serge, Beate et Arno Klarsfeld ont, quant à eux, fait directement référence aux camps de concentration nazis. On y voit une photo d'un ciel obstrué de barbelés évoquant les camps de concentration nazis, barrée du slogan «Le FN en 2017? Non jamais. Contre le Pen - votez Macron».

Sur les ondes de Sud Radio, Laurence Parisot s'est elle aussi risquée à comparer la montée du nazisme et la progression du FN, qualifié pour la seconde fois pour le second tour d'une présidentielle. «J’ai toujours été frappée par le témoignage d’une journaliste américaine dans les années 1930 qui avait rencontré Hitler, en 1925 je crois, qui avait vu un personnage assez insignifiant et qui n’avait absolument pas décelé la folie qui était à l’œuvre dans cet esprit. (…) Tout le monde se dit que c’est un peu gros, qu’il ne faut pas exagérer, qu’on va trop loin, etc. On peut toujours dire ça, mais si le pire arrive, on n’a plus que nos yeux pour pleurer», a-t-elle lancé.

Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, n'a pas tardé à réagir à cette comparaison historique. «C’est n’importe quoi. Comparer le FN au nazisme… On peut aussi parler de la gauche, du Parti communiste et de leurs relations avec le nazisme. On est en 2017, on a des problèmes d’immigration, d’économie, et elle vient nous parler d’Hitler ? Mais qu’elle reste dans le passé, cette dame», a-t-il répondu, selon Sud Radio.

Publié dans Articles de Presse

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