Philippe Édouard

Publié le par Mémoires de Guerre

Édouard Philippe, né le 28 novembre 1970 à Rouen, est un haut fonctionnaire et homme d'État français. Il est Premier ministre depuis le 15 mai 2017.

Philippe Édouard
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Philippe Édouard

Ancien élève de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'ENA, il milite dans les années 1990 au Parti socialiste pour soutenir Michel Rocard avant de se tourner vers la droite. Il est également membre du Conseil d'État. En 2002, il participe à la création de l'UMP, après avoir été appelé par Alain Juppé. Membre du cabinet de ce dernier au ministère de l'Écologie à partir de mai 2007, il rejoint le privé et l'entreprise Areva lors de la défaite d'Alain Juppé aux législatives du mois de juin. Il est élu maire du Havre et président de la communauté de l'agglomération havraise en 2010, puis député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime en 2012. Porte-parole d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre de 2016, il soutient ensuite François Fillon, mais se met en retrait de la campagne présidentielle lorsque celui-ci est accusé d'emplois fictifs. Il est ensuite choisi par le nouveau président, Emmanuel Macron, pour diriger un gouvernement de dix-huit ministres et quatre secrétaires d'État. 

Édouard Philippe est né à Rouen. Il est le fils d'enseignants de français et a une sœur, également professeur de français. Il est issu d'une famille de dockers, métiers qu'exerçaient son grand-père, son arrière-grand-père (qui fut l'un des premiers membres du Parti communiste au Havre) et qu'exercent encore certains de ses cousins. Il grandit dans la banlieue de sa ville natale et passe son baccalauréat à Bonn, où son père est alors directeur du lycée français. Élève en hypokhâgne au lycée Janson-de-Sailly à Paris, il est ensuite diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1992) et de l'École nationale d'administration (promotion Marc-Bloch, 1995-1997). À la sortie de l'ENA, en 1997, Édouard Philippe rentre au Conseil d'État, se spécialisant dans le droit des marchés publics. Durant ses études à Sciences Po, il milite deux ans au Parti socialiste pour soutenir Michel Rocard, avant de rendre sa carte et de se rapprocher de la droite. En 2001, il rejoint l'équipe municipale d'Antoine Rufenacht, maire du Havre, dont il devient l'adjoint en charge des affaires juridiques.

Il est candidat à l'élection législative de 2002 dans la 8e circonscription de la Seine-Maritime. Cette même année, Alain Juppé lui propose de participer à la fondation de l'UMP, parti qui vise à rassembler toutes les formations politiques de la droite et du centre dans un grand mouvement populaire. Il y occupe les fonctions de Directeur général des services jusqu'à la démission d'Alain Juppé en 2004. Il devient ensuite avocat au sein du cabinet Debevoise & Plimpton LLP et exerce le mandat de conseiller régional de la Haute-Normandie de 2004 à 2008. Du 18 mai au 18 juin 2007, il est membre du cabinet d'Alain Juppé au ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, qui ne conserve pas son ministère lors du gouvernement Fillon d'après les législatives. Édouard Philippe rejoint ensuite le groupe Areva en tant que directeur des affaires publiques (2007-2010). Selon l'Observatoire du nucléaire, « son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome ». C'est de cette période que date sa réputation d'anti-écologiste, confirmée par son opposition à la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte puis à la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, ainsi qu'à son soutien au projet d'Aéroport Notre-Dame-des-Landes ou à l'utilisation d'une centrale à charbon au Havre. Édouard Philippe n'a jamais cherché à nier cette prise de position, affirmant par exemple « entre l’emploi et l’environnement, je choisirai toujours l’emploi ».

En 2008, Édouard Philippe est élu conseiller général de la Seine-Maritime dans le canton du Havre-. Il est aussi nommé adjoint au maire, chargé du développement économique et portuaire, de l'emploi, de la formation, de l'enseignement supérieur et des relations internationales. En 2009, il devient adjoint au maire chargé de l'urbanisme, de l'habitat, du Grand Paris et du développement portuaire. Le 24 octobre 2010, le conseil municipal l'élit maire du Havre après la démission d'Antoine Rufenacht. Il devient président de la communauté de l'agglomération havraise le 18 décembre suivant. Lors de son mandat, sa mairie fait jeter, en décembre 2012, 8 500 portions de mousse au chocolat destinées aux cantines scolaires en raison de la présence de gélatine de porc, interdite à la consommation par plusieurs religions. Il est le suppléant de Jean-Yves Besselat, député de Seine-Maritime (7e circonscription, Le Havre ouest), à partir de 2007. Il devient député le 23 mars 2012, après le décès de celui-ci, mais ne siège pas, l'Assemblée nationale ayant suspendu ses travaux pendant la campagne de l'élection présidentielle. Il est élu lors des élections législatives qui suivent, mais compte parmi les députés les moins actifs de l'Assemblée. Après s'être opposé aux lois sur la transparence de la vie publique adoptées en réaction à l'affaire Cahuzac, il se retrouve, en 2014, « parmi les 23 députés ou sénateurs (sur 1 048 ) dont la déclaration de patrimoine est assortie d'une « appréciation » de la HATVP », une mention réservée aux « manquements d'une certaine gravité ». Édouard Philippe insiste, en réponse, sur l'absence d'infraction en déclarant : « Comme beaucoup de parlementaires sans doute, j'ai essayé de concilier le respect de la loi et une forme de mauvaise humeur ». La déclaration de patrimoine est ensuite actualisée.

Le 23 mars 2014, la liste qu'il mène aux élections municipales est élue dès le premier tour, avec 52,04 % des suffrages exprimés, ce qui lui permet d'être réélu par le nouveau conseil municipal. Il est également réélu à la tête de la communauté de l'agglomération havraise. En juin 2016, il participe à la réunion du groupe Bilderberg. Il est, avec Benoist Apparu, porte-parole d'Alain Juppé lors de la candidature de celui-ci à la primaire présidentielle Les Républicains de 2016. Le 2 mars 2017, dans le cadre de l'affaire Fillon, il quitte l'équipe de campagne de François Fillon à l'élection présidentielle, et tient une chronique de la campagne dans Libération. Alors que la loi sur le non-cumul des mandats, rendant incompatible la fonction de maire et de député, doit entrer en vigueur en juillet 2017, il renonce à se présenter aux élections législatives de 2017. Le 15 mai 2017, au lendemain de l'investiture d'Emmanuel Macron, il est nommé Premier ministre par le nouveau président de la République français, qu'il rejoint à la tête de la majorité présidentielle pour la préparation des élections législatives françaises de 2017. 

Il avait cependant plusieurs fois critiqué Emmanuel Macron par le passé, raillant en 2014 un « ancien banquier de chez Rothschild » nommé ministre de l'Économie, mettant en 2016 en parallèle « le Macron des actes, c'est un homme politique nommé par la grâce d'un président qu'il va finir par trahir. J'aime bien le Macron des discours, moins le Macron des actes » ou encore dénoncant début 2017 que « Macron n'assume rien mais promet tout » et a « le cynisme d'un vieux routier ». Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, considère alors que par cette nomination, Édouard Philippe « s'est placé lui-même en dehors de notre famille politique »30. Il n'est toutefois pas exclu du parti. Du fait de son ancienne activité au sein d'Areva et ses prises de position passées, sa nomination inquiète les mouvements écologiques qui rappellent qu'« il a voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité ». L'annonce de la composition du gouvernement, initialement prévue pour le 16 mai « en fin de journée », est repoussée au 17 mai 2017 à 15 heures, ceci, selon le communiqué de l'Élysée, afin de vérifier la situation fiscale et les possibles conflits d'intérêt des membres du gouvernement pressentis. Édouard Philippe est marié à Édith Chabre, directrice exécutive de l'école de droit de l'Institut d'études politiques de Paris. Il pratique la boxe plusieurs fois par semaine.

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