Le FN et la Seconde Guerre mondiale : des polémiques à répétition

Publié le par Diane Berger

Le FN et la Seconde Guerre mondiale : des polémiques à répétition

VIDÉO - Confronté à ses propos négationnistes sur les chambres à gaz, Jean-François Jalkh a été démis de la présidence par intérim du Front National. Ce n'est pas la première fois que le parti fait face à des polémiques sur sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Marine Le Pen et Louis Alliot, le 11 juin 2011

Marine Le Pen et Louis Alliot, le 11 juin 2011

Nommé à la tête du Front national suite au retrait de Marine Le Pen, Jean-François Jalkh s'est retrouvé très vite sous le feu des critiques: il a tenu en 2000, dans un entretien avec la docteur en sciences politiques Magali Boumaza, des propos négationnistes au sujet des chambres à gaz. L'accusé réfute avoir tenu ses propos, mais contexte oblige, il a été prié de se retirer de ses fonctions ce vendredi. Ce n'est pas la première fois que des polémiques éclatent sur les rapports du Front national à la Seconde Guerre mondiale: retour sur plusieurs décennies de polémiques.

Les chambres à gaz, «détail de l'histoire»

Le 13 septembre 1987, Jean-Marie Le Pen affirme sur RTL que les chambres à gaz sont «un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale». Pour ses propos banalisant les persécutions nazies, il est condamné une première fois par la justice à 1,2 million de francs d'amende en 1991 (183.200 euros).

Cela n'a pas empêché le fondateur du Front national de réitérer ses propos à plusieurs reprises: en 1997 à Munich, puis en avril 2008 au magazine Bretons. Le 2 avril 2015, il les répète sur BFMTV-RMC: il est alors condamné à verser 30.000 euros d'amende par le tribunal de Paris, et doit verser 10.000 euros à trois associations.

«Durafour crématoire»

Le 2 septembre 1988, Jean-Marie Le Pen évoque dans un discours le ministre de la Fonction publique Michel Durafour, et fait alors un calembour très critiqué: «Durafour crématoire, merci de cet aveu». Cette expression lui a valu 10.000 francs d'amende (1524 euros) en 1993 pour «injure publique envers un ministre».

L'occupation nazie

Les évocations de l'occupation de la France par l'Allemagne nazie par le Front national ont elles aussi été au cœur de plusieurs polémiques. Le 12 janvier 2005, Jean-Marie Le Pen estime dans un entretien avec le journal Rivarol que cette période «n'a pas été particulièrement inhumaine». Il est condamné trois ans plus tard à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

En décembre 2010, sa fille Marine Le Pen provoque la colère d'associations antiracistes en qualifiant les prières musulmanes dans les rues d'«occupation». «Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c'est une occupation du territoire» avait affirmé Marine Le Pen en déplacement à Lyon, sous les applaudissements de 250 à 300 adhérents du FN.

Poursuivie en justice pour incitation à la haine, elle voit son immunité parlementaire levée. Elle est finalement relaxée cinq ans plus tard au nom de la liberté d'expression.

«Fournée»

Le 7 juin 2014, Jean-Marie Le Pen s'attaque dans une vidéo à des artistes qui ont pris position contre le FN. Son interlocutrice évoque le nom de Patrick Bruel, de confession juive, ce à quoi l'homme répond: «Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois.» 

Si Jean-Marie Le Pen s'est défendu de tout dérapage antisémite, ses propos ont tout de même provoqué la consternation générale, y compris au sein du FN.

Pétain, «pas un traître»

Le 7 avril 2015, quelques jours seulement après les propos sur les chambres à gaz au micro de BFMTV-RMC , Jean-Marie Le Pen affirme à Rivarol qu'il n'a «jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître». Cette fois, la provocation de la figure historique du Front National provoque la colère de sa fille. Leurs relations se tendent au point d'aboutir à l'exclusion du FN du père en août, dont il garde toutefois le titre de président d'honneur.

La France «pas responsable du Vel d'Hiv»

Invitée du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI» au mois d'avril, Marine Le Pen déclare «Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv», référence à la rafle de 1942 où 13.000 juifs ont été arrêtés. Le président Jacques Chirac avait reconnu la responsabilité de la France en juillet 1995.

«D'aucuns avaient oublié que Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen», a réagi son opposant Emmanuel Macron sur BFMTV. Sur Twitter, le président LR de la région Paca Christian Estrosi a lui aussi critiqué la position de la candidate qui rejoint, selon lui, «son père sur le banc de l'indignité et du négationnisme.» Le Crif et l'Union des étudiants juifs de France ont fermement dénoncé les «propos révisionnistes» de la candidate FN à l'élection présidentielle. 

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