Henin-Beaumont - Raymond Duquesnois, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, se souvient

Publié le par Pascal Wallart

Henin-Beaumont - Raymond Duquesnois, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, se souvient

Leurs souvenirs sont précieux et leur parole rare… Au sein de la section héninoise des ACPG, ils sont encore quatre à avoir vécu les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. À la veille de la célébration du 8 mai 1945, l’un d’entre eux, Raymond Duquesnois témoignen.

Truculent en diable, Raymond Duquesnois n’est jamais avare d’anecdotes.

Truculent en diable, Raymond Duquesnois n’est jamais avare d’anecdotes.

Quatre-vingt-quinze printemps et toujours le même tempérament de feu, Raymond Duquesnois… Lui, fut pendant la Seconde Guerre mondiale parmi les ô combien précieuses petites mains. Qui passaient les ordres de Londres, transportaient les armes d’une cache à une autre, hébergeaient des personnes recherchées par l’occupant.

Lorsque les Allemands débarquent dans le bassin minier, Raymond a 18 ans. Un toupet monstre et, sans doute, l’inconscience qui sied à son jeune âge qui le poussent dès 1940 à intégrer un premier réseau de résistance à Noyelles-Godault : «  Je distribuais des tracts que j’allais chercher dans l’arrière-boutique de la pharmacie Théry ». Puis notre homme rejoint le réseau Voix du Nord où il devient agent de liaison sous la houlette du lieutenant Peyronnet. C’est le docteur Foubert qui introduit dans le réseau le jeune mineur : «  Il m’a alors fait dire que si j’étais d’accord, il me signerait un «billet de malade» de manière perpétuelle…  » Certificat bien pratique puisqu’il dispensera le jeune Raymond de partir, dans le cadre du STO, travailler en Allemagne. Commence alors un quotidien fait d’adrénaline où, en vélo, il vole puis transporte mitraillettes et revolvers, crève stratégiquement des pneus, achemine les fameuses cartouches de dynamite qui serviront à faire sauter l’écluse de Don… et envoie même des messages outre-Manche par pigeon voyageur.

La résistance se niche alors là où on ne l’attendrait pas : chez le curé de Beaumont, le sous-directeur de l’usine d’engrais d’Auby qui vivait à Courcelles ou encore le secrétaire de mairie d’Evin-Malmaison… Un milieu qui ne manque toutefois pas de brebis galeuses, du style à détourner à son profit des camions de ravitaillement ou à récupérer après guerre une gloire plutôt fictive, ce qui a toujours fait pester le probe Noyellois… «  Des guignols et des crapules, y’en a eu. Des groupes jaloux aussi, mais c’était comme ça !  »

Après guerre, Raymond ne dépose pas les armes puisqu’il est partant pour continuer le combat. Après une préparation militaire au château des Bouviers, il file vers Montauban où il est passé en revue par le Maréchal Leclerc. Et doit alors prendre la route du Japon pour ce qui reste la dernière bataille du grand conflit mondial. Deux explosions atomiques changeront ses plans, d’autant que, en tant que mineur, il sera en plus prioritairement renvoyé « à la fosse »… pendant que ses camarades prenaient, eux, la route de l’Indochine. 

Publié dans Articles de Presse

Commenter cet article