Grèce: décès de l'ex-Premier ministre conservateur Constantin Mitsotakis

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Grèce: décès de l'ex-Premier ministre conservateur Constantin Mitsotakis

Athènes - L'ancien Premier ministre grec conservateur, Constantin Mitsotakis, figure marquante de la vie politique grecque de dernières décennies, est décédé tôt lundi matin à l'âge de 98 ans à Athènes.

Grèce: décès de l'ex-Premier ministre conservateur Constantin Mitsotakis

Patriarche d'une des plus influentes familles politiques du pays et ancien chef du parti de droite Nouvelle-Démocratie (1984-1993), Constantin Mitsotakis s'est retiré de la vie politique en 2004, à l'âge de 85 ans, après avoir eu la plus grande longévité parlementaire grecque.

Son fils Kyriakos est actuellement chef du parti de droite. Sa fille, Dora, ancienne ministre des Affaires étrangères, avait été aussi maire d'Athènes lors des jeux Olympiques de 2004.

"Il est mort à une heure du matin (22H00 GMT) entouré des personnes qui l'aimaient et de celles qu'il aimait", a indiqué sa famille dans un communiqué.

"Sa mort est un triste évènement", a indiqué Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement d'Alexis Tsipras.

Né en 1918 sur l'île de Crète (sud), M. Mitsotakis avait été Premier ministre de 1990 à 1993 et parlementaire sans interruption depuis 1946, à l'exception d'une pause de dix ans, pendant, et immédiatement après la période de la junte militaire grecque, de 1967 à 1974.

Mais malgré ses qualités de démocrate centriste, M. Mitsotakis était devenu la bête noire du centre-gauche grec pour avoir joué un rôle prépondérant dans la chute du gouvernement de George Papandreou en 1965, ce qui a provoqué une crise politique majeure à l'époque en Grèce.

Deux ans plus tard le pays est plongé dans le septennat de la dictature des Colonels. Arrêté alors par les militaires, Constantin Mitsotakis, était parvenu à s'enfuir à Paris où il a vécu en exil jusqu'à son retour en Grèce lors du rétablissement de la démocratie, en 1974.

En tant que dirigeant du parti conservateur Nouvelle démocratie de 1984 à 1993, il a été un farouche opposant du fils de Georges Papandreou, Andreas, chef du parti socialiste grec et alors au pouvoir.

Une fois élu Premier ministre au pouvoir en 1990, il adopta des mesures de rigueur budgétaire et opéra des privatisations qui ont provoqué la colère de l'opposition, ainsi que de nombreuses manifestations et grèves.

En avance sur l'époque

Un projet de réforme dans le secondaire a été à l'origine d'un grand mouvement des protestations des élèves, dirigé notamment par un lycéen du nom d'Alexis Tsipras, l'actuel Premier ministre de gauche...

Son gouvernement s'est effondré en 1993, sur fond d'une dispute sur le nom de la Macédoine, un sujet qui empoisonne toujours les relations de la Grèce avec le pays voisin.

Les socialistes de Papandréou ont repris le pouvoir pour diriger alors le pays pendant plus de dix ans.

Constantin Mitsotakis avait récemment estimé que la Grèce aurait échappé à la crise de la dette de 2010, si ses politiques de rigueur budgétaire avaient été adoptées par ses successeurs.

"Tu étais toujours en avance sur ton temps", a indiqué lundi Makarios Lazaridis, chef du bureau de presse de la Nouvelle-Démocratie

Il fut l'un des rares hommes politiques grecs à exprimer ouvertement des vues politiques favorables aux Etats-Unis. Il cultivait également des relations étroites avec la famille de l'ancien président américain George H.W. Bush qui a souvent été son hôte dans sa maison en Crète.

Petit-neveu de l'homme d'Etat grec Eleftherios Venizelos, Mitsotakis appartenait à une puissante famille crétoise.

Il a étudié le droit et pendant la Seconde guerre mondiale fut actif dans la résistance contre l'occupation nazie (1941-1944).

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