Gironde : décès du dernier survivant de la tragédie de la Ferme de Richemont

Publié le par Benoît Lasserre

Gironde : décès du dernier survivant de la tragédie de la Ferme de Richemont

L’abbé Philippe Béguerie s’est éteint à Paris à l’âge de 92 ans

Commémoration de la tragédie de la ferme de Richemont à Saucat en Juillet 44 : plusieurs adolescents furent tués ils étaient étudiants ou anciens de Montaigne: une gerbe a été déposée devant le Lycée en présence, d'un rescapé de la tuerie, ici au centre : Philippe Béguerie

Commémoration de la tragédie de la ferme de Richemont à Saucat en Juillet 44 : plusieurs adolescents furent tués ils étaient étudiants ou anciens de Montaigne: une gerbe a été déposée devant le Lycée en présence, d'un rescapé de la tuerie, ici au centre : Philippe Béguerie

L’abbé Philippe Béguerie qui vient de mourir à l’âge de 92 ans était le seul rescapé de la tuerie de la Ferme de Richemont, ce lieu tragique de Saucats en Gironde, où, le 14 juillet 1944, des soldats allemands, épaulés par des miliciens, ont massacré treize jeunes maquisards. 

Né à Bordeaux en 1925, Philippe Béguerie avait fait ses études au lycée Michel-de-Montaigne, et c’est là qu’il s’était lié d’amitié avec d’autres jeunes garçons, tous patriotes et tous prêts à mourir en combattant l’occupant nazi.

"Nous n’étions pas des enfants de choeur, on savait qu’on risquait notre vie, raconte-t-il notamment dans un film tourné en avril 2014 par la réalisatrice Marie Nancy. On voulait se battre mais pas n’importe comment. Pas question de tuer un officier allemand dans le dos et de s’enfuir, on trouvait çà dégueulasse."

Avec ses camarades, Philippe Béguerie, alors élève à Louis-le-Grand à Paris, bible en poche et mitraillette en bandoulière, rejoint Saucats à vélo, à la mi-mai 1944. Ils y mènent une vie spartiate jusqu’à ce 14 juillet 1944 où l’assaut est donné. A l’écart dans une chambre, Philippe Béguerie suit les consignes de la Résistance. En cas d’attaque, décrocher vers un lieu de regroupement. Il sera le seul survivant. Il rejoint le maquis de l’Armagnac et participe à la libération de Toulouse.

Ses obsèques samedi

Après la guerre, il se fait ordonner prête chez les spiritains en 1952. Un ordre qu’il quitte lorsque l’évêque traditionnaliste Mgr Lefebvre en devient le supérieur. Il rejoint le diocèse de Paris puis, en 1976, décide de poursuivre son apostolat au Cameroun. Pendant une quinzaine d’années, il se partagera entre l’Afrique et la France, notamment comme curé de la paroisse Saint-Lambert de Vaugirard puis de Saint Séverin. C’est dans cette église que seront célébrées ses obsèques ce samedi à 14h avant son inhumation au cimetière Montparnasse. 

Dans ce même témoignage filmé, il parlait sans haine de sa Résistance et de ses ennemis. "Je n’aime pas dire que la Résistance a été la période la plus forte de ma vie. J’ai mené beaucoup d’autres combats mais c’est à cette époque que sont morts mes meilleurs copains. Moi, je me suis toujours demandé comment le commandant d’un camp nazi pouvait se coucher après avoir gazé des milliers de gens."

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