Drocourt - Seconde Guerre mondiale: L’occupation vue du magasin de Louise

Publié le par La Voix du Nord

Drocourt - Seconde Guerre mondiale: L’occupation vue du magasin de Louise

Aujourd’hui résidente du foyer des Genêts, Louise Giraud, née Foulon, a vécu les années d’occupation du côté de Nœux-les-Mines où elle travaillait en tant que caissière à la Coopérative des mines. À la veille de la célébration du 8 mai 1945 elle témoigne.

Louise et le souvenir émouvant du jeune Jean Spanneut. En médaillon, Louis, son époux, alors qu’il vient de rejoindre la 2 e DB.
Louise et le souvenir émouvant du jeune Jean Spanneut. En médaillon, Louis, son époux, alors qu’il vient de rejoindre la 2 e DB.

Louise et le souvenir émouvant du jeune Jean Spanneut. En médaillon, Louis, son époux, alors qu’il vient de rejoindre la 2 e DB.

Elle a 19 ans lorsqu’elle voit les premiers avions zébrer le ciel : «  Pour moi c’étaient des monstres… On n’avait pas de chance parce que le magasin n’était pas loin de la gare alors on était bien mal placés lors des premiers bombardements. J’étais assise à mon bureau, et me suis retrouvée éjectée par le souffle. Ça a duré longtemps, longtemps. On s’est cachés dans la cave et on n’osait pas rentrer chez nous. Quand ça s’est calmé, on est remontés et c’était effroyable, il y avait des câbles électriques qui jonchaient le sol, tout était sens dessus dessous. De tristes souvenirs…  » Au Magasin, la vie s’organise autour des restrictions alimentaires : la fin des pommes de terre remplacées par des rutabagas, le beurre rationné à 25 g par mois par personne, idem pour le sucre et le café. Et puis l’ouverture du magasin «  à 8 h le matin et 14 h, même lorsque la sirène retentissait, les gens faisaient déjà la queue dehors, ils voulaient être servis. Pas question de se réfugier à la cave !  » Des jours d’occupation jalonnés de drames comme ces six jeunes partisans abattus dans un fossé du côté de Mont-Sans-Pareil «  et que les Allemands avaient juste recouvert d’un peu de terre, c’est tout ! À chaque fois que je passais devant, je descendais de vélo. C’était terrible !  » Et puis, Louise conserve toujours auprès d’elle la photo du jeune Jean Spanneut, fusillé à Hersin-Coupigny à tout juste 20 ans…

L’autre photo, précieusement gardée dans un album, c’est celle de son cher Louis, engagé dans la 2e DB du Maréchal Leclerc. Lorsqu’il rend visite à ses grands-parents, à Nœux-les-Mines, c’est le coup de foudre pour Louise. Qui ne se lasse pas d’écouter son amoureux lui raconter sa guerre («  Ils se cachaient dans les champignonnières… Je peux vous dire qu’il en a vécu des drôles !  ») avant que tous deux partent 26 ans durant dans la région parisienne. Avant de revenir finalement au bercail. Ce sera à Hénin… 

Publié dans Articles de Presse

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