Avion : 56 ans après son décès, le nom de Louis Chéret enfin gravé sur le monument aux morts

Publié le par Emmanuel Crépelle

Avion : 56 ans après son décès, le nom de Louis Chéret enfin gravé sur le monument aux morts

Après Robert Vansteenkiste, c’est un autre résistant-déporté dont le nom a été ajouté au monument aux morts, au terme d’une demande d’inscription officielle. Pour que la mémoire de son courage soit portée à la connaissance de tous, on se souviendra de lui lors des cérémonies du 8 Mai, lundi.

Le monument avionnais, place des Anciens-Combattants, porte désormais le nom de Louis Chéret.

Le monument avionnais, place des Anciens-Combattants, porte désormais le nom de Louis Chéret.

En ce lundi 8 mai, jour de commémoration de la victoire des Alliées sur l’Allemagne nazie, on se souviendra d’un personnage de la commune, Louis Chéret, dont le nom vient d’être gravé sur le monument aux morts sous la mention Mort pour la France. La fin d’une requête portée par les enfants de Louis Chéret dont son fils, Pierre, adjoint actuel au maire d’Avion.

«  À la mort de Robert Vansteenkiste, en 2013, son épouse Gabrielle a eu l’information qu’on pouvait être reconnu Mort pour la France des années après la fin d’un conflit. Son nom avait alors été gravé sur le monument d’Avion.  » L’idée de faire la même démarche pour Louis Chéret a suivi sa voie. Et a abouti positivement après la constitution d’un dossier en appui. D’autant que comme Robert Vansteenkiste, Louis Chéret a été Résistant et déporté en camp de concentration. À son retour, en gare de Lens, en mai 1945, il ne pesait plus que 30 kg. Il était tellement affaibli qu’il eut même du mal à reconnaître son fils Jean…

Dénoncé et torturé

Pierre Chéret a retracé les grandes lignes de son parcours. Né le 9 février 1904 à Mercatel, il fut appelé au service militaire et enrôlé de 1925 à 1926 dans le régiment des tirailleurs algériens qui participèrent au Maroc à la guerre du Rif. Embauché en 1926 à la Compagnie des chemins de fer du Nord, il adhère quatre ans plus tard à la CGTU et au PCF. Participant actif aux luttes de 1936, il est réquisitionné au début de la guerre pour maintenir les transports ferroviaires exigés par l’Allemagne pour les besoins de la production militaire du Reich. Dès l’occupation allemande, il commence les premiers sabotages pour ralentir les transports vers l’Allemagne  ; en octobre 1941, il rejoint l’Organisation spéciale (OS) et les Francs Tireurs et partisans français (FTPF). Il multiplie les sabotages et les distributions de tracts. À la suite d’un déraillement de train à Lens, de nombreux militants sont arrêtés. Louis Chéret est dénoncé. Il est arrêté le 26 février 1942 au 45, cité Montgré à Avion. Torturé et emprisonné à Béthune, puis à Douai-Cuincy,il est condamné à cinq ans de prison. Le 12 février 1944, il est transféré dans le sud ouest, à la forteresse d’Eysses qui regroupe les militants communistes. Après une révolte, la forteresse est vidée et les détenus transférés au camp de concentration de Dachau.

À la Libération, Louis Chéret revient à Avion. Après de nombreux soins, il reprend son travail à la SNCF et le militantisme. Plusieurs fois élu municipal, il décède le 23 septembre 1961. Il avait 57 ans.

 Louis Chéret en 1947, toujours amaigri un an après son retour de déportation.

Louis Chéret en 1947, toujours amaigri un an après son retour de déportation.

La reconnaissance «Mort pour la France»

Comme le précise l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG), « la mention mort pour la France est attribuée dès lors que la preuve est rapportée que le décès est imputable à un fait de guerre, que ce décès soit survenu pendant le conflit ou ultérieurement ».

Et d’indiquer encore que « le droit à la mention Mort pour la France est restreint aux seuls décès en relation directe avec les infirmités imputables par preuve d’origine : blessures de guerre ou maladies contractées en service commandé en temps de guerre ».

Une fois que la personne a obtenu la mention Mort pour la France, le service d’État civil de sa commune l’ajoute en marge de l’acte de décès. Il est donc tout à fait possible ensemble de faire inscrire le nom de l’ancien combattant ainsi reconnu sur le monument aux morts de la commune. Comme cela est le cas pour Louis Chéret et Robert Vansteenkiste avant lui.

Les enfants mineurs des Morts pour la France ont vocation à être adoptés par la Nation.

Les demandes de reconnaissance sont aujourd’hui examinées par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre BP 552, 14037 Caen Cedex.

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