L'ETA a déposé les armes

Publié le par La Dépêche

L'ETA a déposé les armes
L'ETA a déposé les armes

Comme annoncé, l'ETA a transmis aux autorités françaises la liste de ses dernières caches d'armes. Un geste fort qui signe la fin de la terreur qui aura tué plus de 800 personnes. Mais qui , pour les autorités espagnoles, devra être suivi de la dissolution définitive.

Une page d'histoire franco-espagnole est-elle tournée? ETA, qui avait annoncé son «désarmement total» hier, a fait remettre aux autorités françaises une liste de caches d'armes, un geste salué par Paris mais insuffisant pour l'Espagne, qui appelle l'organisation séparatiste basque à s'auto-dissoudre.

ETA, qui a renoncé à la lutte armée en 2011, a fourni une liste de huit caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de son arsenal et qui sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantiques, frontalier de l'Espagne.

Le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, a salué «un grand pas» et «un jour incontestablement important», tout en rendant hommage aux victimes de l'organisation clandestine.

À Madrid, la tonalité est toute autre. ETA doit «annoncer sa dissolution définitive, demander pardon à ses victimes et disparaître, au lieu de monter des opérations médiatiques pour dissimuler sa défaite», a affirmé le gouvernement espagnol.

Une opération de police a été déclenché dès hier matin pour localiser et fouiller les huit caches d'armes. À leur arrivée sur l'un des sites, à Exari, dans la montagne pyrénéenne, les policiers ont eu la surprise de trouver le député européen EELV José Bové, qui les attendait pour les guider. Des «dizaines d'armes» et «plusieurs centaines de kilos d'explosifs» ont été découverts par les enquêteurs a annoncé le parquet de Paris. Près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels nécessaires à la fabrication d'engins explosifs» ont été retrouvées, selon le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

«L'inventaire précis des armes, munitions, produits et objets saisis est toujours en cours», indique dans un communiqué le parquet, qui a ouvert le 4 avril une enquête préliminaire notamment pour «association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste». Confiée à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), elle vise notamment à déterminer si certaines armes ont été utilisées par le passé, selon une source proche de l'enquête.

C'est la Commission internationale de vérification (CIV), une structure indépendante non reconnue par l'Espagne et la France, qui a remis cette liste de caches hier matin au procureur de Bayonne, Samuel Vuelta Simon.

Pour ETA, historiquement, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest ont été une véritable «base arrière». D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'organisation est «à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres».

En marge de l'opération de «désarmement», un «grand rassemblement populaire» a eu lieu hier après-midi à Bayonne sur le thème «Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix». 20.000 selon les organisateurs, ont participé à ce rassemblement aux cris de «Independentzia» (»Indépendance»).

Publié dans Articles de Presse

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