Italie Quand la foule accourt pour observer ce tableau... peint par Hitler

Publié le par Francois Julien

Italie Quand la foule accourt pour observer ce tableau... peint par Hitler

Sur les bords du lac de Garde, une exposition sur « la folie en politique » présente une sombre toile du dictateur allemand.

Italie Quand la foule accourt pour observer ce tableau... peint par Hitler

Il est des lieux comme ça qui sont poursuivis par la fatalité. Des villes où l’histoire, sans cesse, bégaie. Ainsi Salo, sur les bords du lac de Garde : sept décennies après avoir été bombardée par Mussolini capitale de la République sociale italienne, et quarante ans après que Pasolini en a fait le théâtre fasciste et sanglant de son ultime long métrage, « Salo ou les 120 journées de Sodome », la petite ville lombarde revient sous les feux de l’actualité par le biais d’une exposition consacrée à la folie et montrant notamment un tableau d’un certain Adolf Hitler, « un tas de merde », selon le commissaire de l’exposition, Vittorio Sgarbi.

Qu’on en juge. La chose représente un couple, lui assis à un bureau, elle debout appuyée au mur, devant une enfilade de couloirs ; une mise en abîme assez maladroite mais le peu de talent du « petit peintre viennois », comme l’appelait Claude Villers dans « Les aventures d’Adolf », son feuilleton radiophonique sensas de 1973, est patent. De fait, cette sombre et plutôt vilaine toile censément inédite - et prêtée par un collectionneur allemand - vise le malaise. Du moins, détonne un brin dans la production du rejeton mono-testiculaire d’un douanier autrichien. Le reste tient plutôt du chromo bas de gamme, de la carte postale floue (il en fit réellement commerce), du fantasme saint-sulpicien… le tout assez mal dessiné et avec une incompréhension maladive des lois de la perspective ajoutée à un inintérêt manifeste pour l’anatomie humaine.

Ah, si seulement Adolf Hitler avait été un peu plus assidu, s’il avait eut la plus petite once de talent, la face du monde en eut été probablement changée… Car oui, la vocation première du jeune Adolf n’était pas du tout de dominer le monde et d’annihiler la race juive, les déficients mentaux, tsiganes, francs maçons, communistes et autres homosexuels, non, non, il voulait juste être peintre. Gagner sa croûte en vendant les siennes. Seulement voilà, insensible aux mouvements d’avant-garde (« Bauhaus ? Connaît pas. Die Brucke ? Nein ») et pas suffisamment bosseur, il s’est fait bouler de l’École des Beaux-Arts de Vienne et par deux fois s’il vous plait. Rien de tel pour vous fabriquer un être pétri de frustration et à l’esprit particulièrement fourbe et revanchard. Mais un dictateur… va savoir. Dans l’exposition, un cartouche reproduit cette troublante citation du jeune Furher à l’ambassadeur britannique en Allemagne, Neville Henderson : « Je suis un artiste, pas un politicien. Une fois la question polonaise résolue, je veux finir ma vie comme artiste ». 

Museo della Follia da Goya a Bacon, jusqu’au 19 novembre, MuSa, Salo, Italie museodisalo

Publié dans Articles de Presse

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