Guilbert Madeleine

Publié le par Mémoires de Guerre

Madeleine Guilbert,(1910-2006), sociologue, militante féministe et syndicaliste française. Née dans le département de l'Allier, elle fréquente donc le lycée de jeunes filles de Montluçon, puis celui de Moulins. 

 

Guilbert Madeleine

Elle part faire des études de philosophie à Paris. Dans les années 1930, au moment du Front Populaire, elle rejoint le mouvement des Jeunesses socialistes. Elle passe la Seconde Guerre mondiale à Marseille où son époux, le lexicologue Louis Guilbert, a été nommé enseignant ; ils y participent à la Résistance. À la Libération, elle adhère au Parti communiste français. Elle entre au Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale dirigé par Ambroise Croizat. Elle y conduit, à la demande du ministre, des recherches dans le cadre du programme de reconstruction. C’est ainsi qu’elle effectue des enquêtes sur le travail des femmes salariées. En 1946-1947, elle publie, à partir de celles-ci, trois articles novateurs dans La Revue Française du Travail.

À la fin des années 1940, elle participe à la création de la Revue des Comités d’entreprise de la CGT et en est, pendant deux ans, secrétaire de rédaction. En 1950, elle entre au CNRS, dans le laboratoire de Georges Friedmann ; elle y rédigea un projet sur le travail des femmes sur le thème de l’égalité entre hommes et femmes. Elle restera au CNRS jusqu’en 1969 comme maître de recherches. Lors de nombreuses enquêtes auprès des travailleuses des usines Renault et celles travaillant à domicile pour la confection parisienne, Madeleine Guilbert peut enfin se lancer dans une thèse de doctorat en sociologie, sur les fonctions des femmes dans l’industrie, sous la direction de Georges Gurvitch.

En 1965, Madeleine Guilbert, en compagnie de Colette Audry, Marguerite Thibert, Gisèle Halimi, Andrée Michel, Évelyne Sullerot, participent au Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche avant la lettre qui soutient la candidature de François Mitterrand aux présidentielles de 1965 et veut unir socialisme et féminisme. En 1969, elle devient professeur de sociologie à Tours, et le reste jusqu’à sa retraite en 1979. Sous la direction d’Ernest Labrousse, elle avait présenté une thèse annexe, devenue elle aussi un ouvrage de référence, "Les femmes et l’organisation syndicale jusqu’à 1914". Elle était membre du "Comité du Travail Féminin" depuis sa création en 1965, jusqu’en 1981, responsable de diverses commissions, entre autres de celle sur l’égalité des salaires masculins et féminins. Elle fut membre aussi de la Commission de la main d’œuvre du Veplan. Elle réalisa la première étude sur les entreprises de travail temporaire. Madeleine Guilbert est décédée le 17 mars 2006.

Publications

  • La Presse féminine, Armand Colin, 1964.
  • Histoire de la presse féminine, CNRS Armand Colin, 1964.
  • Demain les femmes, Robert Laffont, 1965, traduit en 11 langues.
  • La vie des femmes, Gonthier-Denoël, 1965, traduit en 5 langues.
  • Bande dessinée et culture, Opera Mundi, 1966.
  • Histoire et sociologie du travail féminin, Gonthier-Denoël, 1968, traduit en 10 langues.
  • La femme dans le monde moderne, Hachette, 1970, traduit en 8 langues.
  • Les françaises au travail, Hachette, 1973.
  • Histoire et Mythologie de l'amour, huit siècle d'écrits féminins, Hachette, 1974, couronné par l'Académie française.
  • Le Fait féminin, ouvrage collectif sous la direction de Évelyne Sullerot, avec la collaboration d'Odette Thibaut, préface A. Lwoff, prix Nobel, Fayard 1978, traduit en 9 langues.
  • La démographie en France. Bilan et Perspectives", La documentation Française, 1978
  • L'aman, roman, Fayard, 1981.
  • Pour le meilleur et sans le pire, Fayard, 1984, couronné par l'Académie des sciences morales et politiques.
  • L'Âge de travailler, Fayard, 1986, traduit en 3 langues.
  • L'enveloppe, roman, Fayard, 1987.
  • Quels pères ? Quels fils ?, Fayard, 1992 et le Livre de Poche 1994.
  • Alias, roman, Fayard, 1996 et le Livre de Poche, 1999.
  • Le Grand Remue-ménage, crise de la famille, Fayard, 1997. Voir commentaire.
  • La crise de la famille, Pluriel, Hachette-Littératures 2000.
  • Diderot dans l'autobus. Ou comment se laisser aller à des pensées incorrectes sur les mœurs actuelles et l'avenir de l'espèce humaine, Fayard, 2001. Voir article du Monde.
  • Silence Fayard, 2004 (ISBN 2213619379)
  • Pilule, Sexe, ADN. Trois révolutions qui ont bouleversé la famille, Fayard, 2006.
  • Nous avions 15 ans en 1940, Fayard, 2010.
  • Lettre d'une enfant de la guerre aux enfants de la crise, Fayard, 2014, 250 p. (ISBN 978-2213681467)
  • L'Insoumise. Femmes, familles, les combats d'une vie, Evelyne Sullerot et Bernard Morlino, L'Archipel 2017.

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