Donald Trump conseille à la Corée du Nord de «bien se tenir»

Publié le par Andrew Beatty, Agence France-Presse Séoul

Donald Trump conseille à la Corée du Nord de «bien se tenir»

Le président américain Donald Trump a conseillé lundi au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de « bien se tenir » au moment où les États-Unis durcissent le ton face aux programmes balistique et nucléaire de Pyongyang.

Donald Trump

Donald Trump

« Avez-vous un message pour Kim Jong-Un ? », a demandé un journaliste au président républicain qui participait à la traditionnelle chasse aux oeufs sur les pelouses de la Maison-Blanche.

« Bien se tenir », lui a répondu M. Trump.

La Corée du Nord est prête à répondre à « n'importe quel type de guerre » déclenchée par les États-Unis, a mis en garde lundi l'émissaire de Pyongyang aux Nations unies, après plusieurs avertissements lancés par l'exécutif américain.

« Si les États-Unis osent choisir l'action militaire [...], la RPDC (République populaire démocratique de Corée, NDLR) est prête à réagir à n'importe quel type de guerre voulue par les États-Unis », a déclaré l'ambassadeur adjoint à l'ONU, Kim In Ryong.

 «Ne testez pas la détermination de Trump»

Le vice-président américain Mike Pence a recommandé lundi à Pyongyang de ne pas tester la « détermination » de Donald Trump sur la question nucléaire ni la puissance de l'armée américaine.

M. Pence a lancé cet avertissement lors d'une conférence de presse à Séoul après une visite très symbolique de la zone démilitarisée (DMZ), où il avait affirmé que « toutes les options » étaient « sur la table » pour régler le problème nord-coréen.

En violation des résolutions internationales, Pyongyang a de nouveau testé un missile dimanche, et de nombreux experts redoutent qu'un sixième essai nucléaire ne soit imminent au Nord, dans un contexte de fortes tensions sur la péninsule.

« Ces deux dernières semaines, le monde a été le témoin de la puissance et de la détermination de notre nouveau président lors d'opérations menées en Syrie et en Afghanistan », a déclaré Mike Pence en référence à la frappe américaine contre une base aérienne du régime syrien et au largage d'une méga bombe contre des djihadistes en Afghanistan.

« La Corée du Nord ferait mieux de ne pas tester sa détermination, ou la puissance des forces armées des États-Unis dans cette région », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Séoul.

Donald Trump, qui a promis jeudi que le « problème » nord-coréen serait « traité », avait annoncé auparavant l'envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis évoqué une « armada » comprenant des sous-marins.

Fin de la « patience stratégique »

Le N.2 du régime nord-coréen a répliqué samedi que son pays était prêt « à répondre à une guerre totale par une guerre totale » et « à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire de notre façon ».

M. Pence était arrivé dimanche en Corée du Sud, où sont stationnés 28 500 soldats américains, quelques heures après l'essai balistique raté de la Corée du Nord, et au lendemain d'un gigantesque défilé militaire à Pyongyang, où ont été exhibés une soixantaine de missiles et notamment ce qui semblait être un nouveau type de missile balistique intercontinental.

« Nous anéantirons toute attaque et nous opposerons une réponse écrasante et efficace à toute utilisation d'armes conventionnelles ou nucléaires », a déclaré le vice-président lors de sa conférence de presse avec le président sud-coréen par intérim Hwang Kyo-Ahn.

M. Pence a réaffirmé que l'ère de la « patience stratégique » était révolue, en référence à la doctrine de l'administration Obama qui consistait à refuser tout dialogue avec le Nord mais à durcir les sanctions afin que Pyongyang fasse des gestes tangibles vers la dénucléarisation, dans l'espoir que les tensions internes dans ce pays reclus provoquent du changement.

La Corée du Nord a « répondu à nos gestes d'ouverture par la tromperie délibérée, des promesses non tenues et des essais nucléaire et balistique », a accusé M. Pence.

Le vice-président s'était rendu dans la matinée dans le village frontalier de Panmunjom, où avait été signé le cessez-le-feu de 1953, à quelques mètres d'une démarcation qu'il a qualifiée de « frontière de la liberté ». Il a affirmé que la relation entre Séoul et Washington était « à toute épreuve et inaltérable ».

Les tensions ont augmenté ces derniers mois, les essais balistiques nord-coréens entraînant des avertissements de plus en plus menaçants de Washington, qui eux-mêmes ont encore un peu plus enflammé la rhétorique nord-coréenne.

Déploiement du THAAD

Le nouveau et inexpérimenté président américain a plusieurs fois affirmé qu'il ne laisserait pas la Corée du Nord mettre au point un missile intercontinental susceptible de porter le feu nucléaire sur le sol américain.

Or Pyongyang justifie justement son programme nucléaire par la menace américaine.

M. Trump s'est également dit prêt à régler seul la question nucléaire nord-coréenne si Pékin ne parvenait pas à faire rentrer son turbulent allié dans le rang.

À Séoul, M. Pence a salué lundi après-midi les efforts de Pékin : « C'est encourageant de voir que la Chine s'engage dans ce sens. »

« Mais les États-Unis s'inquiètent des représailles économiques de la Chine contre la Corée du Sud après qu'elle eut pris des mesures appropriées pour se défendre », a-t-il aussi dit, en référence aux mesures de Pékin en réaction au déploiement du bouclier antimissile américain THAAD en Corée du Sud.

La Chine, irritée par l'installation si près de son territoire d'un dispositif américain qu'elle voit comme une menace pour ses intérêts, a contraint à la fermeture des dizaines de magasins sud-coréens en Chine. Pour Séoul, il s'agit de mesures de représailles au déploiement du Thaad.

Il s'agit de la première étape de la première tournée asiatique de M. Pence, qui se rendra aussi au Japon, en Indonésie et en Australie.

Moscou espère que Washington n'agira pas « unilatéralement »

La Russie espère que les États-Unis n'agiront pas de manière « unilatérale » pour régler le problème des programmes balistique et nucléaire nord-coréens, a affirmé lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« J'espère qu'il n'y aura pas d'actions unilatérales comme celles que nous avons vues récemment en Syrie », a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence de presse commune à Moscou avec son homologue sénégalais Mankeur Ndiaye, en référence au bombardement d'une base de l'armée syrienne par Washington.

« Nous n'acceptons pas les aventures nucléaires et balistiques de Pyongyang en violation des résolutions de l'ONU, mais cela ne veut pas dire qu'il est dès lors possible de violer le droit international en utilisant la force » contre la Corée du Nord, a-t-il poursuivi.

Le chef de la diplomatie russe a dit espérer que Washington « se tiendra à la ligne que le président Donald Trump a énoncée à de nombreuses reprises lors de la campagne électorale ».

Ces déclarations interviennent au lendemain d'un nouvel essai - raté - de missile par la Corée du Nord, qui a considérablement accéléré depuis un an le développement de ses programmes interdits par la communauté internationale.

Publié dans Articles de Presse

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