Ce qu’on sait du jardinier suspecté du meurtre de "la comtesse" de Mauzac (24)

Publié le par Thomas Mankowski avec Anne-Marie Sopkowitz

Ce qu’on sait du jardinier suspecté du meurtre de "la comtesse" de Mauzac (24)

Emmanuel Bouscaillou, soupçonné d’être responsable de la mort d’Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh, est en détention. C’est lui qui a conduit les enquêteurs à un corps, dans une forêt de Dordogne

Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh, le 30 juin 2013, à Périgueux. Elle venait de faire don à la cathédrale Saint-Front d’une relique de Charles Ier. Photo archives Jean-Christophe Sounalet/ « so »

Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh, le 30 juin 2013, à Périgueux. Elle venait de faire don à la cathédrale Saint-Front d’une relique de Charles Ier. Photo archives Jean-Christophe Sounalet/ « so »

Le meurtrier présumé d’Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh a désormais un nom. Selon nos informations, publiées dès lundi après-midi sur notre site SudOuest.fr, l’homme mis en examen vendredi pour homicide volontaire sur une personne particulièrement vulnérable (1) se trouve être Emmanuel Bouscaillou. L’identité a été confirmée par le procureur de la République de Périgueux.

C’est ce Mauzacais de 39 ans qui, peu après son interpellation, a fourni les indications qui ont permis aux gendarmes de retrouver en forêt, dans la nuit de jeudi à vendredi, un corps dont tout laisse à pense qu’il s’agit de celui de la septuagénaire hongroise. La dépouille avait été enveloppée dans une bâche avant d’être enterrée.

Une énigme de treize mois

Cette arrestation, révélée vendredi par l’Agence France Presse, vient lever une énigme de treize mois, lorsqu’à la mi-février 2016, la femme de ménage d’Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh signalait la disparition inquiétante de sa patronne.

À l’époque, les gendarmes avaient engagé d’importants moyens pour tenter de la retrouver, en vain. Les recherches avaient cessé, mais pas les investigations. Les indices et prélèvements exploités par les gendarmes de la section de recherches de Bordeaux et leurs collègues du groupement de gendarmerie de la Dordogne ont permis d’orienter l’enquête vers la piste criminelle, puis de resserrer l’étau autour d’un suspect.

    L’homme connaissait la propriété de celle qui était surnommée « la comtesse »

Emmanuel Bouscaillou connaissait la propriété de celle qui était surnommée « la comtesse » pour y avoir effectué des travaux de jardinage. Il était lui aussi installé dans la commune de Mauzac-et-Grand-Castang, dans un lieu-dit voisin du domicile de son employeuse. Selon l’AFP, lors de sa garde à vue, il aurait fait état d’une dispute ayant « dégénéré ».

Une aristocrate hongroise

À ce stade de la procédure, Emmanuel Bouscaillou bénéficie de la présomption d’innocence. Vendredi, il a été placé en détention provisoire. L’enquête se poursuit sous la responsabilité d’un juge du pôle de l’instruction de Périgueux.

Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh s’était installée il y a une vingtaine d’années dans cette commune du Bergeracois de 900 habitants. Elle avait ses habitudes dans les bonnes tables des environs, notamment au Vieux-Logis à Trémolat. Là-bas, on se souvient de cette cliente qui aimait se faire servir une coupe de champagne ou un vin blanc sec avant d’aller déjeuner au Bistrot :

    « Elle était gentille, charmante, un peu hautaine aussi. Elle parlait des personnes travaillant ici en disant “Vos gens”. Je lui répondais que je préférais parler de mes collaborateurs », se remémore Bernard Giraudel.

Née en août 1939, elle était née Von Kapuvary, dans l’aristocratie hongroise. Elle avait quitté son pays enfant pour fuir la guerre. Les siens avaient trouvé refuge en Belgique : « J’ai perdu mon père très jeune. J’ai grandi en Belgique et l’archiduc Rodolphe de Habsbourg, le père de l’archiduc Karl-Peter, s’est occupé de moi. Il m’a conduite à l’autel quand je me suis mariée », racontait-elle à « Sud Ouest » à l’été 2013.

Elle venait de faire don à la cathédrale Saint-Front de Périgueux d’une relique de l’empereur Charles Ier d’Autriche-Hongrie et racontait le lien qui l’unissait à la famille impériale des Habsbourg. Bien que divorcée, elle avait conservé le nom de son ex-époux. Elle avait gardé des attaches familiales en Belgique.

Ildiko Maria Peers de Nieuwburgh était âgée de 76 ans au moment de sa disparition.

(1) Une circonstance aggravante, retenue dans la mesure où la victime ne pouvait se déplacer sans une canne.

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