Recco Tommy

Publié le par Mémoires de Guerre

Tommy Recco (né Joseph-Thomas Recco à Propriano en 1934) est un tueur en série français connu pour avoir assassiné son parrain en 1960. Il a été condamné à la réclusion criminelle pour ce meurtre en 1962. Libéré en 1977, il tue trois caissières à Béziers en décembre 1979 ainsi que trois autres personnes dont une fillette de 11 ans à Carqueiranne en janvier 1980. Il a été condamné en 1983 à la réclusion criminelle à perpétuité sans peine de sûreté pour ces deux triples meurtres. 

Recco Tommy
Recco Tommy
Recco Tommy

Détenu depuis 1980, Tommy Recco est l'un des plus anciens détenus de France. Il y a plus d'un demi-siècle, le procès sur la disparition en mer de trois jeunes touristes allemandes qu'il aurait promenées près des côtes ajacciennes débouchent sur un non-lieu. En 1960 à Propriano, en Corse, Tommy Recco et son jeune frère Pierre pêchent à la dynamite. Soudain, ils se font repérer par un garde maritime, Casabianca, qui se trouve être le parrain de Tommy Recco. Par peur d'avoir une amende et pris de panique, Tommy Recco se rue sur la plage et tire avec son fusil sur son parrain ; pour s'assurer qu'il est bien mort, il le frappe plusieurs fois avec la crosse de son fusil et prend une grosse pierre et lui heurte violemment la tête avec cette dernière. Une fois revenu au bateau Tommy Recco refuse de s'expliquer face à son jeune frère qui voit du sang sur les mains de Tommy et sur le fusil. Les policiers de Propriano se rendent sur la plage à la suite de la découverte du corps du parrain de Tommy Recco. Ces derniers découvrent des débris verts près du cadavre qui laissent penser que ces débris proviennent de la crosse d'un fusil. Ces débris verts pourraient venir d'un fusil appartenant à des pêcheurs ou des braconniers, selon les policiers. Puis une rumeur raconte que Tommy Recco pourrait ne pas être étranger à cet assassinat. Les policiers décident d'interroger Tommy Recco et s'aperçoivent qu'il est le filleul de la victime. Tommy Recco nie toute implication dans le meurtre de son parrain. 

La famille de Tommy Recco, menée par la mère de ce dernier (déjà endeuillée par la mort d'un des frères de Tommy dans un accident de voiture et par le décès en bas-âge d'un nourrisson), se soude au maximum et croit dur comme fer en l'innocence de Tommy. Mais quelques mois plus tard, Pierre, le frère de Tommy Recco, dénonce ce dernier à la police en racontant les cris qu'il a entendus le jour du meurtre du parrain. Tommy Recco est de nouveau interrogé et nie mais, au bout de plusieurs heures, avoue être l'auteur du meurtre. Il raconte qu'il ne voulait pas payer d'amende à cause de la pratique de la pêche à la dynamite et qu'il a totalement dérapé. Il s'est rué sur la plage pour tuer le garde maritime. Cependant, à la suite de ses aveux, Tommy Recco se rétracte. Son procès a cependant lieu le 8 décembre 1962. L'avocat général réclame la peine de mort sans l'obtenir. Recco est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Au cours de son incarcération, Tommy Recco apprend les multiples drames qui touchent sa famille : un de ses frères, Toussaint, est tué en 1973 par son beau-frère qui avait un différend avec lui, puis Pierre, son jeune frère, est tué en 1976, alors qu'il ancrait son bateau, par deux hommes encagoulés. Une de ses sœurs, Francine, l'épouse de l'assassin de Toussaint, tombe de l'escalier quelques mois plus tard et meurt ; accident, suicide ou vendetta ? Personne ne le sait. Libéré en conditionnelle en novembre 1977, Tommy Recco se rend à Marseille pour commencer une nouvelle vie et travaille dans un magasin qui vend des combinaisons de plongée. Puis, en décembre 1979 une tuerie se produit au magasin Mammouth de Béziers dans l'Hérault ; trois caissières âgées de moins de 30 ans ont été exécutées dans la salle de comptage de la recette du magasin. Par ailleurs 700 000 francs (110 000 €) ont été volés. L'enquête s'avère difficile pour les policiers car personne n'a rien vu ni entendu. Les policiers constatent que les trois victimes ont toutes été tuées d'une balle dans la nuque et supposent que le(s) tueur(s) n'ont pas peur de passer à l'acte et supposent par la même occasion que le(s) individu(s) ont sans doute déjà tué. La brigade de police de Béziers a des difficultés à retrouver le(s) commanditaire(s) de ce triple meurtre et l'enquête est au point mort.

Puis trois semaines plus tard, en janvier 1980 à Carqueiranne, dans le Var, une fillette de 11 ans entend son père se disputer avec un autre homme. Elle décide d'appeler sa mère à son travail (un foyer pour enfants) mais la mère a déjà quitté son lieu de travail. La petite fille parle alors à la directrice du foyer, qui prévient tout de suite les voisins les plus proches de la fillette. Monsieur Coutrix, le voisin de la fillette, se rend chez cette dernière pour voir ce qui se passe. Inquiète de ne pas voir son mari revenir, Mme Coutrix se rend chez la fillette et dans la maison découvre le corps de son mari par terre ainsi que celui de la fillette. Elle prévient la gendarmerie et une fois sur place celle-ci découvre, dans le sous-sol de la maison, le cadavre du père. Les gendarmes recueillent un indice prépondérant : la fillette a signalé à la directrice de sa mère que son père était en train de se disputer avec « le cousin de René ». Les gendarmes procèdent à des recherches pour déterminer qui est « le cousin de René ». Ces derniers découvrent qu'un certain Tommy Recco a un cousin qui se nomme René et qu'il connaît le père de la fillette.

Immédiatement interpellé, Tommy Recco nie tout en bloc et le gendarme qui l'interrogeait est obligé de partir. Un autre gendarme prend la relève et Tommy Recco voit sa cousine partir de la brigade de gendarmerie. Surpris, ce dernier demande au gendarme pourquoi sa cousine était ici et ce dernier réplique qu'elle était ici à cause de « ce que tu as fait ». Puis Tommy Recco veut bien raconter pourquoi il a tué les trois personnes à la villa. Recco déclare qu'il voulait acheter une arme au père de la fillette, qu'il connaissait bien. Ce dernier aurait refusé, une dispute aurait éclaté, Recco a vu rouge et a décidé de le tuer. Ensuite celui-ci sort du sous-sol, traverse le jardin, rencontre Monsieur Coutrix qui venait voir ce qui se passait, l'a suivi dans la maison et l'a tué d'une balle dans la nuque. Mais il s'est retrouvé seul face à la fillette et raconte qu'il a paniqué ; il l'a alors tuée aussi pour ne pas laisser de témoins. Toutefois, à la suite de ses déclarations, Tommy Recco se rétracte.

Par ailleurs, le Procureur de la République chargé de l'affaire de la tuerie de Béziers, a connaissance du triple meurtre de Carqueiranne et constate que les trois victimes de Carqueiranne ont toutes été tuées d'une balle, comme les trois caissières de Mammouth. Il fait équipe avec le Procureur chargé du triple meurtre de la villa et, à la suite d'expertises, découvre que c'est certainement la même arme ou le même type d'arme qui a servi à tuer les trois caissières et les trois victimes de la villa de Carqueiranne. Tommy Recco est donc interrogé sur son éventuelle implication dans le triple meurtre de Béziers mais ce dernier réfute tout. Néanmoins, en mai 1980, un retraité se présente au commissariat de Toulon et déclare que la personne responsable du triple meurtre de Carqueiranne, dont la photo est publiée dans le journal, était présente au magasin Mammouth le jour de la tuerie. Le retraité raconte que cette personne, à savoir Tommy Recco, avait un comportement suspect et qu'il scrutait des yeux le magasin comme s'il cherchait quelqu'un ou quelque chose. Le retraité se souvient de cette personne en raison de ses yeux bleus étincelants. De nouveau interrogé et confondu par un témoin, Tommy Recco nie avoir été au magasin Mammouth en décembre 1979. Le retraité reconnaît par la suite Tommy Recco lors d'une séance de tapissage.

Deux reconstitutions sont organisées : une au magasin Mammouth et l'autre dans la villa de Carqueiranne, mais ces reconstitutions n'apportent rien de concret dans la mesure où Tommy Recco n'apporte aucun élément qui puisse expliquer pourquoi il a commis les deux triples meurtres. Toutefois les policiers apprennent que Tommy Recco avait livré une combinaison de plongée, dans le cadre de son travail, au magasin Mammouth ; Tommy Recco a pu alors en profiter pour repérer les lieux et revenir un autre jour pour dérober de l'argent. Le butin n'a jamais été retrouvé. Tommy Recco attend son procès et entre temps les policiers apprennent qu'Antoine Recco, le frère de Tommy, est impliqué dans la disparition de deux jeunes filles de 21 ans. En effet, début 1982, une rumeur raconte qu'Antoine Recco pourrait être impliqué dans la disparition de deux touristes françaises en septembre 1981. Les policiers décident de l'interpeller pour l'interroger sur les deux jeunes filles disparues. Antoine Recco nie, mais d'autres policiers trouvent sur le bateau d'Antoine les maillots de bains appartenant aux jeunes filles ; Antoine Recco raconte alors qu'il a bien rencontré ces filles, qu'il les a emmenées sur le bateau pour une balade. Mais Antoine a voulu les séduire, les filles ont résisté à ses avances et il les a étranglées, lestées et jeté leurs corps à la mer. Antoine Recco a été condamné en août 1986 à la réclusion criminelle à perpétuité pour ces deux meurtres. Antoine Recco a été libéré pour raison médicale en mai 2010. Il continue à vivre en Corse.

Le procès de Tommy Recco s'ouvre le 6 juin 1983. Mama Recco, la mère de Tommy, et Chantal Recco son épouse sont les deux seules personnes qui croient en l'innocence de Tommy. Pendant tout le procès Tommy clame son innocence. Il est interrogé notamment sur le mobile du meurtre du père de la fillette à Carqueiranne. Tommy Recco reconnaît tout de même son côté impulsif qui l'a sans doute poussé à tuer son parrain vingt-trois ans plus tôt. Les experts psychiatres sont interrogés sur l'état mental de Tommy Recco et ces derniers déclarent que Recco est sain d'esprit, qu'il n'est pas fou. Son caractère bouillant et impulsif a entraîné une bouffée de violence incontrôlée l'ayant poussé au meurtre. Me Paul Lombard est un défenseur de Tommy Recco. À la fin du procès Tommy Recco est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité sans peine de sûreté. Tommy Recco purge toujours sa peine et est un des plus anciens détenus de France. Il est en prison depuis plus de trente ans et il est actuellement incarcéré au centre de détention de Borgo (Haute-Corse). Fin 2013, il fait une nouvelle demande de libération conditionnelle et suspension de peine pour raisons de santé, mais sa requête est refusée le 24 avril 2014.

Publié dans Banditisme

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