Rebondissement dans le procès de Plougonvelin devant la Cour d'Assises du Finistère

Publié le par Anne Treguer, France Bleu Breizh Izel

Rebondissement dans le procès de Plougonvelin devant la Cour d'Assises du Finistère

Lola une ex call-girl est avec un de ses amis accusée du meurtre de Jean-Jacques Le Page en juillet 2009 près de Brest. Le corps de l'audioprothésiste avait été retrouvé nu, carbonisé, lardé de 15 coups de couteaux dans sa villa incendiée. Ce mercredi, la mère de la principale accusée témoignait.

La salle d'audience du procès Lola à la Cour d'Assises du Finistère à Quimper © Radio France - Anne Tréguer

La salle d'audience du procès Lola à la Cour d'Assises du Finistère à Quimper © Radio France - Anne Tréguer

A la barre, Lola, de son vrai nom Laëtitia Monnier, a accusé sa mère du meurtre : " je me suis toujours demandée si ce n'était pas elle qui avait fait le coup" a t-elle déclaré à la présidente du tribunal qui l'interrogeait longuement sur sa personnalité ce mercredi matin, au deuxième jour du procès. Lola charge sa mère comme elle charge des tiers depuis le début de cette affaire dès qu'on lui demande son emploi du temps, de s'expliquer sur la soirée du 23 juillet 2009 ou qu'on l'interroge sur les bagarres dans lesquelles elle est mêlée. Lola change de versions selon les jours, les interlocuteurs.

Une mythomane avérée selon les expertises médicales

Une mythomane à l'imagination débordante, "elle se fait des scénarios", reconnaît sa mère questionnée elle aussi pour ce deuxième jour du procès en tant que témoin. La cour a également entendu l'expert psychiatre. Le médecin brestois est catégorique : celle qui se fait un jour appelé Lola , une autre fois Marie ou encore Vanessa est une mythomaniaque avérée, toxicomane et alcoolique. Laetitia Monnier s'invente des histoires et change de version selon ses interlocuteurs. Pour le docteur Cozic, elle n'a de trous de mémoire que pour le soir du meurtre : " là étrangement elle ne se souvient plus de rien ", précise t-il. " Elle est aussi agressive quand on ne suit pas sa logique". Laetitia Monnier multiplie les condamnations et séjours en prison pour agressions à l'arme blanche notamment sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants. L'expert ne comprend pas non plus ses contradictions entre son emploi de call-girl et son attitude avec les hommes. Les témoignages des hommes qui l'ont fréquentée parlent de masturbation, de fellation quelques fois, mais surtout pas de pénétration. "C'est contraire à ma religion" dit Laetitia Monnier avant de rajouter : "'en échange d'argent je ne faisais que des branlettes, je ne vendais pas mon corps donc je ne suis pas une prostituée ". Un examen médical atteste de sa virginité.

 Le procureur de la République avec les avocats de la famille Le Page © Radio France - Anne Tréguer

Le procureur de la République avec les avocats de la famille Le Page © Radio France - Anne Tréguer

Le témoignage de la mère sème le trouble

Sa mère, s'est exprimée avec une petite voix et a répété plusieurs fois qu'elle aussi était "fragile et malade". Elle s'est montrée tout aussi confuse que sa fille sur son emploi du temps des 23 et 24 juillet ou sur ses réponses embarrassantes face aux accusations de sa fille. Elle semble aussi répéter un scénario établi à l'avance mais les avocats de la partie civile vont la mettre face à ses contradictions. Chantal Monnier craque, se met à pleurer, menace de partir. "C'est bizarre qu'elle veuille tout me mettre sur le dos, mais que voulez vous que je fasse ", rétorque t-elle. "Elle n'est pas bien sans sa tête, c'est choquant. Pour l'alcool, la drogue, elle a besoin d'argent et elle devient violente sous leur emprise. " A la question "Pensez-vous que votre fille pourrait être l'auteur du meurtre" : "Non c'est pas elle , elle ne peut pas avoir ce degré de violence, je le sens ! ".

"Votre mère était-elle présente le soir du meurtre à Plougonvelin?" L' accusée hésite avant de nier.

Maître Rajout, l'avocat de la famille de la victime interpelle Lola : "Votre mère était-elle présente le soir du meurtre à Plougonvelin?" La jeune femme devient livide et après une longue, très hésitation répond : "Non!". Un non qui ne semble pas convaincre l'assistance. Un malaise s'installe alors dans la salle d'audience.

8 ans après, on ne sait toujours pas qui a tué Jean-Jacques Le Page le 23 juillet 2009 et qui a incendié sa villa près du Treiz Hir mais depuis ce mercredi matin, les avocats de la partie civile sont persuadés que la mère ne dit pas toute la vérité et qu'elle pourrait être beaucoup plus impliquée qu'elle le dit dans cette affaire.

La Cour demande que Chantal Monnier reste à la disposition de la justice pendant la durée du procès.

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